Archives par étiquette : l’histoire

Najat Vallaud-Belkacem : “Totalement incompétente […] La pire ministre de toute l’histoire de la République”

C'est ce que pense Luc Ferry

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Les mémoires de Madame Campan, témoignage sur l’histoire de la manipulation politique

De Thomas Flichy de La Neuville

Memoires-de-madame-campan-9782715221819_0Femme de chambre de la Reine Marie-Antoinette, Madame Campan, se trouve plongée tout à la fois dans le théâtre des événements publics et dans ses coulisses. C’est au détour de ses Mémoires que s’ouvre de temps à autre une fenêtre donnant sur ce que l’on pourrait appeler la géopolitique de l’invisible. Henriette Campan a bien conscience que le spectacle de la politique est d’autant plus trompeur que l’on ignore ses ressorts secrets. Aussi perçoit elle la révolution comme une entreprise parfaitement organisée s’appuyant sur la manipulation des foules et la corruption des élites douteuses afin d’opérer le renversement qui profitera à ses organisateurs.  

La révolution, perçue comme une entreprise organisée

Il ne fait aucun doute à l’auteur des Mémoires que le camp opposé au Roi soit puissamment organisé. L’on sait que le duc d’Orléans figure au premier rang de ses opposants, aussi n’est elle pas surprise de le la rumeur affirmant qu’il a guidé les émeutiers jusqu’aux appartements de la Reine : « Beaucoup de gens ont affirmé qu’ils avaient reconnu le duc d’Orléans à quatre heures et demie du matin, en redingote et avec un chapeau rabattu, au haut de l’escalier de marbre, indiquant de la main la salle des gardes qui précédait l’appartement de la Reine. Cette déposition a été faite au Châtelet par plusieurs individus, lors du procès commencé sur les journées des 5 et 6 octobre ». Il semble d’ailleurs que la légèreté du camp monarchiste soit inversement proportionnelle

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Algérie, l’histoire à l’endroit

Algérie histoire à l'endroitC'est le titre du livre que Bernard Lugan vient de publier.

Présentation :

Depuis 1962, l’écriture officielle de l’histoire algérienne s’est appuyée sur un triple postulat :
– Celui de l’arabité du pays nie sa composante berbère ou la relègue à un rang subalterne, coupant de ce fait, l’arbre algérien de ses racines. 
– Celui d’une Algérie préexistant à sa création par la France à travers les royaumes de Tlemcen et de Bougie présentés comme des noyaux pré-nationaux.
– Celui de l’unité d’un peuple prétendument levé en bloc contre le colonisateur alors qu’entre 1954 et 1962, les Algériens qui combattirent dans les rangs de l’armée française avaient été plus nombreux que les indépendantistes.
En Algérie, ces postulats biaisés constituent le fonds de commerce des rentiers de l’indépendance. En France, ils sont entretenus par une université morte du refus de la disputatio et accommodante envers les falsifications, pourvu qu’elles servent ses intérêts idéologiques. Dans les deux pays, ces postulats ont fi ni par rendre le récit historique officiel algérien aussi faux qu’incompréhensible.
Cinquante ans après l’indépendance, l’heure est donc venue de mettre à jour une histoire qui doit, comme l’écrit l’historien Mohamed Harbi, cesser d’être tout à la fois « l’enfer et le paradis des Algériens ».
Ce livre répond donc aux interrogations fondamentales suivantes : l’essence de l’Algérie est-elle Berbère ou Arabe ? Avant la conquête française, ce pays fut-il autre chose qu’une province de l’Empire ottoman ? Les résistances d’Abd el-Kader et de Mokrani furent-elles des mouvements pré-nationaux

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L’histoire est maîtresse de vie

Michel De Jaeghere vient de publier La Compagnie des ombres. À quoi sert l’histoire ? (Les Belles Lettres, septembre 2016). Il a accordé au Rouge & le Noir un long entretien dont voici un extrait :

