Archives par étiquette : Poutine

Pendant que l’armée syrienne reconquiert Deraa, Poutine multiplie les initiatives diplomatiques

Analyse d'Antoine de Lacoste :

Deraa-650x647"Depuis que les Américains ont retiré leur soutien aux rebelles islamistes de la province de Deraa, ces derniers ont majoritairement choisi la voie de la négociation dès que l’armée syrienne a déclenché son offensive.

Ce sont, bien sûr, les Russes qui organisent les discussions, mais les débuts n’ont pas été faciles. Contrairement au scénario habituel, le transfert des combattants islamistes avec familles et armes légères vers Idleb, au nord-ouest du pays, n’a pas été accepté d’emblée par les négociateurs russes. Un jour, il faudra en effet reconquérir cette province et il est inutile de la renforcer lorsqu’il est possible de faire autrement.

Ce n’était pas le cas dans la Ghouta par exemple, située en zone urbaine. La province de Deraa, à l’exception de la ville du même nom, est surtout rurale. D’ailleurs, de nombreux villages se sont rendus dès le début de l’offensive, peu désireux d’affronter le pilonnage de l’aviation russe. Les islamistes les plus déterminés se sont alors retirés vers Deraa, non sans avoir assassiné en plusieurs endroits des responsables de village qui avaient négocié avec les Russes. La presse occidentale a, évidemment, peu relayé cette information.

Pressés d’en finir, les Russes ont finalement cédé et promis un transfert vers Idleb pour ceux qui refuseraient « l’accord de réconciliation » traditionnellement proposé depuis quelques mois par le pouvoir syrien.

En échange de cette concession russe, le plus important poste-frontière avec la Jordanie, celui de Nassib, a été évacué sans combat par les islamistes. Ils l’avaient conquis

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Poutine et Netanyahou négocient la prochaine offensive syrienne

D'Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

"Depuis plusieurs semaines, l’armée syrienne masse des troupes dans le sud de la Syrie, près de Deraa. Deraa est une ville symbolique car elle est le berceau de la révolution islamiste en Syrie. Elle a été reconquise par l’armée en 2016, mais une grande partie de la province du même nom est encore aux mains des islamistes, notamment le long de la frontière jordanienne. Cerise sur le gâteau : Daech tient un petit territoire le long du Golan, sous la protection d’Israël, ravi d’avoir des groupes islamistes « tampons » entre le Golan et les troupes iraniennes, présentes également dans la région…

Un premier accord a été passé il y a quelques semaines entre Israël et la Russie, aboutissant à un retrait de quelques kilomètres des soldats iraniens.

Aujourd’hui, la Russie veut aider la Syrie à reconquérir ce territoire. Sur le plan militaire, l’affaire ne présente pas de grandes difficultés : après quelques jours d’offensive syrienne, appuyée par l’aviation russe, les quelques milliers de combattants islamistes, dont le moral est au plus bas, négocieraient leur évacuation vers Idleb, au nord-ouest du pays, avec familles et armes légères. Le scénario est maintenant bien rodé.

Oui, mais à une condition : que l’aviation israélienne ne vienne pas perturber ce beau projet, en attaquant les troupes syriennes, par exemple ; ce qu’elle a déjà fait dans le passé, précisément dans la région de Deraa.

Pourquoi ferait-elle cela alors même que les Russes seront à la manœuvre, ce qui n’était pas forcément le

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Si Poutine censurait des sites internet, que ne dirait-on pas ?

Génération Identitaire a vue sa page Facebook fermée sans procès. Sur Twitter, la LICRA se réjouit, tout comme Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT :

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Livraisons de S300 russes à Damas ou la subtile diplomatie de Poutine

Analyse d'Antoine de Lacoste, publiée sur Boulevard Voltaire :

S-300_Russie_600_400La Russie a annoncé il y a quelques jours la livraison de missiles sol-air S300 à l’armée syrienne. Au premier abord cette nouvelle est logique : face à la dernière agression américano-franco- anglaise contre la Syrie, le Kremlin décide de renforcer la défense aérienne de son allié afin de décourager toute nouvelle tentation belliqueuse.

La défense anti-aérienne de la Syrie n’est certes pas catastrophique comme l’a prouvé la destruction en vol de plus de 70 des missiles américains lancés vers Damas et Homs. De plus, chacun a encore en mémoire la destruction d’un F16 israélien en février dernier à la suite d’un énième raid en Syrie de l’aviation de l’Etat hébreu. C’était la première fois depuis trente ans qu’Israël perdait un avion.

