Archives par étiquette : politiques

De l’Institut de formation politique à l’Académie de sciences politiques

Lu dans L'Express :

Unknown-16"A la différence de la vingtaine d'autres étudiants, son visage est connu. Mais lorsque Marion Maréchal-Le Pen sort vers 22 heures, ce dimanche soir de mars 2015, de l'Institut de formation politique (IFP), ni son âge – elle a 25 ans -, ni ses bonnes manières ne la distinguent vraiment de ses petits camarades. Pendant 48 heures, la députée Front national (FN) du Vaucluse a planché sur une série de cours : "Comment l'euro détruit l'Europe", "L'islam et l'islamisme", "Comment convaincre ses interlocuteurs". Elle a étudié comment "traduire ses valeurs dans l'action", participé à une joute oratoire intitulée "Deux minutes pour convaincre". Et c'est elle qui l'a remportée. Pour 50 euros, Marion Maréchal-Le Pen vient de suivre un séminaire d'initiation dans la seule école de France qui propose, selon les termes de son directeur Alexandre Pesey, "une formation à la fois intellectuelle et pratique, ouverte à toutes les sensibilités de droite : libérale, conservatrice, souverainiste, identitaire".

Trois ans plus tard, Marion Maréchal-Le Pen n'est plus députée. Dans une tribune publiée à la fin de février dans Valeurs actuelles, elle confirme s'être "associée à la création d'une académie de sciences politiques". Alors que la plus grande discrétion entoure ce projet, elle en délivre deux grandes lignes : détecter et former les dirigeants de demain. En leur donnant "des armes intellectuelles, culturelles, juridiques, techniques et médiatiques", à travers un enseignement théorique et pratique. Elle vise explicitement la "jeunesse conservatrice" française. Voilà presque un copier-coller des principes

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Invoquons des fruits de sagesse pour ceux qui ont des responsabilités politiques afin qu’ils respectent toujours la dignité humaine

Message Urbi et Orbi du pape François, ce jour à Saint-Pierre de Rome :

Cq5dam.web.800.800"Chers frères et sœurs, bonne fête de Pâques !

Jésus est ressuscité d’entre les morts.

Cette annonce résonne dans l’Église par le monde entier, avec le chant de l’Alleluia : Jésus est le Seigneur, le Père l’a ressuscité et il est vivant pour toujours au milieu de nous.

Jésus lui-même avait annoncé à l’avance sa mort et sa résurrection avec l’image du grain de blé. Il disait : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Voilà, justement cela est arrivé : Jésus, le grain de blé semé par Dieu dans les sillons de la terre, est mort tué par le péché du monde, il est resté deux jours dans le tombeau ; mais dans sa mort était contenue toute la puissance de l’amour de Dieu, qui s’est dégagée et qui s’est manifestée le troisième jour, celui que nous célébrons aujourd’hui : la Pâque du Christ Seigneur.

Nous chrétiens, nous croyons et nous savons que la résurrection du Christ est la véritable espérance du monde, celle qui ne déçoit pas. C’est la force du grain de blé, celle de l’amour qui s’abaisse et qui se donne jusqu’au bout, et qui renouvelle vraiment le monde. Cette force porte du fruit aussi aujourd’hui dans les sillons de notre histoire, marquée de tant d’injustices et de violences.

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La dictature victimaire a ses commissaires politiques

François Bousquet, rédacteur en chef de la revue Eléments, est interrogé sur Boulevard Voltaire. Extrait :

Photoelem88"Vous consacrez votre dossier à la « dictature victimaire ». Une pandémie mondiale, selon vous…

C’est la victimocratie, du grec « kratos », qui veut dire « pouvoir ». Autrement dit, la victimocratie est ce nouveau régime dans lequel le pouvoir est détenu par les victimes, réelles ou présumées. Cela leur confère un capital lacrymal, très lucratif, et les place au centre du jeu social. Or, qui dit victime dit coupable. Celui-ci est tout trouvé, c’est le fléau de la « suprématie blanche » : tout individu porteur de ce que les Américains appellent le « white privilege », le privilège blanc censé conférer un ensemble d’avantages invisibles par rapport à ce que vivent au quotidien les non-Blancs (sic). L’objectif, c’est d’abolir ledit privilège dans une nuit du 4 août mondiale depuis les États-Unis, où sévit un néo-maccarthysme hystérique qui n’est pas sans rappeler les délires ubuesques de la révolution culturelle chinoise. Il est l’œuvre de minorités « racisées » et « genrées » ; et s’appelle lutte contre le racisme, le sexisme, l’homophobie et tout ce qui est susceptible d’une suffixation phobique, des handicapés aux islamistes, selon la logique d’emballement victimaire qui commande notre monde.