Cdo-78a43"L’évolution de l’Histoire vers une plus grande rigueur scientifique est, en soi, un progrès. Le problème est qu’elle a débouché sur une spécialisation qui paralyse quelque peu les chercheurs lorsqu’il s’agit de transmettre leurs connaissances au public. De passer de la recherche au récit. Ceux-ci répugnent désormais à sortir de leur sphère, de leur spécialité la plus étroite. Ils ont parfois tendance à considérer que leur savoir est tellement pointu qu’il en est devenu incommunicable. L’art de la synthèse a été parallèlement frappé d’un certain discrédit. Il apparait comme le propre de l’amateur, de l’historien du dimanche, considéré avec condescendance par des professionnels qui s’enorgueillissent du caractère technique qu’à donné à leur discipline leur maitrise des sciences auxiliaires. Jacques Bainville avait pu publier, entre deux-guerres une Histoire de France qui est restée une référence jusque dans les années 50 (c’était l’Histoire de France en livre de poche !). Sa démarche n’était pas celle d’un chercheur, d’un chartiste, et certains de ses jugements étaient marqués par ses a priori, mais il y développait aussi des vues fulgurantes de clarté et de lucidité. C’est, aujourd’hui, un exercice déconsidéré (sauf quand il s’agit, comme l’Histoire mondiale de la France de Patrick Boucheron, d’une œuvre collective dont les auteurs sont de gauche, et qu’en outre, elle ne raconte justement

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Les raisons profondes des exécutions politiques : l’affaire Fillon au prisme de l’Histoire

De Thomas Flichy de La Neuville :

Unknown-18Comment expliquer ces luttes soudaines et violentes qui éclatent dans l’arène politique, ces révélations tombant à point nommé pour ébranler la statue de l’adversaire ? A vrai dire, les mobiles des cabales n’ont en général rien de particulièrement honorable si bien que le public en est généralement maintenu soigneusement à l’écart, surtout s’il se pique de vouloir comprendre. A lui de voir l’habit mais non la façon dont il est fait. Son rôle est bien de demeurer souriant et ingénu tandis que d’habiles propagandistes tournent à leur gré les évènements, puis manœuvrent l’opinion avec adresse.

Quelles sont les raisons des exécutions politiques

La jalousie, monstre qui se moque de la victime dont il se nourrit, constitue le premier mobile. Lors de l’échec de la conjuration de Pison contre Néron en 65 après J-C, Tacite attribua le soulèvement à des rancœurs personnelles. C’est le cas du poète Lucain qui se plaignait de ce que Néron lui interdise de publier ses œuvres. En rentrant de la somptueuse fête organisée par Nicolas Fouquet, Louis XIV n’aurait il pas déclaré à Anne d’Autriche dans le carrosse qui le ramenait à Versailles : « Ah, madame, est-ce que nous ne ferons pas rendre gorge à tous ces gens-là ? ». Le second mobile puissant des cabales est l’envie, peinte en 1303, par Giotto dans son allégorie des vices comme une vieille femme serrant une bourse et dont un serpent, sortant de sa bouche, se retourne contre elle. Evoquant la

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Les défenseurs de l’indissolubilité du mariage à travers l’histoire de l’Eglise

Extraits de la Conférence de Mgr Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (Kazakhstan), donnée à la XXVe Fête du livre de Renaissance Catholique, le 4 décembre :

Arton570-eca50"Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ a prêché les vérités éternelles il y a deux mille ans, la culture et l’esprit qui régnaient à cette époque lui étaient radicalement opposés. Concrètement, le syncrétisme religieux, le gnosticisme des élites intellectuelles et la permissivité morale étaient particulièrement contraires à l’institution du mariage. “Il était dans le monde, mais le monde ne l’a point connu”(Jean I, 10). Une grande partie du peuple d’Israël, en particulier les grands prêtres, les scribes et les pharisiens, rejetèrent le magistère de la Révélation divine du Christ et jusqu’à la proclamation de l’indissolubilité absolue du mariage : “Il est venu parmi les siens, mais les siens ne l’ont pas reçu” (Jean I, 11). Toute la mission du Fils de Dieu sur terre consistait à révéler la vérité : “C’est pourquoi je suis venu dans le monde, pour rendre témoignage à la vérité” (Jean 18, 37).

[…] Le commandement de ne pas se remarier après s’être séparé de son conjoint légitime, n’est pas une règle positive ou canonique de l’Église, mais parole de Dieu, comme l’enseignait l’apôtre saint Paul : “J’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur” (1 Cor. 7, 10). L’Église a proclamé ces paroles de façon ininterrompue, interdisant aux fidèles validement mariés de contracter un mariage avec un nouveau partenaire. Par conséquent, l’Église, selon la logique Divine et humaine n’a pas la compétence d’approuver ne serait-ce qu’implicitement une

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L’Histoire tend à montrer que ce sont rarement les créateurs des problèmes qui les résolvent

Excellente description du colonel Michel Goya du fonctionnement des armées françaises et des réformes qui ont ramené cette noble institution au principe qui existait en 1870 et qui a conduit la France à un des pires désastres de son histoire :
 