Depuis, celle-ci ne s’y est d’ailleurs plus risquée et la dernière attaque contre une base syrienne s’est faite depuis le Liban, l’aviation israélienne se gardant bien de s’aventurer à nouveau dans le ciel syrien. On notera à ce propos que ces violations répétées de l’espace aérien de ses voisins par Israël n’émeuvent pas beaucoup les pays occidentaux : il semble aujourd’hui acquis qu’Israël se situe au-dessus du droit international…

La livraison de ces S300 est en fait une vieille histoire. Voilà plusieurs années que Damas les espère et qu’Israël les redoute. C’est d’ailleurs à la demande de l’Etat hébreu que Poutine a accepté à plusieurs reprises d’en différer la livraison. La diplomatie de Poutine est très différente de celle du monde

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Poutine a rendu à nouveau son peuple fier d’être Russe. Il y a assez peu de chefs d’Etat occidentaux qui peuvent en dire autant

De Constance Prael sur Liberté Politique :

Unknown-7"Témoignage récent d’une jeune guide russe, qui s’interrogeait sur l’hostilité des médias occidentaux, et plus spécifiquement français, à l’égard du président russe. Poutine n’est pas un ange, ça, on le sait, avouait-elle. Qui, en politique, peut prétendre être un ange ? A tout le moins, il nous a rendu à nouveau fiers d’être Russes. Il y a assez peu de vos chefs d’Etat occidentaux qui peuvent en dire autant.

Depuis Machiavel, on sait que politique et morale ne font pas nécessairement bon ménage. Vladimir Poutine ne serait pas démocrate… Quelle arrogance de la part de la France, qui oublie que la Russie n’a pas eu l’opportunité, dans son histoire, de pouvoir s’installer dans une pratique sereine et longue de la démocratie : quand, en 1991, cette fameuse démocratie, furtivement et mal expérimentée dans les années 1860-1880 et de 1905 à 1914, y a fait son retour, on ne peut pas dire que le terrain avait été favorablement préparé par les soixante-dix années précédentes. Poutine est réélu pour la 4e fois, à plus de 70 % des voix. Bourrage des urnes et pression politique inclus, nous dira-t-on. Compte tenu de la mascarade des dernières présidentielles françaises, certes sous des formes plus civilisées, quelle leçon de démocratie avons-nous à donner ?

Les censeurs d’aujourd’hui ont la mémoire courte quand ils prétendent ramener le bilan de Vladimir Poutine peu ou prou à celui de Boris Eltsine. La fierté d’être Russe dont parlait cette jeune guide, ce n’est pas seulement

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Affaire Skripal: Poutine écrit à May !

A peine élu, le président de la Fédération de Russie a tenu à correspondre avec le Premier ministre britannique, dans une lettre rendue publique.

Vladimir                                                                                                      Moscou le 19 Mars 2018

Résidence présidentielle du Kremlin

Place Rouge, Moscou

mail: jamesb007@russia.net

Bien chère Thérésa

Après l’inoubliable soirée électorale que j’ai vécue hier, je tiens à vous remercier du fond du cœur du superbe travail que vous avez accompli pour que ma réélection soit la plus éclatante possible. Je n’imaginais  pas, dans mes rêves les plus fous, atteindre le score de 76,7% des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle 2018 alors que les meilleurs sondages d’avant scrutin, me créditaient de 64%. Le taux de 68% de participation, en hausse par rapport à 2012, montre qu’ Alexeï Navalny, votre chouchou qui prônait l’abstention, n’a pas été suivi malgré les campagnes médiatiques que vous et vos affidés aviez organisées pour promouvoir ses idées.

