Archives par étiquette : démocratique

John Milbank: Contrairement aux apparences, le Moyen-Âge était peut-être plus démocratique qu’aujourd’hui

John Milbank, théologien chrétien anglican, professeur de religion, politique et éthique à l'université de Nottingham, est interrogé dans Le Figarovox à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage La politique de la vertu avec Adrian Pabst (Desclée de Brouwer, 537p, 24€). Extraits :

Unknown-16"Le libéralisme peut vouloir dire beaucoup de choses. C'est avant tout une erreur anthropologique: l'intuition d'Hobbes et de Locke de construire une théorie politique en partant des individus isolés, détachés de tous liens. L'individu est décrit comme une créature inquiète et désirante faisant preuve de volonté, et non plus comme un être constitué par ses liens aux autres ayant des finalités. Ce libéralisme pense de façon abstraite l'individu en dehors de tout contexte culturel, social ou historique. Il s'agit de déterminer ce qu'un système politique doit nécessairement être, en le déduisant d'un hypothétique état de nature, sans traits culturels. Alors que le libéralisme est souvent associé à l'optimisme, il fait preuve en réalité d'un pessimisme anthropologique radical, même s'il est censé être socialement amélioré par le miracle de la main invisible. Une autre forme d'anthropologie libérale est celle de Rousseau, qui pense lui aussi l'individu isolé de tout comme originellement bon. L'association a tendance à corrompre l'individu, en introduisant la rivalité, l'avidité. Cela implique un différent type d'ingénierie sociale pour produire une société qui minimise la rivalité. Ce sont deux formes de pessimisme: pessimisme au niveau de l'individu jugé intrinsèquement égoïste, ou pessimisme au niveau d'un processus culturel jugé intrinsèquement corrupteur. Dans les deux

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L’hiver démocratique est une urgence silencieuse qui concerne tous les pays européens

Le Conseil de Présidence de la Fédération des Associations familiales catholiques en Europe réuni la semaine dernière à Vienne pour sa réunion de printemps a publié la résolution suivante.

L'hiver démocratique est une urgence silencieuse qui concerne tous les pays européens. Pour cette raison, rassemblés à Vienne pour notre réunion de printemps, nous les Présidents et les délégués du Conseil de Présidence de la Fédération des Associations familiales catholiques en Europe (FAFCE) souhaitons attirer l'attention sur cette situation qui est au cœur de problèmes financiers et sociaux qui doivent être traités. Il n'y a pas le temps d'attendre. Il n'y a plus d'excuses à invoquer. Nous devons agir pour le bien des personnes âgées, les droits de notre jeunesse et le futur de nos enfants.

  • Rappelant la déclaration à l'occasion de son XXe Anniversaire : Les familles sont le trésor de l'Europe et la pierre angulaire du futur (Rome le 31 mai 2017), demandant aux Gouvernements des Etats européens de créer et promouvoir des politiques familiales au niveau national et de promouvoir des politiques favorable à la famille au niveau européen tout en respectant le principe de subsidiarité;
  • Considérant la résolution du Parlement européen du 4 juillet 2017 sur les normes européennes pour le XXIe siècle (2016/2274 (INI)) soulignant la nécessité de prendre en compte le vieillissement démocratique de l'Europe;
  • Considérant le pronostic démographique pour l'Union européenne (Décembre 2017) qui reconnait que l'Europe vieillit de manière dramatique ;
  • Considérant le document de politique publié par la Fondation Schuman sur

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Macron, un immense mensonge et une imposture démocratique

Charles Sannat pose les bonnes questions:

Mao Tsé-Cron veut faire croire qu’il est de gauche. Lui, le banquier d’affaires (il n’y a aucune honte à cela d’ailleurs) qui aime les beaux costards n’est pas plus de gauche que Gattaz, le patron du Medef ! Ne pas être de gauche n’est pas un crime ! Mentir est autre chose.

Mao Tsé-Cron veut nous faire croire qu’il est le candidat de l’antisystème alors qu’il ne semble être que le nervi d’un système économico-financier aux liens troubles et opaques.

Mao Tsé-Cron veut faire sa grande marche, nous faire rentrer dans son espérance, mais comme à chaque fois, il faut se poser les bonnes questions.

Qui soutient Macron ?

Pourquoi ces personnes-là soutiennent Macron ?

Qui finance Macron ?

Pourquoi ces personnes-là financent-elles Macron ?

Comment Macron, qui ne représente rien, peut-il avoir une telle couverture médiatique ? Comment ses temps de parole vont-ils être comptabilisés par le CSA ? Sur quelle base électorale ? Va-t-il simplement obtenir un temps de parole sur la base de sondages montés au cric de la propagande médiatique de masse ?

