Archives par étiquette : sociale

Ouverture de la 18e Fall conference, événement universitaire dédié à la pensée sociale catholique

Carter Snead, directeur du Center for Ethics and Culture de Notre Dame University et membre de l’académie pontificale pour la vie, ouvre la 18ème Fall conference, plus grand événement universitaire aux États Unis dédié à la pensée sociale catholique (où Guillaume de Thielloy, directeur du Salon beige, interviendra sur le thème "Le Parlement est-il capable de définir le bien et le mal?").

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Le thème de cette année « Through every human heart » (à travers chaque coeur humain) vient de la réflexion de Soljenitsyne dans l’Archipel du goulag : la frontière entre le bien et le mal passe dans le cœur de chaque homme et non entre les États.

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C’est la France périphérique qui pâtit de la désertion sociale du christianisme

Extrait de l'éditorial de Philippe Maxence dans le dernier numéro de L'Homme Nouveau à propos de l'enfouissement de la foi :

Une-1647"[…] Qui en pâtit ? Pas d’abord les familles bourgeoises, installées en ville et au sein desquelles la foi se transmet encore, vaille que vaille. Il a souvent été de bon ton de juger la réalité de la foi de ces familles sociologiquement typées. On peut continuer à le faire, en se gaussant de cette transmission essentiellement par héritage (et non d’abord par choix). N’empêche que les prêtres, les religieux et les évêques se recrutent beaucoup parmi elles. Sans parler du produit de la quête… qui permet de financer bien des projets ecclésiaux (pas toujours de bon goût, au demeurant).

Non, ceux qui pâtissent directement de la désertion sociale du christianisme aujourd’hui sont ceux que le géographe Christophe Guilluy regroupe sous le terme de France périphérique. Ils habitent en banlieues ou dans les petites villes de province, survivent à la campagne ou dans les cités. Même culturellement, le christianisme a disparu de leur horizon.

Une parenthèse à refermer

Les Mounier, Maritain, Congar et consorts, qui ont théorisé, parfois sous des appellations différentes, la fin de la civilisation chrétienne, se sont en fait conduits comme des enfants gâtés. Après les chocs de la Révolution française et de la révolution industrielle, ils avaient encore sous leurs yeux les restes de la civilisation chrétienne. Mais ils se trouvaient trop au chaud au sein de ce tissu social qui soutenait encore

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La justice sociale selon Marlène Schiappa : légaliser en France ce qui est légal à l’étranger

Invitée ce matin de RMC, le ministre de l’égalité Marlène Schiappa a justifié la légalisation de la PMA pour les femmes sans homme :

“C’est une question de justice sociale. Parce que, actuellement, on constate qu’il y a des femmes qui sont en France, qui ont les moyens d’aller à l’étranger faire une PMA. Et des femmes qui sont en France, qui n’ont pas les moyens d’aller à l’étranger faire une PMA“.

Et tant pis pour les enfants privés de père.

Avec cet argument, il faut vite légaliser tout ce qui est légal à l’étranger et qui ne l’est pas en France : la GPA, bien évidemment, mais aussi toutes les pratiques qui peuvent déjà être légalisées à l’étranger, comme l’euthanasie en Suisse, l’euthanasie des mineurs en Belgique, le clonage (thérapeutique bien sûr), et puis, tant qu’à faire, la polygamie, etc.

En termes de calendrier, elle évoque l’année qui arrive, 2018, probablement avec la révision de la loi bioéthique.

 👉 Signer la pétition : “Mobilisons-nous, préparons la prochaine loi de bioéthique 📝…

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Julien Langard (ex-FN) : “La droite nationale, identitaire et sociale n’échappera pas à un devoir d’inventaire”

Julien Langard est professeur d'histoire-géo dans un lycée à Carpentras (Vaucluse), membre du comité central du FN, proche collaborateur de Marion Maréchal Le Pen et membre du collectif Racine. Il vient de décider de quitter le FN et s'en explique longuement. Même si l'on comprend bien que le départ de Marion Maréchal-Le Pen n'est pas étranger à sa décision qui reste néanmoins anecdotique, les raisons qu'il évoque sans langue de bois sont intéressantes :

Csm_LANGARD_Julien_7e7090db68"Depuis le 7 mai dernier et le débat catastrophique de l’entre-deux tours des présidentielles, n’importe quel Français sincère et lucide sait que Marine le Pen ne sera jamais présidente de la République, ni dans cinq, ni dans dix, ni dans quinze ans… Malgré les espoirs soulevés par son élection à la tête de notre mouvement en 2011, elle s’est échouée dans un véritable Trafalgar télévisuel face au candidat le plus à sa portée, à savoir le dauphin de François Hollande, président le plus impopulaire de toute la Vème République !Comment réagir devant ce constat cruel mais réaliste ? Incapable d’incarner demain celle qui pourra rassembler la droite, Marine le Pen nous conduit aujourd’hui dans une impasse. Le FN, même sous un nouveau nom, est condamné à devenir le PCF des années 70. Assis sur une grande base populaire mais incapable de la dépasser, il s’enfermera dans le rôle stérile d’éternel opposant. 