Vous m’avez permis de gagner plus de douze points et 9 millions de voix, le tout en moins de deux semaines, grâce à votre superbe montage «Skripal», et de réaliser ainsi un rassemblement et un niveau de cohésion du peuple russe, autour de ma personne, qui n’auraient pas été possibles sans vous. Le soutien de près de 55 millions d’électeurs me rend évidemment plus fort et plus légitime que jamais pour diriger mon pays, mais il rend également la Russie plus forte, car plus unie, pour affronter les sanctions et les campagnes médiatiques de dénigrement que vous allez très

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Hélène Carrère d’Encausse : un autre regard sur la Russie de Poutine

Difficile de trouver en ce moment dans nos médias un commentaire, un mot, une tendance favorable ou au minimum objectif à propos de Poutine. Julien Rochedy ne s'y est pas trompé et illustre ce phénomène avec humour :

Heureusement, Vincent Trémolet de Vilers vient de publier pour le Figaro une longue et passionnante interview d'Hélène Carrère d'Encausse qui offre (enfin) une autre perspective. Voici quelques phrases importantes :

XVM5e489cc8-293b-11e8-9778-e43ec7d4ebb3"(…) L’immensité de l’espace russe (17 millions de kilomètres carrés) fait que la préoccupation première du pouvoir russe est de s’imposer à la totalité de cet espace et d’une population multiethnique et multiculturelle difficile à rassembler."

"Pour accomplir ces tâches immenses, puis pour reconstruire l’ensemble russe et l’État et les maintenir ensuite, il fallait un pouvoir fort, autoritaire."

"Il manifeste peu de sympathie pour Lénine dont il n’a même pas inauguré l’exposition lors du centenaire de la révolution. Il se réclame en revanche clairement et toujours du passé impérial."

"Vladimir Poutine entendait alors coopérer avec l’Union européenne et il a soutenu la création de quatre espaces de coopération – économie, recherche, justice et sécurité, sécurité extérieure – qui ouvraient de vastes perspectives au développement des relations Europe-Russie. De même, il a envisagé une participation de son pays à l’Otan et, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, il a spontanément

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Poutine réélu pour la 4ème fois… comme Merkel

Soirée sans suspense en Russie. Vladimir Poutine a été réélu, dimanche 18 mars, avec plus de 70% des voix. 

Réaction de Jean-Frédéric Poisson :

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Xavier Moreau : Poutine, vers un quatrième mandat

Analyste politico-stratégique, Xavier Moreau vit à Moscou et est le consultant de TVLibertés. Il analyse les enjeux du scrutin présidentiel russe qui se déroulera le 18 mars. Il revient très largement sur le discours de Vladimir Poutine devant l’assemblée fédérale. Le président russe a présenté une nouvelle gamme de missiles nucléaires qualifiés d’indestructibles. Certains voient dans ce renforcement militaire un retour à une forme de guerre froide.

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Un Russe nommé Poutine

Alors que l'élection présidentielle russe approche, Héléna Perroud, ancienne conseillère à l'Elysée sous la présidence de Jacques Chirac et directrice de l'Institut français de Saint-Pétersbourg entre 2005 et 2008, publie "Un Russe nommé Poutine" aux Éditions du Rocher. Elle a donné récemment un entretien à Sputnik, où elle livre une analyse toute en nuance, loin des visions caricaturales. Elle livre notamment un bref portait intéressant de quelques-uns des candidats à la présidence, en fin de video.

 

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Vladimir Poutine va renforcer la politique familiale

Capture d’écran 2018-03-01 à 18.42.44Lors de son grand oral du 1er mars devant le gouvernement et la représentation nationale (Douma et Sénat) réunies en Assemblée fédérale pour l’occasion, le président russe a dressé, pendant un peu moins de deux heures, le tableau de son mandat écoulé et souligné les grandes questions du moment. Il a souligné l'importance de la question démographique. Le président russe a rappelé que la population active avait diminué en 2017, ce qui est un frein à la croissance et qui lui fait conclure à la nécessité de poursuivre sa politique nataliste. Vladimir Poutine veut encore renforcer les aides à la famille, à la maternité, aux enfants.

« La natalité a progressé. Nous allons continuer d’augmenter les primes maternelles et aider les jeunes mamans à  pouvoir retrouver un emploi après la maternité. Le soutien à la natalité, 2,47 milliards pour 2012-2017 va augmenter de 40% à 3,4 milliards ». « L'augmentation de l'espérance de vie en Russie est l’une des plus fortes du monde mais ce n'est pas suffisant ; d'ici la fin de la prochaine décennie, nous devons atteindre les 80 ans ». « Les personnes âgées doivent aussi être protégées de l’inflation, et les pensions doivent être augmentées en conséquence. « Chaque homme est précieux dans notre société, il faut que les grands-parents et les petits-enfants aient le bonheur de se connaître». 

L’éducation a également été abordée, il s’agit «d’enseigner aux enfants les compétences dont ils auront besoin lorsqu'ils rejoindront le marché du travail est essentiel au succès

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