Archives par étiquette : sémantique

La nécessaire reconquête sémantique

Article proposé par un marin :

"Dans son roman le montage Vladimir Volkoff montre comment vaincre militairement et idéologiquement son ennemi en utilisant des armes non létales : les armes sémantiques. Elles sont un levier d’action puissant à manier avec précaution. Un long processus de renoncement fait qu’aujourd’hui elles sont employées contre la Marine Nationale.

Pour créer une arme sémantique, plusieurs conditions sont nécessaires. Tout d’abord, le ou les mots qui la composent doivent être maîtrisés. Leurs sens étudiés en amont, leurs définitions forgées patiemment. Ils ne doivent s’appliquer qu’aux domaines limités auxquels il sont destinés. Pouvoir être synonyme des mots qu’ils remplacent, sans que ceux-ci ne le puissent. Leur emploi doit être calculé. Leur contradiction impossible. Leur expression devra être naturelle. La première personne à les professer sera choisie avec soin. Leur formulation aisée sera répétée jusqu’à devenir universelle. Si toutes ces conditions sont réunies, ces mot deviendront des armes sémantiques. Des Mots.

Alexandre Psar –héros du montage- devait censurer un Mot, tant que l’URSS n’en aurait pas acquis la maîtrise. Une fois correctement révélé, le seul usage de ce mot permettait à l’Union de jeter le discrédit sur tout adversaire et d’orienter la discussion dans un domaine idéologiquement maîtrisé. Il garantissait la victoire politique dans un débat.

Dans 1984 de Georges Orwell, la dernière édition du dictionnaire doit terminer de faire de la novlangue la langue des Mots. Grâce à ce dictionnaire, les idées contraires à l’ordre établi ne peuvent plus être exprimées. Il ne peut y avoir

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Le terme « islamophobie », une « ruse sémantique »

Selon Zineb El Rhazoui, journaliste franco-marocaine et militante féministe menacée de plusieurs fatwas, ancienne de Charlie Hebdo le 9 septembre, qui publie aujourd'hui Détruire le fascisme islamique :

5843631lpw-5843820-jpg_3850201"Déjà, il faut rappeler que l'islamophobie n'existe pas en terre d'islam. Parce que là où l'islam a la force de coercition, il n'a pas besoin d'un concept comme ça. Il y a le délit de blasphème, d'apostasie, d'atteinte à la religion… Ceux qui tiennent des propos qualifiés d' « islamophobes » en Europe, dans le monde musulman, ils seraient mis en prison, fouettés, agressés ou assassinés. Le dernier assassinat date de moins d'un mois, avec l'écrivain jordanien Nahed Hattar qui a été tué alors qu'il se rendait à son procès pour « insulte » à l'islam. Là-bas, les islamistes disposent de moyens légaux pour faire taire tous ceux qui critiquent leur idéologie. En Europe, ils n'ont pas ces moyens-là et ils ne peuvent pas nous mettre en prison. Ils peuvent soit nous assassiner, comme ce qu'ils ont fait avec la rédaction de Charlie Hebdo. Ou alors s'ils ne veulent pas emprunter la voie terroriste, le seul moyen qui leur reste est de recourir à cette ruse sémantique qu'est l'islamophobie. Critiquer leur idéologie, c'est être raciste, puisqu'elle serait inhérente à leur race… […]

Vous qualifiez une partie de l'extrême gauche de « collaborationniste ». N'est-ce pas exagéré ?

Je parle à la fois d'une partie de l'extrême gauche, mais aussi d'une partie des féministes et de certains hommes politiques. C'est une catégorie de l'extrême gauche qui, d'une façon

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