Un lecteur indigné m’écrit à propos de l’affaire Schiavo : "En France, le Président de la République peut gracier un criminel (avec des restrictions). Aux Etats-Unis, on ne peut sauver un innocent. Pourquoi s’y être pris si tard, à essayer de trouver une réponse juridique? A créer de nouvelles lois, etc.? Etrange… Et tout cela se passe en démocratie, où le peuple est souverain. Quelle différence d’avec une dictature?".
Ce mot de "dictature" m’avait effleuré l’esprit, mais je ne l’avais pas encore utilisé. Plongeant dans mon vieux dictionnaire familial (Larousse, éd. 1929, 2° vol., p. 850), je vérifie la définition que je ne peux m’empêcher de vous donner :
"A Rome, autorité du dictateur : la dictature est décrétée par le Sénat. Le gouvernement de Rome était parlementaire, mais dans les moments difficiles, on concentrait tous les pouvoirs entre les mains d’un magistrat unique. Grâce à l’institution de la dictature, Rome en cas de péril extérieur ou intérieur, profitait des avantages de l’unité de direction. (…) Le dictateur ne devait de compte à personne, ni pendant, ni après l’exercice de sa fonction".
Toute ressemblance avec des évènements en cours n’est pas fortuite : Un magistrat (ici une cour de justice), avec les pleins pouvoirs et qui ne doit et ne devra des comptes à personne (sur cette terre), a décrété la torture jusqu’à la mort, d’une innocente.
Voilà où arrive l’homme sans Dieu, ou l’homme qui se prend pour Dieu. Car seul Dieu, à qui on doit des comptes, a tous les pouvoirs. L’Eglise, elle, appelle à l’amour et les catholiques prient encore, jour et nuit, pour que Terri Schiavo ne soit pas la victime de cette culture de mort qui s’oppose à Celui qui a dit : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie".