Personnellement je me refuse à entretenir un faux espoir de Victoire auprès des militants et des électeurs qui nous font confiance. Par

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La doctrine sociale de l’Église n’est pas facultative

Dans L'Homme Nouveau, Philippe Maxence passe à la critique un dossier du quotidien La Croix :

Une-1637"Élection oblige, notre confrère La Croix s’est récemment souvenu qu’il existe une doctrine sociale de l’Église. Dans son numéro du 10 avril dernier, ce quotidien a voulu en rappeler les principes concernant la famille, l’Europe, l’immigration, l’emploi, la sécurité et le développement durable. Il n'est pas inintéressant de revenir sur quelques aspects évoqués dans ce numéro.

Une affaire d'opinion ?

À quoi sert cette doctrine sociale ? À lire le Père Henri Madelin, dans ce numéro de La Croix, la doctrine sociale de l’Église n’est là que pour aider à se construire une opinion. L’Église, qui a reçu du Christ la mission d’enseigner, est ainsi réduite à n’être qu’un organe de pression idéologique dans le grand débat démocratique. Une sorte de lobby, habillé seulement d'une antériorité et d'une expérience historique Il n’est nullement question ici de guider l’agir social et politique des catholiques pour qu’il régénère la société et la soumette au Christ-Roi.

De l’enseignement de Quas Primas et de la royauté sociale du Christ, rappelé dans le Catéchisme de l’Église catholique, il n’en est d’ailleurs nullement question. De la condamna­tion des grandes erreurs modernes (libéralisme, socialisme, etc.), quasiment pas davantage. Certains grands principes de cette doctrine de l’Église sont bien cités. C’est le cas notamment du « principe de subsidiarité », à propos de l’Europe. Alors que ce dossier de La Croix nous répète à l’envi que l’Église ne prend

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Dissocier résolument dans toutes les instances la politique familiale de la politique sociale

Suite à la publication du Livre Blanc de Famille et Liberté (évoqué ici), Le Salon Beige a interrogé le Président de cette association, Claire de Gatellier.

6a00d83451619c69e201b7c8d60ac8970b-250wiPourquoi un Livre Blanc sur la famille, alors que La Manif Pour Tous semble occuper ce "créneau" ?

Le Livre Blanc pour une Nouvelle Politique Familiale est la conjonction de plus de vingt années d’observation, d’études et de réflexion de l’association Famille et Liberté sur la place de la famille dans la société française et le rôle de la politique familiale, en France et ailleurs, et de l’actualité politique de notre pays qui réclame, maintenant, un projet de société solidement ancré dans la réalité.

La Manif Pour Tous occupe un créneau différent du nôtre, celui des grands rassemblements et événements populaires en quoi elle excelle, et son action, suscitée par la loi Taubira, est dirigée pour l’essentiel vers les questions du mariage homme/femme, de la GPA et autres problèmes de filiation essentiels pour l’enfant. C’est pourquoi nous avons, d’un commun accord, peu abordé ces questions dans notre Livre Blanc.

Nous nous sommes placés sur le terrain plus large de la politique familiale dans son ensemble. Pourquoi est-elle nécessaire au pays ? : la famille contribue-t-elle à l'épanouissement des personnes et à l'accomplissement des personnalités? Est-elle pour la nation source de prospérité économique et condition de son équilibre démographique? Favorise-t-elle la solidarité et la sociabilité ? Sur quels critères incontournables doit-elle reposer pour porter ses fruits ? Comment cela se passe-t-il dans les pays où existe,

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Le revenu universel, un moyen de briser le monopole de la Sécurité sociale ?

