Archives par étiquette : L’armée

Depuis janvier, l’armée de terre au combat a perdu 3 tués, 79 blessés et une vingtaine de véhicules

Et la menace est de plus en plus forte

"Lors de son audition par les députés de la commission de la Défense, dans le cadre des discussions budgétaires en cours, le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser, a rappelé une évidence (qui ne l’est peut-être pas pour tout le monde) : il n’existe, pour les soldats qu’il commande, « aucune mission calme, ni à l’extérieur, ni sur le territoire national » (…)

Au total, d’après le dernier bilan qu’il a donné pour 2017, 79 soldats français ont été blessés en opération et « plus d’une vingtaine de véhicules » ont été détruits. Ce genre de communication, de la part d’un haut responsable militaire, est plutôt rare. Il fut une époque (notamment pour l’Afghanistan) où il était compliqué d’obtenir de tels chiffres (…)

Au durcissement des modes d’action de l’adversaire, il faut ajouter la « diversification des conflictualités ». Selon chef d’état-major, l’armée de Terre « confrontée à des menaces couvrant tout le spectre des relations de puissance qui, fait important, peuvent se combiner. »

Habituellement, on distingue deux dialectiques : celle du fort au fort (c’est à dire entre puissances, avec tout ce que cela suppose en termes de moyens, d’influence et de stratégie), et celle du fort au faible (avec, a expliqué le CEMAT, des adversaires dissymétriques de second ordre mais capables de se regrouper rapidement, d’utiliser ponctuellement des technologies militaires de pointe et de mener des actions plus conventionnelles).

Le général Bosser en a défini une troisième : celle du « fort

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L’Armée française en crise

Un rapport du Haut comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM) montre que l’armée peine à garder ses soldats en raison des conditions de vie au sein de l’institution. « La fidélisation constitue un défi de première importance » à l’heure où l’armée, mobilisée sur tous les fronts, a d’importants besoins en ressources humaines, relève ce 11e rapport thématique du Haut comité, de 196 pages, intitulé « La fonction militaire dans la société française ».

« Difficulté à concilier vie militaire et vie personnelle, manque de moyens, crainte d’une perte de compétences techniques et tactiques, lassitude face aux difficultés rencontrées en matière de soutien et d’environnement (infrastructure et hébergement) »

Voilà autant de facteurs négatifs  qui pèsent sur les militaires et leur envie de rester dans l’institution, détaille le HCECM. Seuls 65 % des militaires du rang rempilent ainsi dans l’armée de Terre et 58 % dans l’armée de l’Air après un premier contrat (d’une durée de trois à cinq ans en général). Autrement dit, il n'y a pas réellement de "retour sur investissement" après la formation des recrues.

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C'est un peu l'effet boule de neige : à force de couper les crédits, on limite le renouvellement des matériels, mais aussi les périodes d'entraînement et on démotive le personnel. De même, l'opération Sentinelle ne pousse pas les militaires rester dans l'institution… Les militaires s’estiment insuffisamment entraînés faute d’équipements disponibles. 

"Les armées font tout pour qu’en opérations les militaires disposent de tous les moyens nécessaires à la réalisation de leurs

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L’armée syrienne affronte Daesh à Deir ez-Zor

Article d'Antoine de Lacoste pour les lecteurs du Salon Beige :

ImagesEn ce moment, c'est sur l'Euphrate que se déroulent les combats importants en Syrie. Ce long fleuve, qui vient de Turquie et coule en Syrie depuis le nord vers l'est avant de rejoindre l'Irak, a toujours joué un rôle stratégique dans l'histoire de la région, à l'instar du Tigre, son jumeau, situé plus à l'est. Comme il sépare le désert syrien en deux, de nombreuses villes se sont bien sûr développées le long de son cours. C'est là que Daesh a réussi ses conquêtes les plus spectaculaires, notamment à Raqqa, devenue la capitale du "Califat".

Mais une ville résiste héroïquement depuis plusieurs années aux assauts des djihadistes : il s'agit de Deir ez-Zor située au sud-est de Raqqa. L'armée syrienne y a une base aérienne et ses effectifs étaient donc suffisamment importants pour résister un certain temps. De plus les communautés chrétiennes et alaouites y sont conséquentes, et ont permis, par leur engagement, d' appuyer efficacement l'armée.

La situation devenait cependant critique : Daesh avait conquis les deux tiers de la ville et encerclait de façon hermétique le dernier tiers. Plus grave, une offensive islamiste l'hiver dernier avait coupé en deux les positions loyalistes, séparant la base aérienne des quartiers d'habitation.

