Archives par étiquette : mots

Le Cardinal de Retz, mots d’esprit pour temps de troubles

De Thomas Flichy de La Neuville :

Jean-François de Gondi se savait trop léger pour prétendre s’emparer du pouvoir. Cet agitateur professionnel nous a pourtant légué, au fil de ses Mémoires, quelques traits extraordinairement lucides sur la métamorphose d’un Etat en temps de guerre civile. L’une des caractéristiques de la Fronde fut en effet de mêler très étroitement la bataille judiciaire à celle des rues, et il ne fut pas rare de voir des robins abandonner soudainement le prétoire pour tirer l’épée. Ils n’étaient d’ailleurs pas seuls à se battre en un temps où l’on voyait des enfants de cinq et six ans avec les poignards à la main. C’étaient leurs propres mères qui les leur apportaient[1]… Ceci amène le cardinal de Retz à décrire crûment la déliquescence des pouvoirs publics :

« Le dernier point de l’illusion en matière d’Etat, est une espèce de léthargie qui n’arrive jamais qu’après les grands symptômes. Le renversement des anciennes lois, l’anéantissement de ce milieu qu’elles ont posé entre les peuples et les rois, l’établissement de l’autorité purement et absolument despotique »[2].

Le mémorialiste en profite naturellement pour attaquer les actions d’intoxication du camp adverse, incarné par Mazarin, qui promit tout car il ne voulut rien tenir[3]. En effet, comme le grand secret de ceux qui entrent dans les emplois est de saisir d’abord l’imagination des hommes par une action de circonstance[4], les bruits les plus spectaculaires ne pourraient être qu’écrans de fumée. Le

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Emmanuel Macron ou quand les mots n’ont plus de sens

De François Bert sur Emmanuel Macron :

"[…] Ce qui frappe le plus quand on écoute Emmanuel Macron, c'est sa capacité à occuper l'espace sur l'ensemble des sujets sans que le propos puisse d'aucune façon être traductible dans l'action. Cette déconnexion profonde de l'intelligence du faire semble lui ouvrir un pass illimité dans le registre de l'audace: qu'importe le message pourvu qu'il soit bien dit, bien récité, bien ressenti, sûr de lui. C'est l'espérance folle de l'élève fainéant qui croit que la musique suffira à lui faire réciter ses tables de multiplication. C'est –pardon pour lui– Otis (Édouard Baer) décrivant son métier de scribe dans une tirade erratique devenue célèbre dans "Astérix et Obélix mission Cléopâtre". C'est enfin, pour les poètes, l' "aboli bibelot d'inanité sonore" de Mallarmé s'essayant à la politique.

Poésie criminelle

La référence poétique n'est pas vaine: Mallarmé, précurseur des Surréalistes, fut le premier à affranchir la poésie d'une exigence de sens. Le but était de parvenir à de la musique pure, quitte à ce que les mots assemblés n'aient plus rien à voir entre eux. Cette poésie, toutefois, bien loin des rythmes gorgés du son lumineux de Verlaine, n'avait pour seule victime que les mots, les feuilles sanglantes de ratures, les yeux et les oreilles de son auditoire. En politique la conséquence n'est pas la même et le prix à payer est bien cher en drames humains. Les cinq années de la non-présidence Hollande laissent aujourd'hui des stigmates qui donnent à la litanie anaphorique

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Saint Raymond Nonnat a deux mots à nous dire aujourd’hui

Nous fêtons aujourd'hui St Raymond Nonnat. Voici ce qu'en disait Yves Daoudal :

R"Religieux de l’ordre de la Merci pour la rédemption des captifs, il se rendit en Algérie pour racheter les chrétiens esclaves des barbaresques musulmans. Lorsqu’il n’eut plus d’argent, il se fit otage… et se mit à convertir des musulmans. On lui ferma la bouche avec un cadenas, et il allait être empalé lorsque son ami et supérieur saint Pierre Nolasque réunit la rançon nécessaire à sa libération. Il rentra à Barcelone mais mourut bientôt, prématurément, à 36 ans, des suites de ce qu’il avait subi en Algérie.

D’autre part, saint Raymond Nonnat est le saint patron des femmes enceintes et du bébé qu’elles portent.

Nonnat n’est pas son nom de famille. C’est un surnom, non-natus : non-né. Sa mère, enceinte de sept mois, tomba gravement malade et mourut. Le mari refusa qu’on l’enterre avant d’avoir vu le cadavre de son enfant. Un membre de la famille, avec son poignard, éventra la mère… et le bébé était vivant.