Eric Verhaeghe est interrogé par Samuel Martin dans Présent sur la question du revenu universel. Extrait :

V"[…] Il me semble qu’il existe un malentendu curieux sur le revenu universel tel qu’il est promu par certains « libéraux ». Ceux-ci veulent ajouter une sorte de nouvelle prestation sociale, dont le coût est colossal, et qui bénéficierait à tout le monde. De mon point de vue, c’est une erreur de sens : le revenu universel ne doit pas s’ajouter aux prestations sociales existantes, et en particulier à la sécurité sociale, mais il doit la remplacer. Au lieu d’ajouter 400 milliards aux près de 1 000 milliards de prélèvements publics existants, il vaut mieux transformer les 600 milliards qui financent l’offre sociale (notamment l’offre médicale) en 600 milliards d’allocation universelle qui permettraient aux Français de souscrire aux contrats d’assurance sociale de leur choix. L’utilisation de ces 600 milliards serait exclusivement réservée à la souscription de contrats de protection sociale. On évite ainsi l’effet « paresse ». Le revenu universel ne sera pas versé pour acheter des téléphones portables ou des voitures, mais pour que chacun assure sa propre protection. La mesure est éminemment responsabilisante.

Ce n’est donc pas une incitation à ne plus travailler et à se laisser vivre – objection qu’on entend souvent ?

Eh non, puisque l’argent n’ira pas directement dans la poche des assurés et ne pourra être utilisé pour des babioles. Il sera fléché vers la protection sociale. Simplement, au lieu de subir une sécurité sociale déresponsabilisante comme aujourd’hui (avec cette fameuse phrase qu’on entend dans le métro : « J’ai droit

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Immigration : Dupont-Aignan en a assez “de la fausse générosité, des bons sentiments de personnes qui refusent de voir la misère sociale”

Nicolas Dupont-Aignan est interrogé dans Famille chrétienne. Extrait :

Numero-2036-samedi-21-janvier-2017-est-on-victime-de-son-education_media_sidebar"Vous êtes critique vis-à-vis des prises de position du pape François sur les migrants. Vous ne croyez pas qu’il soit possible de concilier une juste régulation des flux migratoires et une nécessaire hospitalité humaine, chrétienne dirions-nous ?

A partir du moment où l’hospitalité se fait au détriment de nos propres citoyens, nous marchons sur la tête ! Quand vous avez des gens modestes qui n’ont plus les moyens de vivre et qu’au même moment l’Etat, avec fausse générosité, donne l’argent des impôts des Français pour accueillir toujours plus d’étrangers, je dis : « folie ! ». L’hospitalité doit être raisonnable. Or le stade du raisonnable a été dépassé.

Plutôt que de faire de la charité mal comprise et contre-productive, en culpabilisant et en menaçant nos propres concitoyens qui souffrent, on ferait mieux, nous Européens, de nous projeter dans les trente prochaines années et de nous dire que la seule question importante est de savoir comment gérer le doublement de la population africaine. La banque centrale européenne donne chaque année 1000 milliards d’euros aux banques, et on n’est pas capables d’apporter 50 milliards d’euros d’aide au développement ? On n’est pas capable de développer le projet de reforestation au Sahel, et on n’est pas capable d’intervenir en Somalie ? Mais à quoi servent les dirigeants européens ?

Le rôle d’un chef d’Etat est différent de celui d’un pape. Je comprends les sentiments religieux, et les sentiments tout court. Mais il y a aussi la raison d’État qui, à un

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La Sécurité sociale est contraire au principe de subsidiarité

Rappel opportun de Denis Sureau à propos de ceux qui  semblent considérer que vouloir réformer la Sécurité sociale impliquerait d'être libéral voire "ultra-libéral" :

Unknown-78"Ils semblent oublier que les catholiques sociaux – et antilibéraux – et l'Eglise ne promeuvent pas la Sécurité sociale comme la solution à défendre. Bien au contraire. Historiquement, les chrétiens sociaux ont d'ailleurs été des pionniers dans la création des mutuelles et coopératives, dans une société dévastée par le capitalisme libéral. Mais en 1945, les communistes parvinrent à imposer au gouvernement provisoire dirigé par De Gaulle la nationalisation des nombreuses caisses existantes (et rentables). De la spoliation de tous leurs avoirs naquit la Sécurité sociale. Un grand syndicaliste chrétien tel que Gaston Tessier avait deviné les conséquences de l’institution de ce monopole de la Sécurité sociale : irresponsabilité, gabegie, injustice.

Le 2 novembre 1950, Pie XII prononça une allocution prophétique au sens fort du terme : 

« Il y a une parole que l’on répète actuellement beaucoup :"sécurité sociale" (…). Si cela veut dire sécurité grâce à la société (…), Nous craignons non seulement que la société civile entreprenne une chose qui, de soi, est étrangère à son office, mais encore que le sens de la vie chrétienne et la bonne ordonnance de cette vie n’en soient affaiblis, et même ne disparaissent (…). Pour les chrétiens et, en général, pour ceux qui croient en Dieu, la sécurité sociale ne peut être que la sécurité dans la société et avec la société, dans laquelle la vie surnaturelle de l’homme, la fondation et le

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