Les observateurs (notamment ceux qui se sont toujours trompés depuis le début de la guerre) prédisaient une chute prochaine de Deir ez-Zor. Mais elle n'eut pas lieu, car, sachant le sort qui les attendaient, les milices constituées de

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Désastre à Saint-Martin et Saint-Barthélemy : un exemple criant des conséquences des reports de budget dans l’Armée

Lu sur Mer et Marine :

_faa1817"Face au désastre qui a frappé Saint-Martin et Saint-Barthélemy, on ne peut s’empêcher d’évoquer le départ de Martinique, il y a à peine plus de deux mois, du navire qui aurait été probablement le plus utile aujourd’hui. Il s’agit du bâtiment de transport léger (Batral) Dumont d’Urville, qui a fait ses adieux à la base navale de Fort-de-France le 19 juin dernier et est arrivé à Brest le 24 juillet en vue d’y être désarmé.

Mis en service en 1983, le vénérable bateau était spécialement conçu pour la projection de troupes et de matériel dans les territoires ultramarins, avec une coque lui permettant de s’échouer sur une plage afin d’y débarquer hommes et véhicules. Long de 80 mètres, équipé d’une grue pour la manutention de lourdes charges, de petits chalands de débarquement et d’une plateforme hélicoptère, le bâtiment était capable d’embarquer une cargaison de plusieurs centaines de tonnes, dont une douzaine de véhicules. De plus, il effectuait régulièrement des exercices, appelés Cyclonex, dédiés précisément aux interventions en cas de cyclone, avec par conséquent une expertise qui disparait. 

Les anciens Batral de la Marine nationale, dont le Dumont d’Urville était le dernier exemplaire encore opérationnel, offraient une capacité très précieuse dans le cadre d’opérations de débarquement et de soutien logistique outre-mer. Mais elle a aussi, à de multiples reprises, été utilisée pour des missions humanitaires, y compris là où les infrastructures portuaires étaient inutilisables. Après avoir passé le gros de sa carrière en Polynésie, le

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L’armée française tombera-t-elle dans la cuvette fatale dans laquelle est tombée l’armée britannique ?

Unknown-3Le premier discours public du général François Lecointre, le chef d’état-major des armées (CEMA) était très attendu, après la démission du général Pierre de Villiers. Devoir jongler entre des opérations extérieures toujours conséquentes et le renouvellement des matériels qui traîne en longueur nécessite de faire des choix opérationnels. 

Lors du discours qu’il a prononcé lors de l’Université d’été de la Défense, qui se tient à Toulon, le général Lecointre a estimé qu’il

« faudra faire des choix entre la régénération nécessaire de nos armées qui sortent d’années très difficiles de contrainte budgétaire accompagnées par le surengagement » ainsi que des « choix de renouvellement et des choix de modulation de nos engagements. »

« La régénération (…) est indispensable afin que l’armée française reste la première armée d’Europe et ne tombe pas dans le piège, dans la cuvette fatale dans laquelle est tombée l’armée britannique », usée après avoir connue des engagements intenses en Afghanistan et en Irak.

« Qui sait où il faudra que nous soyons capables d’intervenir dans un an ou dans un an et demi. Je crois qu’il est impératif, urgent, important de se redonner de la marge. »

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Mépris envers l’Armée : Emmanuel Macron enfonce le clou

Images-2Longuement interrogé dans Le Point, le Chef de l'Etat est interpellé sur l'inquiétude au sein des Armées, après la démission historique du Chef d'Etat-Major des armées. Il répond :

"Non, il y a eu une tempête dans un verre d'eau car les gens ont perdu le sens de ce qu'est la Ve République et de son fonctionnement."

Et sur la réduction du budget de 850M€ :

"Aucune opération n'a été bloquée pour cela. Aucun de nos soldats n'a eu à en pâtir. On a simplement reporté des commandes de matériel»

Simplement : il y a simplement des soldats qui sont envoyés en opération avec des matériels vieux de 40 ans et plus et qui font simplement la guerre avec, en se demandant quand ils pourront avoir des équipements fonctionnels, adaptés aux missions d'aujourd'hui…

Commentaires (10)

Il n'y aurait pas comme une jalousie vis à vis des militaires…
Tout notre soutien aux militaires et à leurs familles.

Rédigé par : aneto2015 | 31 août 2017 08:12:15
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Au chapitre des économies, on pourrait peut-être "simplement reporter les commandes" de produits de maquillage et de gilets pare-balle pour le président?

Rédigé par : C.B. | 31 août 2017 08:21:48
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Il fallait bien degager des fonds pour des actions de première importance comme créer un poste budgétaire pour la prétendue "première dame", d'ailleurs avec un tel titre existe t'il une seconde?