Organisation du soutien"Quand un historien du futur examinera le schéma d’organisation des armées, il commencera par se demander comment cela pouvait bien fonctionner. Il lira que vers 2008 il avait été décidé de résoudre enfin le problème du financement des grands programmes d’équipements en supprimant une bonne partie de ceux qui les utilisaient. De Livre blanc en Livre blanc, visiblement plus préoccupés par la manière de faire des économies que de lutter contre qui que ce soit, et de loi de programmation non respectée en loi de programmation non respectée, il avait prévu de supprimer près de 80 000 postes au ministère de la Défense. Comme l’expliquait à l’époque une responsable des ressources humaines au ministère, il n’y avait pas de raison que l’on ne fasse pas comme dans les grandes sociétés privées et de préférer les machines aux hommes et aux femmes afin de faire monter la productivité (entendre le budget divisé par les humains). Et puis, c’était tellement facile : 70 % de CDD, pas de syndicat, discipline et dévouement (le même historien lira sans doute les déclarations de ce général de l’armée de terre se félicitant que les suppressions de régiments aillent plus vite que prévu).
 
Pour gérer cette ponction humaine sans trop pénaliser

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Avoir une vraie compréhension de l’histoire veut dire qu’on ne rencontre RIEN de nouveau sous le soleil

James Mattis, général de Marines à la retraite, vient d'être nommé par Donald Trump pour diriger le Pentagone. Celui qu'on appelle le "moine-guerrier" (il n'a jamais été marié) est également un homme d'une grande culture. Sa librairie personnelle comporte plus de 7000 volumes, et il transporte toujours avec lui les Méditations de Marc-Aurèle. En tant que commandant, il envoyait des listes de lecture, obligatoires, à tous ses subalternes, jusqu'à l'homme du rang. Pendant la Guerre en Irak, un collègue lui aurait demandé de parler de l'importance de la lecture pour les officiers militaires qui disent qu'ils sont "trop occupés pour lire". Sa réponse est vite devenue virale dans les cercles militaires et mérite d'être lue, car elle s'applique bien au-delà :

Unknown-81"Le problème avec le fait d'être trop occupé pour lire est qu'on apprend par l'expérience (ou par l'expérience de ses hommes), c'est-à-dire de la manière dure. En lisant, on apprend à travers les expériences des autres, ce qui est en général une meilleure manière de conduire ses affaires, surtout dans notre métier où les conséquences de l'incompétence sont si finales pour de jeunes hommes. 

Grâce à ma lecture, je n'ai jamais été pris de court par aucune situation, jamais sans savoir comment un problème a déjà été abordé (en bien ou en mal) avant. Ca ne me donne pas toutes les réponses, mais c'est une lumière dans un chemin qui est souvent sombre.

Avec la [Task Force] 58, j'avais avec moi le livre de Slim, des livres sur les expériences

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François Fillon et l’histoire, erreur de fait mais demi vérité de fond

Selon Vincent Badré :

Capture d’écran 2016-11-26 à 13.43.29"Fillon se trompe sur le texte des programmes et des manuelsmais il a perçu des tendances bien présentes dans l’enseignement actuel de l’histoire. Les personnages qu’il cite comme Clovis sont pour certains bien présents dans les textes, mais sont relégués dans les programmes de l’école primaire et absents des textes officiels du collège. Il fallait sans doute en être resté aux polémiques sur la préparation des nouveaux programmes qui envisageaient de rendre l’étude des philosophes des Lumières facultative pour penser que Voltaire et Rousseau pourraient avoir disparu des programmes, mais les nouveaux programmes de collège ont supprimé les listes de personnages à connaître pour les remplacer par des problématiques générales. Les manuels et les instructions officielles montrent qu’il est tout à fait possible de parler de Jeanne d’Arc ou de Voltaire et Rousseau à l’intérieur des problématiques des programmes.

Le problème actuel des personnages dans l’enseignement de l’histoire n’est pas qu’ils soient absents mais qu’ils soient le plus souvent présentés bien trop rapidement et de manière dépersonnalisée. Robespierre en trente mots, c’est un peu court ! Contrairement à ce que dit Fillon, les élèves ont bien une idée de notre récit national; (Le récit du commun) les élèves savent que Louis XIV a existé, mais pas vraiment ce qu’il a fait de sa vie et de sa mort.

Sur l’idéologie, François Fillon n’a pas tort quand il dit « qu’on choisit les dates, les périodes, les hommes qui correspondent à l’idéologie qu’on

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“L’histoire sociale de la France ne commence pas avec 1789. Elle commence avec la France et la chrétienté.”