Saint Raymond Nonnat, saint patron des non-nés."

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“J’te trouve… Enfin, je t’trouve bonne, quoi !” – La réforme du collège à 30 mots et 780 millions d’euros

Cette phrase débile n'est qu'une phrase parmi tant d'autres de ces chefs d'oeuvre de la littérature qu'on fait déjà avaler à nos pauvres enfants, et que NVB compte multiplier par le biais de sa "réforme". Les nouveaux manuels sont un désastre, souligné par François-Xavier Bellamy :

"Comme de nombreux enseignants, je découvre les manuels diffusés par les éditeurs pour la rentrée prochaine. C’est toujours douloureux de voir un naufrage, même quand on pouvait le prévoir… Pendant des mois, la réforme du collège a été rendue volontairement compliquée par les experts qui l’ont écrite, sans aucune concertation, dans ces sigles ésotériques que le ministère produit si bien. Ce n’est donc que maintenant que, d’un seul coup, cette réforme devient concrète à travers les manuels scolaires, et le grand public découvre la tragédie au moment où elle se réalise. Car c’est bien d’une tragédie qu’il s’agit, d’un appauvrissement sans précédent…"[…]

Unnamed

"L’école qui a du sens, c’est celle qui leur permet de rencontrer Ulysse et Pénélope, Chimène et Rodrigue, Cyrano et Roxane – pas celle qui donne comme sujet de littérature : « Cc c mwa, jcroi kon devré fer 1 brek. » Il y a d’immenses talents dans nos classes, partout ! Et c’est à ce niveau-là qu’il faudrait les rejoindre si nous voulons leur parler ? Mais qu’on arrête de mépriser nos élèves ! Cette réforme du collège, c’est une violence néocoloniale ; c’est l’institution descendant vers les jeunes en leur disant : « Toi comprendre moi ? Ecole pas être trop difficile pour toi ? Toi être content maintenant ? » Quand

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Politiquement correct : ce ne sont plus les mots qu’il faut taire, mais les faits

Lu sur FDesouche :

"Les réfugiés chrétiens sont exposés dans les centres d’accueil pour migrants au harcèlement et la violence des islamistes. Mais certains membres du personnel de sécurité d’ascendance turque et arabe ne détournent pas seulement le regard, ils les battent."

Dans Le Figarovox, Vincent Trémolet de Villers revient sur les violences du 31 décembre à Cologne en précisant qu'il s'git d'un

"phénomène crapuleux qui, dans les pays arabes, porte le nom de taharrush gamea, sorte de «harcèlement sexuel collectif». Des centaines de femmes prises au cœur d'une terrifiante mêlée subissent attouchements, violences, viols.[…]"

Et il dénonce le politiquement correct, à propos de ces phénomènes que la bien-pensante masque :

"Cette précaution sémantique imaginée dans les campus américains dans les années 1950 avait pour objet la protection des minorités trop souvent discriminées par la pensée majoritaire. Les mots blessent quand ils ne tuent pas, expliquait-on, et leur emploi devait être contraint par une prudence à la fois morale et sociale. Un certain nombre de réalités visibles (de genre, ethno-raciale, d'orientation sexuelle, religieuse) furent ainsi dissimulées derrière le paravent d'une novlangue imposée par le haut pour apaiser les tensions d'en bas. Un manuel de savoir-vivre universel s'est imposé par la force de la télévision, des associations, de la loi même. «Le péché de bouche» est réapparu. Il ne peut s'expier que par le repentir et la pénitence. À cette orthodoxie du langage s'ajoute une culpabilité nourrie par les crimes de la Seconde Guerre mondiale et de la colonisation. L'Autre

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Sarkozy, les mots et les actes

Extrait d'une tribune de Thibaud Collin parue dans Le Monde :

"C'était hier, à la Mutualité, le 6 mai 2012. Nicolas Sarkozy affirmait le soir de sa défaite : « Il y a trop de discours avec des mots qui sont prononcés et qui ne veulent rien dire car ceux qui les prononcent vivent le contraire de ce qu'ils disent. » Grave et sempiternelle question des mots en politique et de leur articulation avec les actes. La vie politique se déploie en effet dans les mots mais comment éviter que les discours ne se substituent aux actes dont ils parlent ?

La dévitalisation de la parole politique est l’une des causes de la défiance qui ronge notre pays. Mais comment restaurer la confiance dans la parole politique ? En écoutant hier soir Nicolas Sarkozy, je me disais que loin d'apporter un début de réponse à ces questions, il contribuait à en alimenter la pertinence. Son intervention d'une quarantaine de minutes est malheureusement exemplaire de cette contradiction entre les mots et les actes ; elle y est même portée à incandescence. Jugeons sur pièces.

