Bannière Salon Beige

Partager cet article

Pays : International

Syrie : “La meilleure voie pour nous soutenir, c’est de nous aider à pouvoir rester”

Sa Béatitude le patriarche syriaque orthodoxe Ignace Ephrem II Karim témoigne à l’AED :

AphremIIMay2014-214x300« En Syrie, la guerre n’existait pas entre chrétiens et musulmans. Nous sommes aujourd’hui en présence de terroristes majoritairement étrangers, qui viennent ici pour combattre dans le djihad. Certes, il existe entre-temps aussi des Syriens qui se sont ralliés à l’idéologie djihadiste. Mais ses idées viennent de l’extérieur, surtout d’Arabie Saoudite et du wahhabisme de ce pays. C’est pourquoi je ne considère pas que la réconciliation entre les Syriens de différentes confessions soit le problème. Cette réconciliation est possible. Car de fait, malgré maintes difficultés, également avant la guerre, nous avons vécu ensemble dans la paix en Syrie. C’était la Syrie que nous connaissions. »

« Si nous autres Syriens pouvions régler les affaires entre nous, je pense qu’il n’y aurait pas de problème. Mais nous ne sommes pas naïfs. Les difficultés d’une solution politique du conflit résident dans le fait que des intérêts autant régionaux qu’internationaux se heurtent en Syrie. C’est ce qui rend les choses aussi compliquées. » 

Environ 40% des chrétiens de Syrie ont quitté leur patrie :

« Je ne me fais pas d’illusions. La plupart d’entre eux ne reviendront pas. Si ça continue comme ça, nous, les chrétiens, disparaîtrons de Syrie, comme nous avons presque entièrement disparu de Turquie et d’Irak. » « La meilleure voie pour nous soutenir, c’est de nous aider à pouvoir rester ici, dans notre patrie. Émigrer en Occident n’est pas une solution. Ce n’est pas une bonne expérience que d’être un réfugié en Europe. Sur le plan culturel, on est déraciné. Ce n’est bon ni pour les réfugiés ni pour les sociétés qui les accueillent. » « Pour l’Europe, ce serait beaucoup moins cher d’aider nos gens à rester en Syrie ou à vivre provisoirement au Liban ou autre part. Il est important d’appuyer les projets de l’Église sur place. Nous sommes très reconnaissants à l’AED d’opter pour cette voie et d’aider la population sur place. J’espère que plus d’organisations encore suivront cet exemple. »

Partager cet article