Rédigé par : Stephe | 31 août 2017 08:28:39
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Ayant fait mon service militaire à la fin des

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L’armée libanaise attaque Daesh

Analyse d'Antoine de Lacoste pour les lecteurs du Salon beige :

Depuis environ trois ans, plusieurs milliers d'islamistes d'Al Nosra (devenu Fatah al Cham) et de Daesh ont trouvé refuge dans les montagnes libanaises le long de la frontière syrienne.

Dans ces zones difficiles d'accès, les djihadistes pouvaient se reposer, s'approvisionner en armes et recruter de nouveaux combattants dans les camps de réfugiés syriens situés à proximité.

Ils n'hésitaient pas également à organiser des raids meurtriers sur la Syrie.

Les combattants libanais du Hezbollah ont lancé fin juillet une vaste offensive contre les positions d'Al Nosra. En effet, libérés des durs combats d'Alep et des environs de Damas, les chiites disposaient des effectifs nécessaires pour mettre fin à la présence plus qu'encombrante des islamistes sunnites sur le sol libanais. La défense d'Al Nosra fut, comme d'habitude, acharnée. Mais, moins nombreux et moins bien armés, ils durent céder. Après d'âpres négociations, les survivants furent autorisés à se retirer vers la zone de refuge habituelle des islamistes : la province d'Idlib située dans le nord-ouest de la Syrie.

L'armée libanaise, sensée être au dessus des divisions confessionnelles, s'était contentée de sécuriser la ville d'Ersal, ultime point d'ancrage des djihadistes. Elle ne pouvait en effet mener une offensive conjointe avec un mouvement exclusivement chiite.

Elle vient à son tour de passer à l'offensive, toujours dans les montagnes proches de la frontière syrienne, mais contre Daesh cette fois.

Enfin ! Il y a bien longtemps que l'on espérait une initiative d'envergure de l'armée contre

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Les effets pervers de l’opération Sentinelle sur l’armée

5 effets pervers :

  1. Une ponction des troupes en opération extérieure
  2. Des formations "hyper-raccourcies" : "Deux mois de 'Sentinelle', une formation, encore deux mois, puis une préparation 'opération extérieure' hyper-raccourcie… On enchaîne, on enchaîne…"  Voilà le quotidien des soldats de l'opération Sentinelle, raconté par l'un d'entre eux dans dans Le Monde. Au-delà de la mobilisation d'un nombre important de militaires, l'opération nuirait aussi à la formation de tous les soldats en rotation.
  3. Un problème d'image qui nuit au recrutement : Les témoignages de jeunes recrues sont frappants. "J’étais hypermotivé en m’engageant, je voulais de l’action, des choses hors du commun comme on le voit dans les campagnes de recrutement, explique un jeune militaire au MondeMaintenant, ces pubs me font bien rire ! On découvre à la télé des matériels superbes ! Nous, on ne les a jamais vus."
  4. Les familles ont le moral en berne. Les enfants ne voient plus leur parent mobilisé, les couples se croisent…
  5. Un risque de voir abandons et désertions multipliés. "Les soldats sont de plus en plus nombreux à ne pas terminer leur contrat, parce qu'ils considèrent qu'ils ne se sont pas engagés pour défiler devant les gares de province, explique le général Vincent Desportes. De moins en moins de Français veulent s'engager, parce que ce qu'on leur propose ne correspond pas à leur motivation."

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Budget de défense : l’Armée doit-elle combattre avec les mains ?

I3323-11Emmanuel Macron a sorti cette phrase incroyable à l'encontre du général Pierre de Villiers :

"Moi j’ai des soldats sur des théâtres d’opérations, des gens qui attendent beaucoup, je les respecte, je leur dois, la protection : l’intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels".

En effet, ce sont les industriels qui vont pâtir des 850M€ en moins dans le budget des Armées, dans la mesure où il semble impossible de ne plus verser les soldes aux militaires ni d’arrêter les opérations en cours, comme Barkhane, Chammal ou Sentinelle. Le plus simple est donc de reporter des commandes, soit en matière d’acquisitions, soit pour le maintien en condition opérationnelle. Le potentiel des armées va donc en souffrir.

Or, cela fait des décennies que les armées souffrent du report de commandes de matériel. Prenons le cas de l'Armée de Terre. C’est en 1976 que le 1er Régiment d’Infanterie accueillait le premier VAB, fruit d’un programme lancé en 1970 par Robert Galley, alors ministre de la Défense. Le ministère de la Défense en commanda 4000 exemplaires. Plus de 40 ans plus tard, les VAB sont encore en service au sein de l’armée de TerreEn mai 2016, de retour du Sahel, NKM avait constaté la vétusté des matériels français :

"Il y a effectivement un problème de matériel. C’est d’abord un problème de quantité. Il n’y a, par exemple, pas assez d’hélicoptères. Lors de mon passage à Madama, dans l’extrême nord du Niger, il n’y en

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