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L'Eglise : Vie de l'Eglise / Pays : Italie

Toutes les églises de Rome fermées pour le septième anniversaire de l’élection de François

Toutes les églises de Rome fermées pour le septième anniversaire de l’élection de François

Sur la NBQ Riccardo Cascioli dénonce la fermeture des écoles (article traduit par Benoît et moi) :

Il n’y a pas de mots adéquats pour décrire le trouble que nous avons ressenti en apprenant la nouvelle. Fermer les églises dans tout le diocèse de Rome. Et bientôt dans toute l’Italie, comme le suggère la note du président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), le cardinal Gualtiero Bassetti. C’est une décision sans aucun sens, voire diabolique. Les propos des communiqués du cardinal vicaire de Rome et du président de la CEI laissent perplexe quant à l’irrationalité face à la pandémie en cours et à la conception de l’Eglise qu’ils manifestent.

Le communiqué du cardinal vicaire de Rome suppose une situation hors de contrôle, il semble même que ce soient des mots écrits à la hâte un instant avant de fermer la porte de sa propre résidence pour échapper à la peste. Mais regardons l’ampleur du phénomène coronavirus: dans l’ensemble du Latium, la nuit dernière, il y a eu 200 personnes infectées, dont 162 dans la province de Rome. Dans l’ensemble du Latium, 9 décès ont été attribués au coronavirus jusqu’à présent, mais cela reste à confirmer ; 85 personnes sont hospitalisées et 20 sont en soins intensifs. Eh bien, rien que la zone métropolitaine de Rome, la capitale, compte 4,6 millions d’habitants, et dans l’ensemble du Latium, il y en a moins de 6 millions. Autrement dit, les personnes infectées – et non les morts, les personnes infectées – représentent 0,003 % de la population.

De plus, la région du Latium a décidé la semaine dernière d’augmenter rapidement la disponibilité des places en soins intensifs de 157 unités, dédiés aux patients atteints de coronavirus, en plus des 518 placez déjà existantes. Hier encore, il a été annoncé que d’ici quelques jours, Rome disposera de 72 places supplémentaires. En d’autres termes, bien que la situation crée beaucoup de stress dans les établissements de santé, elle est loin d’être incontrôlable. Et les chiffres sont si faibles qu’il serait encore possible d’intervenir préventivement par une action ciblée sur le cercle des contacts de ceux qui ont déjà été trouvés positifs.

On est également frappée par cette affirmation du cardinal Bassetti: « Un virus dont nous ne connaissons ni la nature ni la propagation ». En réalité, les deux sont connus, même « son » journal Avvenire l’a expliqué à plusieurs reprises. Ce dont on ne dispose pas, c’est d’un vaccin et de thérapies efficaces, et le danger est là. Mais face à la peur, il est clair que la raison ne fonctionne plus. Et nous avons un épiscopat effrayé, perdu face à une pandémie dont l’ampleur n’est même pas comparable aux grandes pandémies qui ont décimé des populations entières dans le passé. Et qui prend des décisions contraires tant à la foi qu’à la raison.

Ces derniers jours, le moine bénédictin Dom Giulio Meiattini a écrit une réflexion intéressante sur la panique générale qui domine face au coronavirus :

« En réalité, on a trop peur de mourir, ou même d’être juste un peu malade. Et en ce moment, la peur est disproportionnée par rapport à la menace actuelle. Et pourquoi cela? La raison la plus profonde, ou l’une des principales, je pense, est peut-être le manque de perspective future« .

Ceux qui se sont battus pour leur pays et leur liberté étaient prêts à sacrifier leur vie précisément « parce que le futur était un bien plus grand que le présent ». De même pour les catholiques: « Le croyant qui préfère risquer sa vie et la perdre, plutôt que de renier sa foi, a devant lui le futur éternel, au-delà du monde, le paradis ». Aujourd’hui, au contraire, notre culture n’a plus d’avenir, elle est aplatie sur le présent, sur l’éphémère : « Si nous perdons le présent, nous perdons tout ». D’une façon générale, donc,

« on peut dire que l’épidémie en cours (…) en ce moment tire toute sa force, non pas du nombre de victimes ou de sa dangerosité objective, mais de la faiblesse spirituelle de l’humanité« .

Malheureusement, l’Église ne fait pas exception, toute entière repliée sur le présent et ne juge plus dans une perspective éternelle. Dom Meiattini dit :

« Le plus triste et le plus inquiétant pour l’avenir de l’humanité est que l’Église elle-même (ou plutôt les hommes d’Église) ont oublié que la grâce de Dieu vaut plus que la vie présente. C’est pourquoi les églises sont fermées et nous sommes alignés sur les critères de santé et d’hygiène. L’Église est transformée en une agence de santé, au lieu d’être un lieu de salut. Que les évêques réfléchissent bien à la fermeture des églises et à la privation des fidèles des sacrements, de l’Eucharistie, qui est la médecine de l’âme et du corps: fermer les portes aux chrétiens et penser qu’ils peuvent s’en sortir avec la science humaine, c’est fermer les portes à l’aide de Dieu. C’est faire confiance à l’homme, au lieu de faire confiance à Dieu« .

Nous partageons chaque mot de ce jugement. Il faut ajouter que même si la situation était encore plus grave et même incontrôlable, les évêques devraient ouvrir toutes les églises et multiplier les messes. Moi-même, je fais partie de cette génération fascinée par les Blues Brothers « en mission au nom de Dieu », dont la phrase culte était: « Quand le jeu se fait dur, les durs commencent à jouer ». Ici, au contraire, maintenant que les choses se compliquent, les bergers montrent qu’ils sont doux et s’enfuient. Un spectacle déprimant.

Nous voulons juste espérer que la malheureuse décision du diocèse de Rome réveillera la conscience des autres évêques. Qu’ils sachent reprendre en main « le pouvoir sacré » qui leur a été confié dans leurs diocèses respectifs – et qu’ils se sont fait arracher par les conférences épiscopales – et refusent de fermer les églises aux fidèles. Au contraire, que précisément en raison de la gravité de l’épidémie, ils reprennent la célébration de la messe avec le peuple, tout en respectant toutes les précautions et conditions suggérées par les autorités civiles. Ce serait un grand témoignage et un grand signe d’espoir pour tous, une indication qu’un avenir est encore possible.

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