Ainsi, tout un chacun, à la condition qu’il soit pourvu d’un stigmate social, est-il invité à s’installer dans une posture victimaire parce que c’est symboliquement la position dominante la plus confortable et la plus rentable. En somme, c’est : Maman, quand je serai grand, je serai une victime ! Ce néo-maccarthysme diffuse

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A l’approche des européennes, les postures politiques vont se multiplier

Au point qu'un amendement déposé par les députés européens de l'ENL, dont font partie les députés FN, a été adopté, au grand dam de la Commission européenne :

Capture d’écran 2018-03-21 à 23.00.30"Grâce à l’amendement de rejet du groupe ENL, voté (une fois n’est pas coutume) par le Parlement européen, la Commission subit un revers historique sur un projet phare de la mandature : l’aggravation des dispositions de la Directive dite « Bolkestein » sur le détachement des travailleurs par l’adoption du paquet « E-CARD » (carte européenne électronique des services).

Le projet de la Commission européenne est donc rejeté à une large majorité.

Très intéressante aussi fut la réaction des rapporteurs et des défenseurs du projet au sein même du Parlement européen qui n’ont pas hésité à évoquer une « rupture de confiance entre l’Est et l’Ouest de l’Union européenne », la « désunion du marché unique » et la « force négative du Parlement européen ». Les rapporteurs ont tenté de comprendre ce rejet majoritaire par l’ignorance de leurs adversaires. Ils n’ont donc pas encore compris que les raisons de ce rejet sont beaucoup plus profondes et réfléchies. Ils n’en ont donc pas pris toute la mesure. La ligne de fracture entre les économies des pays de l’Est, qui profitent des dispositions de la Directive « Services », et celles des pays de l’Ouest se fait désormais visible. Le résultat du vote en commission IMCO, d’habitude très dogmatique sur le marché unique, vient de porter une lumière très crue sur ces

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La question de l’unité de la droite , c’est le dépassement des boutiques politiques

Lors de la table-ronde qui se tiendra à Angers le 27 mars, sur l'unité de la droite, Thierry Mariani a envoyé une vidéo exclusive et le député Lorho viendra rejoindre les participants déjà annoncés :

Thumbnail-6Sur Boulevard Voltaire, Barbara Mazières explique :

"Depuis des décennies, la droite en France perd bataille après bataille. Même quand elle gagne des élections, elle perd car elle ne fait que gérer, laissant la culture, l’école, l’organisation de la société au monopole de la gauche.

Pourtant, comme l’a montré Guillaume Bernard dans son remarquable ouvrage, La guerre à droite aura bien lieu – Le mouvement dextrogyre, il y a un glissement de la société vers la droite. Mouvement de plus en plus sensible, dont la formidable mobilisation de la Manif pour tous a été une démonstration éclatante. Ce mouvement accentue la déconnexion des élites (fondamentalement ancrées dans l’idéologie post-soixante-huitarde) mais il n’arrive pas à se concrétiser politiquement.

Le problème vient essentiellement des partis politiques et de l’esprit partisan qu’ils ont généré. Ces partis, vivant sur un modèle déjà ancien, ne comprennent pas l’évolution de la société, et les apparatchiks qui les composent n’ont pour ambition, bien trop souvent, que de se faire une place au chaud, biberonnés d’argent public. Et quand ils parlent d’union, c’est derrière leur personne, dans un mouvement bien hiérarchisé dont ils seront le chef ! Beaucoup de politiques ne parlent d’union qu’en pensant fusion dans un mouvement centralisé. Ils cherchent des ralliés, pas des alliés.

De chef, il

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La recomposition de la droite passe par l’élimination des forces politiques actuelles et par l’émergence d’une nouvelle force de droite alternative.

Guillaume Bernard répond aux questions de Boulevard Voltaire à propos du congrès du FN.

Vous avez suivi avec beaucoup d’attention le congrès du Front national. Quelle est votre analyse?