Pour ceux qui n'auraient pas pu regarder en direct la réunion d'hier soir à Caen avec Joseph Thouvenel (vous étiez quand même 9000 à la suivre), vous pouvez retrouver l'intégralité ici (durée 2h environ).

InfoCatho a relevé quelques citations :

"Si capitalisme c’est investir pour faire fructifier le bien commun c’est bien. Si c’est engranger du capital non."

"Le travail du dimanche est d’abord un choix de société. Quelle société voulons-nous ? Transcendance et vivre ensemble ou consommation ?"

"La lutte des classes est un système destructeur. Le courant social chrétien construit différemment"

"La Révolution Française a réussi à mettre en place l’ultra libéralisme  d’où loi Le Chapelier qui tue les corporations."

"L’histoire sociale de la France ne commence pas avec 1789. Elle commence avec la France et la chrétienté."

"Les papes appellent à s’engager dans le syndicalisme parce que c’est un service. Evidemment il faut le rendre tel"

"Il est possible de très bien travailler avec la direction. Le chef d’entreprise est un être humain pas un ennemi."

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La Fifa contre les Nations, l’Histoire et la Tradition

Encore une organisation internationale qui veut imposer des règles absurdes aux nations :

Article-0-070BFFBF000005DC-456_468x375"La guerre est déclarée entre la Fifa et les Fédération anglaises et écossaise de football. L'association basée en Suisse, qui interdit tout message politique, religieux ou commercial sur les maillots des équipes engagées dans ses compétitions, menace les deux fédérations de sanctions si celles-ci maintiennent leur volonté de faire porter aux joueurs des coquelicots («poppy») sur les maillots le 11 novembre prochain en signe d'hommage aux morts de la Grande Guerre, le jour de commémoration de l'Armistice.

Dans les pays du Commonwealth, il est d'usage d'accrocher sur les terrains de sport (mais pas uniquement) ce petit coquelicot de papier en souvenir des morts et des blessés. L'opposition de la Fifa à cette tradition a déclenché l'ire de certains dirigeants d'outre-Manche. Le sélectionneur par intérim de l'équipe nationale d'Angleterre, Gareth Southgate, s'est montré inflexible. «Il s'agit d'une part importante de notre histoire et de notre tradition, un élément qui nous constitue en tant que nation», a commenté l'entraîneur lors d'un point presse. «Je pense qu'il est important que nous arborions le coquelicot car c'est la chose juste à faire quand on représente une nation», a poursuivi Southgate

La Première ministre britannique Theresa May a qualifié la position de la Fifa «de tout à fait scandaleuse», et une pétition contre cette interdiction de porter le «poppy» a réuni plus de 300.000 signatures. La Fédération galloise a quant à elle demandé à la Fifa

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Avocat du FN : “Jean-Marie Le Pen est devenu un point de détail de l’histoire du Front national”

Propos ubuesques entendus mercredi 5 octobre au tribunal de grande instance de Nanterre :

952937-french-far-right-front-national-founder-jean-marie-le-pen-arrives-for-the-verdict-at-the-courthouse-"C’est à son avocat, Frédéric Joachim, et à celui du Front national, Georges Sauveur, qu’il est revenu de tenter de convaincre le tribunal. Voix puissante et formule latine toujours au coin des lèvres, le premier présente son client en victime d’une implacable cabale :

«L’affaire serait une tragédie antique, s’il ne s’agissait d’une personne bien vivante, commence-t-il. On est dans Sophocle, chez les frères Karamazov, ou encore dans ce petit livre amusant : Pourquoi j’ai mangé mon père. En réalité, il s’agit bien d’un parricide : c’est une page de l’histoire de France que l’on veut tourner de force. Car pour la première fois dans l’histoire de France, du monde même, le fondateur d’un parti politique se retrouve exclu comme un malpropre pour des griefs dérisoires, par une procédure qui est un simulacre arbitraire

En réponse, c’est à l’énumération des propos polémiques de Jean-Marie Le Pen que procède Georges Sauveur, l’avocat du Front national, pour mieux souligner les «fautes graves» ayant conduit à son expulsion.

Arton926-51c6c«Ainsi nous serions dans un procès historique ? Je ne le crois pas. Klaus Barbie, Pétain, Nuremberg : en voilà, de vrais procès historiques. A Nuremberg, on a parlé des chambres à gaz, celles que, sur l’autre banc, on considère comme un point de détail de l’histoire de la guerre (…) Mais quand on veut jouer les "vigies" du FN, on ne le dénigre pas, on ne fait pas l’apologie de crimes

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