[…] Il ne cesse durant tout l'entretien de discréditer les « clivages » idéologiques, il souhaite même « enlever l'idéologie du débat politique » et dépasser les luttes « partisanes » pour créer un grand mouvement de rassemblement ayant un nouveau projet, une nouvelle manière de faire de la politique etc. Le vieil argument de la nouveauté peut faire sourire tant il est utilisé sans vergogne depuis plus de

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Mots d’excuse

En cette période morose de rentrée scolaire, votre blog préféré vous propose une petite parenthèse amusante pour se détendre. Le Point a recensé un florilège de mots d'excuse écrits aux enseignants par les parents. En voici un, qui condense de façon assez réaliste tout ce que les parents d'élèves peuvent vivre au quotidien :

"Dans la mesure où nous avons tout subi ces dernières années, serait-il possible à la rentrée prochaine d'avoir pour notre fille un professeur aimable, sérieux et ponctuel, ni stagiaire, ni enceinte, ni de santé fragile, ni militant syndical ? Avec tous nos remerciements pour l'examen favorable de cette demande."

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“Dis-moi dix mots”, ou la grande pitié de la langue française

Jeanne Smits évoque l'opération nationale "Dis-moi dix mots", opération censée sensibiliser les foules aux beautés et subtilités de la langue française de par le monde. Mais il semble que les fameux "dix mots" choisis soient assez peu représentatifs de la richesse de la langue et la culture françaises. A chacun d'en juger.

"Sous la rubrique « Actions éducatives en faveur de la langue française », le Bulletin officiel de l’Education nationale adresse aujourd'hui tous azimuts un appel à participer à l’opération nationale « Dis-moi dix mots ». Ecoliers et lycéens de tout poil, mais aussi les « jeunes placés dans les centres éducatifs fermés » et les « personnes scolarisées dans les établissements pénitentiaires » sont invités à participer à ce concours destiné à la « sensibilisation à la langue française ». Il s’agit de « produire » – collectivement, bien sûr, c’est en tant que classe que l’on participe – une œuvre littéraire ou artistique autour de dix mots choisis sous l’égide du ministère de la culture et de la communication.

Francophonielogo+cartePF[1]

Francophonie ? La question se pose…

Le « concours des dix mots » et le « concours de l’imagier des dix mots » mobilise un monde inimaginable. Leur pilotage engage le ministère de la culture, mais pas seulement : il y a aussi celui de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, celui des affaires étrangères, l’Institut français et le ministère de l’agriculture. Et pour le choix des mots, la France, la Belgique, le Québec, la Suisse et l’Organisation internationale de la francophonie regroupant 77 Etats et gouvernements « dans le monde » (sic) ont travaillé dur.

Jusque-là,

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Irak : une carte et des mots simples pour comprendre la situation

Bon article ici.

IRAK_11082014

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Irak : une carte et des mots simples pour comprendre la situation

Bon article ici.

IRAK_11082014

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Irak : personne n’est encore passé des mots aux actes

Lu dans Le Figaro à propos de la persécution des chrétiens en Irak :

"Malgré des condamnations fortes, la communauté internationale est restée immobile jusqu'à présent. Le Conseil de sécurité a condamné les persécutions dans une déclaration adoptée lundi soir par les 15 pays membres. Ils ont rappelé que de tels agissements étaient «susceptibles de constituer un crime contre l'humanité». De son côté, l'Organisation de la coopération islamique (OCI) a parlé de «crime intolérable», proposant son aide humanitaire pour les déplacés. Tout comme la France, qui s'est dite «mobilisée pour que les droits des communautés chrétiennes soient respectées».

Mais personne n'est encore passé des mots aux actes. «La Cour pénale internationale doit être saisie sur ce qui s'est passé à Mossoul», estime Patrick Karam, président de la coordination des chrétiens d'Orient en danger, et conseiller régional UMP. «A terme, il faut une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU qui protège les chrétiens d'Orient et responsabilise la communauté internationale sur le sujet. Il faut reconnaître que leur présence dans le berceau du christianisme est essentielle.»

«L'absence de réaction internationale concrète à ce drame pose une vrai question: est-on prêt à voir émerger un régime théocratique totalitaire aux portes de l'Europe?», s'interroge Faraj Benoît Camurat, président de l'association Fraternité en Irak qui lance un appel aux dons pour leur venir en aide aux déplacés. «A Mossoul, nous sommes face à une purification religieuse bel et bien planifiée par

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