Je crois tout d’abord que la réunion de ce congrès était statutairement prévue. Il était normal qu’il se tînt. Mais je crois aussi qu’il y avait un certain tangage au sein de l’organisation. Marine Le Pen a certes réussi à être au second tour de la présidentielle, mais a fait un score en-deçà des espérances du Front National. Par conséquent, son autorité était battue en brèche. Elle était en partie discréditée dans l’opinion publique. Il fallait donc qu’elle réaffirme son autorité.
De ce point de vue là, il semble qu’elle ait réussi à réaffirmer son pouvoir dans l’appareil et de mettre à ses côtés, dans les instances dirigeantes, les personnes qui lui sont proches et dévouées.

Avec son nouveau nom, censé être plus ouvert et moins clivant, le Front National est-il capable d’engager des alliances à droite ?

C’est une question très importante. Pour autant, le changement de nom ne traduit pas un changement de ligne. On a bien vu qu’avec le départ de Florian Philippot, il y avait peut-être la possibilité pour le Front national de changer de stratégie et de discours global. Or, Marine Le Pen est restée sur les mêmes principes que ceux qui avaient animé sa campagne présidentielle. Certes, elle a davantage parlé d’identité et d’immigration. Elle a également innové en abordant des questions liées à la

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Pour sortir de la crise, les sociétés occidentales ont besoin d’élites économiques et politiques

Unknown-5De Christophe Guilluy dans Le Figaro (via):

"L’erreur de la plupart des observateurs est de présenter Trump comme un outsider. Ce n’est pas vrai. S’il a pu gagner, c’est justement parce qu’il vient de l’élite. C’est un membre de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Il fait partie du monde économique, médiatique et culturel depuis toujours, et il avait un pied dans le monde politique depuis des années. Il a gagné car il faisait le lien entre l’Amérique d’en haut et l’Amérique périphérique. Pour sortir de la crise, les sociétés occidentales auront besoin d’élites économiques et politiques qui voudront prendre en charge la double insécurité de ce qu’était hier la classe moyenne. C’est ce qui s’est passé en Angleterre après le Brexit, ce qui s’est passé aux États-Unis avec Trump, ce qui se passe en Corse avec les nationalistes. Il y a aujourd’hui, partout dans le monde occidental, un problème de représentation politique. Les électeurs se servent des indépendantismes, comme de Trump ou du Brexit, pour dire autre chose."

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Wauquiez : les chrétiens doivent s’engager pour influencer les politiques

Extrait d'un entretien donné par Laurent Wauquiez à Samuel Pruvot dans Famille chrétienne :

W"Comprenez-vous que certains catholiques soient surpris de votre revirement sur l’abrogation de la loi Taubira ?

L’électorat catholique devrait s’interroger. En 2012, certains n’ont pas voulu voter Nicolas Sarkozy… et ils ont eu François Hollande. Il a fait ce qu’il avait promis à savoir le mariage homosexuel… En 2017, certains centristes issus de la démocratie chrétienne ont voté Emmanuel Macron. Et ils ont un président qui veut casser la politique familiale et autoriser la PMA pour les couples de même sexe. En 2022, la loi Taubira aura dix ans. Il sera impossible de revenir sur le mariage… En revanche, j’ai toujours dit que le problème était celui de la filiation. Et il faudra revenir sur les aspects de la loi qui bouleverse la filiation. Il n’existe pas de droit à l’enfant car l’enfant n’est pas un produit de consommation. L’enfant est le fruit de l’amour entre un homme et une femme.

Comprenez-vous la déception de beaucoup de chrétiens par rapport à la politique et à la droite en général ?

Les chrétiens ne devraient pas céder à la tentation de s’isoler. Ils doivent au contraire être une force d’influence et porter leurs convictions. Certains doutent après avoir été tant déçus des politiques ? Puis-je être la meilleure garantie pour l’avenir ? À dire vrai, je n’ai jamais prétendu être un saint. En politique, les chrétiens doivent prendre leurs responsabilités. C’est d’abord à eux de

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Il y a beaucoup de dirigeants politiques qui se disent catholiques, qui souvent démontrent peu de cohérence avec les convictions catholiques

Dans un message vidéo adressé aux participants d’une rencontre d’hommes politiques catholiques à Bogota (1er -3 décembre), le pape François a appelé les chrétiens à s'engager dans la cité. Extraits cités par Chrétiens dans la cité :

