Archives par étiquette : cliquet

Simone Veil incarne par excellence la théorie du cliquet

Yves-Marie Adeline, auteur de La Droite piégée, puis de La Droite impossible, a théorisé le phénomène politique du cliquet qui trouve une illustration exemplaire dans la loi sur l'avortement défendue par Simone Veil. Il répond à L'Homme Nouveau :

Unknown-12"La mort récente de Simone Veil a suscité beaucoup de réactions. Étrangement, même du côté des défenseurs de la vie, certains lui ont rendu hommage, ne percevant visiblement pas le côté fondateur de la Loi Veil. Celle-ci n’incarne-t-elle pas, par excellence, ce que vous avez théorisé sous le nom de « théorie du cliquet » ?

Si, elle l’incarne. Quand Simone Veil a présenté cette loi, c’était avec de grandes précautions oratoires, jurant qu’elle était moralement contre mais que c’était pour venir en aide aux femmes en détresse. Je ne dis pas qu’elle n’était pas sincère, d’ailleurs à cette époque, les jeunes mères célibataires – qu’on appelait alors avec mépris les « filles-mères » – étaient recueillies dans des « maisons maternelles » où elles étaient indignement traitées comme des filles perdues, de mauvaise vie, coupables d’avoir accepté les avances d’un homme.

C’était une œuvre de justice que de chercher à soulager leur détresse : une meilleure reconnaissance de la maternité célibataire ; des allocations à parent isolé ; un effritement progressif des préjugés anciens contre les bâtards – notons que ce mépris du bâtard n’a pas toujours existé, il était mieux reconnu dans la société médiévale qu’aux temps modernes – la prescription de moyens contraceptifs… Puis, par effet d’entraînement, sont venues la dépénalisation d’abord, la libéralisation ensuite –

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Délit d’entrave à l’avortement : une occasion pour la droite d’en finir avec l’effet cliquet

Suite au vote par le sénat du délit d'entrave "par tous les moyens" de l'avortement, Thibaud Collin s'interroge dans le Figarovox :

"François Fillon ayant mis les libertés au cœur de son projet, peut-on espérer qu'il s'engage dès maintenant à abroger cette loi inique s'il est élu à la présidence de la République? La question mérite d'être posée tant le parti dont il vient de prendre la tête nous a habitué à un triste scénario: effets oratoires et guerre d'amendements contre une loi déclarée injuste suivis, une fois revenu aux affaires, d'une lâche génuflexion devant le soi-disant sens de l'histoire. Conservateurs dans l'opposition, progressistes au pouvoir. Cette incohérence intellectuelle n'est pas pour rien dans le discrédit des partis dits de gouvernement. On peut espérer que François Fillon en a pris conscience et qu'il est prêt à transgresser enfin cette loi implicite que toute réforme sociétale devienne inéluctablement objet d'un consensus. Ce serait une belle manière de signifier à la Gauche que son monopole métapolitique est fini."

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La droite prisonnière de l’effet cliquet

Communiqué de Barbara Mazières, Présidente du CERCLE ANJOU CONFERENCES, suite à la réunion de sens commun hier soir à THORIGNE d'ANJOU :

Sens commun3"Madeleine de Jessey essaie de convaincre les 75 personnes présentes qu'il faut voter Fillon car c'est une stratégie (le levain dans la pâte nous dit elle). Personnellement je ne comprends pas cette stratégie de l'étouffement des hommes de droite, catholiques bien pensants, qui ruine la France depuis 40 ans au moins.

A chaque fois c'est la même histoire, la gauche veut passer une loi sociétale délétère, on manifeste contre (mais pas trop quand même, il faut rester propre sur soi) et puis une fois la loi votée on abandonne le combat en se justifiant de tenter de sauver la suite.

Cet effet cliquet nous a amené où nous sommes aujourd'hui.

Il faut un homme, ou une femme, courageux pour abroger une loi. La loi Taubira pourrait être le premier symbole, par son abrogation, de la reconquête de nos valeurs et le début de la victoire de la civilisation sur l'esprit de mai 68.

Ce soir Mme de Jessey et M. Roch Brancour nous ont convaincu que ce n'était pas avec Sens Commun que nous gagnerons la bataille.

Libérons nos convictions, votons massivement Jean-Frédéric Poisson à la primaire de la droite et venons manifester en nombre le 16 octobre pour l'abrogation de la loi Taubira."

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Bachelot : “Ces lois sociétales ont un effet cliquet, on ne reviendra jamais dessus”

Interrogée par 20 minutes, Roselyne Bachelot revient sur son combat en faveur du Pacs (et des lois sociétales qui en sont découlées). Quelques extraits :

"J’ai fait partie d‘un petit groupe de personnes qui, dans les années 1990, dans l’indifférence et l’hostilité générale à droite comme à gauche, militait pour ce contrat ouvert aux couples homosexuels.[…]

Ça a été difficile, mais je dois reconnaître que mon parti n’a jamais exercé de pression sur moi. Philippe Seguin, alors président du RPR, me disait «Bats-toi jusqu’au bout!» […]Cette bataille des idées, je l’ai finalement gagnée, y compris dans ma famille politique.[…]

Oui ça a été d’une violence extrême. En particulier dans ma circonscription [Maine-et-Loire], j’ai été traduite devant un véritable tribunal populaire de militants. On m’a dit: «tu n’as pas à avoir d’opinions personnelles! Tu dois être l’expression du groupe». Les militants appelaient à ma démission, déchiraient leur carte du parti. J’ai été convoquée par l’évêque d’Angers pour me faire la morale. Il est bien tombé, le garçon! […]

On a aussi fait évoluer les esprits. La société était plus en avance que les députés qui siégeaient au parlement. Les premiers sondages parus après le vote montraient cette évolution, même à droite. Quelques mois plus tard, Nicolas Sarkozy a reconnu avoir fait une erreur à propos du Pacs lors des universités d’été des jeunes RPR.[…]

Oui, on voit déjà les choses évoluer [au sujet du "mariage" homosexuel – NDMB]. Il y a aura plusieurs dizaines de milliers de mariages d’ici 2017.[…] Ces lois sociétales

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