Avez-vous sous les yeux l’émergence d’un sauveur de façon démocratique ou assistez-vous au contraire, sans doute aussi médusé que moi, à la fabrication de toutes pièces d’un candidat dont on forge une histoire et une légende sur mesure pour lui faire jouer et tenir un rôle au costume, certes très beau et comme il les affectionne, mais bien trop grand pour lui ?

et le reste de son article apporte

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Gabon : l’impératif démocratique vient de déstabiliser un nouveau pays d’Afrique

L'analyse de Bernard Lugan sur son blog de l'Afrique réelle :

Sans-titre"Vaste de 267 000 km2, le Gabon est peuplé par moins de deux millions d’habitants divisés en une multitude de tribus qu’il est possible de rattacher à huit principaux groupes linguistiques eux-mêmes subdivisés tout en étant régulièrement entrecroisés. Il s’agit  des Fang  32%, des Mpongwe 15%, des Mbédé 14%, des Myéné 10%, des Shira-Punu 12%, des Kota, des Tsogo, des Njabi et des Bété qui totalisent environ 90% de la population du pays. Ce désert humain recèle des richesses pétrolières. Depuis 1967, elles profitent au clan présidentiel gravitant autour de la famille Bongo, d’origine téké (Batéké), une des plus petites ethnies du pays.

Lors des élections présidentielles du 27 août dernier, le président sortant, Ali Bongo Ondimba né en 1959 et qui avait succédé à son père en 2009, avait face à lui Jean Ping Okoka, né en 1942. Ce dernier, ancien haut fonctionnaire de l’ONU et de l’Union africaine est de père chinois et de mère Nkomi-Myéné de la région de Lambaréné. C’est un vieux cheval de retour pur produit du clan Bongo puisqu’il fut ministre d’Omar Bongo durant 18 ans, de 1990 à 2008, tout en étant le compagnon de sa fille Pascaline Bongo avec laquelle il eut 2 enfants. Or, paradoxalement, toute sa campagne qui fut d’une grande violence de ton et d’une rare vulgarité, fut orientée sur deux thèmes :

– La dénonciation du clan qu’il a si longtemps servi et grâce auquel il a

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La méthode Sarkozy pour ne pas respecter un vote démocratique fait des émules

Visiblement la méthode Sarkozy pour annuler un référendum donne des espoirs aux mauvais perdants que sont les eurocrates :

"Le Monde explore les pistes apparues sur la question, qui donnent un espoir aux partisans d’un maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne (UE) (…)
 
Pour que ce retrait soit effectif, le pays qui souhaite quitter l’UE doit d’abord notifier sa décision au Conseil européen. S’ouvre alors une période de négociation qui doit déboucher sur un accord régissant les futures relations entre l’Etat membre et l’Union européenne. Si la concertation échoue, la sortie de l’UE est actée deux ans après la notification de retrait – un délai qui peut être prolongé avec l’approbation de tous les Etats membres.
 
En résumé, un vrai compte à rebours sera déclenché au moment où Londres va, pour de bon, appuyer sur le bouton « out ». D’où la volonté des autorités britanniques de gagner du temps. Le premier ministre David Cameron, qui a annoncé qu’il quitterait son poste à l’automne, a laissé à son successeur le soin d’activer l’article 50 (…)
 
« Quel que soit le premier ministre en charge, je crois qu’il ne sera pas assez stupide pour appuyer sur le bouton », résumait dimanche, auprès du Monde, un diplomate bruxellois (…)
 
Un coup de théâtre est-il à envisager durant cette période ? Un diplomate bruxellois interrogé par Le Monde se prend à espérer : « Avec le temps, les “Brexiters” vont se rendre compte de l’erreur qu’ils ont faite, et le référendum

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“Il n’y a pas d’islam démocratique, y compris en Allemagne”

Toute la bien-pensance leur tombe dessus :

"Le parti populiste allemand Alternative für Deutschland (AfD) a créé la polémique en estimant que l'islam n'était pas compatible avec la Constitution allemande, suscitant lundi critiques nationales et européennes.

"L'islam est en soi une idéologie politique qui n'est pas compatible avec la loi fondamentale", a déclaré dimanche dans le journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, Beatrix von Storch, une des responsables du parti (…) Et plusieurs autres responsables de l'AfD ont multiplié ce week-end les déclarations concernant l'islam.

"Il n'y a pas d'islam démocratique, y compris en Allemagne", a par exemple affirmé Alexander Gauland, un autre responsable du parti, dans un autre journal, qualifiant l'islam de "corps étranger".

Interrogé lundi à propos de ces déclarations, le porte-parole d'Angela Merkel, Steffen Seibert, a souligné que la chancelière avait "à maintes reprises" affirmé que l'islam appartenait "indubitablement à l'Allemagne". Il a par ailleurs rappelé que la loi fondamentale allemande garantissait "la liberté de croyance et de conscience" ainsi que le droit de pratiquer sa religion.