F"Depuis le pape Pie XII jusqu’à ce jour, les pontifes qui se sont succédé ont toujours fait référence à la politique comme une forme élevée de charité. On pourrait aussi traduire comme un service inestimable de dévouement pour l’accomplissement du bien commun de la société. […] Ce qui est clair, c’est qu’il y a besoin de dirigeants politiques qui vivent avec passion leur service aux populations, qui vibrent avec les fibres intimes de leurs ethos et de leur culture, solidaires avec leurs souffrances et leurs espérances ; des hommes politiques qui mettent en avant le bien commun par rapport à leurs intérêts privés, qui ne se laissent pas intimider par les grands pouvoirs financiers et médiatiques, qui soient compétents face aux problèmes complexes, qui soient ouverts pour écouter et apprendre dans le dialogue démocratique, qui conjuguent la recherche de la justice avec la miséricorde et la réconciliation. 

Il y en a beaucoup qui se disent catholiques – et il ne nous est pas donné de juger leurs consciences, mais leurs actes si –, qui souvent démontrent peu de cohérence avec les convictions éthiques et religieuses du magistère catholique. Nous ne savons pas ce qu’il advient dans leurs consciences, nous ne pouvons la juger, mais regardons leurs actes. Il y

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Des juristes s’opposent à la révision de l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques

De nombreux juristes signent une tribune sur Causeur :

Images-7"René Cassin, un Français, est à l’origine de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. D’une valeur juridique non contraignante mais d’une portée exceptionnelle après la fin de la barbarie nazie, cette Déclaration a été convertie en un instrument juridiquement contraignant : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté à New York en 1966 et ratifié par 168 États.

Ce Pacte a une valeur éminente pour trois raisons : les États qui l’ont ratifié doivent justifier périodiquement de son application ; les victimes de violation du Pacte peuvent s’en prévaloir et voir leur cas examiné par les instances des Nations Unies ; les tribunaux français peuvent examiner directement les griefs de violation du Pacte.

Pour vérifier la bonne application de ce Pacte, un Comité des droits de l’homme, composé de juristes indépendants de haut niveau, siège à Genève. Ce Comité, à intervalle régulier, élabore des « observations générales » sur chaque article du Pacte afin de fournir une grille d’application des droits de l’homme, par une interprétation stable et reconnue par les États. Cette méthode est utile, pour autant que cette interprétation du Pacte demeure universelle, consensuelle, sûre et rigoureuse, et ne se transforme pas en interprétation minoritaire, militante et hasardeuse. Ceci est d’autant plus essentiel que ce Comité ne voit pas ses prises de position validées par l’Assemblée générale de l’ONU, seul concert légitime des États et des Peuples.

Ces principes rappelés, l’opinion publique doit savoir qu’en 2015, le

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Les futures frontières de l’Europe au prisme de l’Histoire des émiettements politiques

De Thomas Flichy de La Neuville pour les lecteurs du Salon Beige :

Les derniers événements de Catalogne, tout comme la volonté de plusieurs pays d’Europe centrale de retrouver le contrôle de leurs frontières, ne sont pas sans rappeler un épisode historique analogue : celui de la grande crise du IIIe siècle qui ébranle l’Empire romain entre 235 et 284 après J-C. En un temps d’importante instabilité politique  (le règne des empereurs dure deux an et demi en moyenne et le Sénat a été réduit à une chambre d’enregistrement), la crise financière se conjugue aux migrations massives pour ébranler l’Empire. C’est alors que les deux provinces les plus exposées militairement font sécession. Il s’agit de la Syrie, soumise à la pression des Perses, qui s’émancipe sous la conduite de la Reine Zénobie. Celle-ci fonde l’Empire de Palmyre en Orient. A l’autre bout de l’Empire, la Gaule – soumise aux invasions germaniques – se sépare elle aussi de Rome, sous la conduite du Général Postumus, qui crée l’Imperium Galliarum (260-274 ap. J-C). Ces tendances centrifuges s’expliquent par l’incapacité de la bureaucratie romaine de répondre aux nouveaux défis. Le troisième siècle romain, tout comme l’histoire des émiettements politiques – par exemple, celui des reyes de taïfas dans l’Espagne médiévale – nous invitent par conséquent à une réflexion prospective sur le positionnement des futures lignes de fracture en Europe. Une chose paraît probable en tout cas : si les velléités de sécession de la Catalogne avaient été combinées à une déviation

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