Dans un communiqué, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland, a estimé que les déclarations de l'AfD étaient "contraires aux valeurs européennes, valeurs que l'Allemagne, en tant que membre fondateur du Conseil de l'Europe, a toujours soutenues avec force". "S'il est juste et nécessaire d'avoir un débat sur des questions importantes comme l'intégration et l'éducation, dépeindre l'islam comme une menace pour notre société n'est pas bon et blesse des millions d'Européens musulmans", a-t-il

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La Russie est un pays plus démocratique que la France

Extrait d'une longue interview accordée par Yvan Blot à propos de la sortie de son livre "La Russie de Poutine" préfacé par Philippe de Villiers :

Livre-Yvan-Blot" (…) Les médias occidentaux se placent dans le cadre d’un courant qui consiste à vouloir créer artificiellement une opposition entre la Russie et l’Europe, cela pour le seul avantage des États-Unis. Cela correspond à la doctrine Brzezinski, qui souhaite depuis plusieurs années couper la Russie de l’Europe le plus possible. Les médias sont souvent dans cette ligne.J’ai une expérience de la Russie depuis de nombreuses années. Je me suis occupé de la Russie quand j’étais au Parlement européen et, depuis trois ans, je fais beaucoup de coopération avec la Russie et je travaille avec deux clubs de réflexion russes en science politique. J’ai voulu casser un certain nombre de mythes sur la Russie, avec des expériences vécues ou des éléments statistiques difficiles à contester, notamment en provenance de la Banque Mondiale. J’ai voulu m’attaquer à quelques mythes.

Le premier, c’est que la Russie serait intrinsèquement un pays d’agresseurs, ceci pendant toute son histoire : or, mon sentiment est que la Russie a plutôt été l’agressée ! C’est un pays qui a été envahi par les Mongols, par les Suédois, par les chevaliers teutoniques, les Polonais, Napoléon et, pour finir, Hitler. Ils ont toujours fini par triompher. Donc, pour moi, c’est un peuple de résistants, beaucoup plus que d’agresseurs.

Le deuxième mythe – c’est celui qui surprendra le plus – c’est qu’à

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De Le Pen à Trump : l’illusion démocratique

Un billet de Stéphanie Bignon sur Terre et Famille :

Hqdefault"Républicains, Démocrates ou Trump… Républicains, socialistes ou Le Pen… Quelle étrange gémellité entre le contexte électoral nord-américain et français ! Les campagnes seraient elles organisées par les mêmes agences de communication de part et d’autre de l’Atlantique ?

Le peuple américain réagit fortement face à son expropriation par les grandes banques, de tous les domaines économique, politique, culturel…. Il faut donc lui donner un os à ronger, lui donner l’impression qu’il existe encore à travers la contestation portée par Trump. Le côté brutal et exubérant du candidat new yorkais permet aussi de discrédité les contestataires et de mépriser leur message. Abcès de fixation, identification et repérage, contrôle et manipulation, voilà qui est savamment mis au point par des professionnels de la « com. » au service des grands architectes du monde post moderne. Admirable et détestable mécanique destinée à guider le peuple sans qu’il ne s’en étonne.

Sans-titreQui peut encore croire que le résultat de ses élections américaines ou françaises soient l’expression de notre liberté ? Voter pour les grands partis ou pour la contestation nous donne l’illusion du choix et notre participation à cette supercherie régénère le système. De plus, en pratiquant le vote réactionnaire, nous procurons un point dur contre lequel cette nébuleuse molle peut grandir… c’est un comble !

Par ailleurs, accepter l’idée de voter pour le « moins mauvais candidat », c’est accepter d’agir à contre cœur, c’est accepter librement la servitude.

Dans un système totalitaire, simplement brutal, la liberté nous

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Une alliance des souverainistes de droite et de gauche est une illusion démocratique !

Excellente réflexion de François Teutsch à propos de la proposition de Jean-Pierre Chevènement de former un vaste rassemblement souverainiste allant « du Front de gauche à Dupont-Aignan » :

"L’idée peut paraître séduisante. Elle se heurte à un certain nombre de difficultés.

Souverainiste, Chevènement l’a toujours été. Farouche partisan du « non » aux traités européens, favorable à une politique monétaire permettant l’évolution du taux de change, il n’a jamais ménagé ses critiques à l’encontre du monstre bruxellois (…) Ce qui rassemble Nicolas Dupont-Aignan, Christian Vanneste, Jacques Myard, Jean-Pierre Chevènement ou Jean-Luc Mélenchon, c’est un rejet commun de la technostructure européenne qui étouffe nos libertés et nous impose le dogme de la concurrence pure et parfaite, du libre-échange en toutes choses, de la financiarisation de l’économie.

Il manque une personne à cette liste : Marine Le Pen. Elle aussi partage cette détestation. Mais le « Che » ne semble pas le savoir. Pourtant, Florian Philippot vient du MRC, même si son ancien patron affirme ne pas s’en souvenir. Premier obstacle : l’oubli du premier parti, et sûrement du premier parti souverainiste de France.

Second obstacle : on ne fait pas une politique uniquement sur un rejet commun. Certes, cela peut constituer une intéressante base de travail. Mais après ? Une telle coalition ne durera que le temps des cerises. Car si Chevènement n’est pas dépourvu de qualités, si ses propos ont souvent été frappés au coin du bon sens – notamment comme ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin, en

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