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L'Eglise : Le Vatican

Synode : le document préliminaire fortement critiqué en Assemblée générale

Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, Consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour le monde de la santé, et Expert auprès du Synode sur la Famille, répond à Zénit, à propos du rapport intermédiaire sur le synode. Extraits :

"Le document préliminaire faisant la synthèse des travaux de la première semaine va être soumis aux discussions en carrefours linguistiques. Pour l’instant, il a été fortement critiqué lors de sa présentation en Assemblée générale et il ne fait pas l’unanimité des Pères. Il n’est pas assez fondé sur l’Ecriture et apparaît comme un discours sociologisant. Trop de confusions et de complaisances ne rendent pas compte de l’Enseignement de l’Église et de la pensée des Pères synodaux. Il a été demandé de revoir le texte dans sa structure et en ce qui concerne l’admission des divorcés remariés aux sacrements et l’homosexualité. Il a été jugé trop simpliste de laisser entendre que les unions de fait seraient un chemin possible de vie de couple (une façon d’accepter l’adultère ont dit certains Pères) et d’affirmer que « les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne ». Le texte fait l’impasse ici sur une forme de sexualité que l’Église ne peut pas reconnaître et encore moins la présence d’enfants dans ce type de situation. Autrement dit, il ne faut pas confondre la personne homosexuelle et l’homosexualité qui ne représente aucune valeur sociale et encore moins une richesse pour l’Eglise. Il en va de même avec le concubinage même si c’est insuffisant de dire que pour certains il finit par un mariage. Il est indispensable de mentionner en premier le sens du mariage chrétien et de la famille tel qu’il a été souligné par les témoignages des laïcs présents au Synode.

Est-il vrai que des cardinaux s’opposent au Pape ?

Il n’y a pas d’opposition au Pape, dans la mesure où le Saint-Père ne fait qu’écouter, ne parle pas et ne donne aucun signe d’approbation ou de réprobation dans un sens ou un autre. Si à un moment précis, Le Saint-Père a évoqué la question des divorcés remariés qui n’ont pas accès aux sacrements, il n’a pas non plus donné de lignes directrices auxquelles le Synode doive aboutir. Il a simplement, au début des travaux, appelé les Pères du Synode à parler librement. Il reste donc très discret et très accueillant envers les uns et les autres. Nous pouvons nous adresser à lui pendant les temps de pause, partager un café et un sandwich, lui exprimer une interrogation en toute simplicité. Il est ainsi présent à tous nos travaux et il lui reviendra, après avoir entendu tous les Pères, et après le Synode ordinaire de 2015, de préparer, de rédiger et de publier une exhortation post-synodale sur la Famille. Bref, il y a une détermination de tous à se consacrer à la Nouvelle Évangélisation dans le cadre de la Famille. Le texte final de ce Synode, revu et corrigé, sera soumis au vote d’Assemblée le samedi 18 octobre 2014.

La question des divorcés remariés n’est-elle pas au centre des débats ?

Si la question a été reprise plusieurs fois, elle n’est pas le sujet central du Synode sur la Famille, car il s’agit avant tout d’une question sacramentelle qui concerne le rapport indissoluble entre le sacrement de mariage et l’eucharistie. Là encore, les médias, et souvent des médias catholiques, réduisent le Synode à cette seule question. Ils suscitent des attentes qui risquent d’être déçues. Nous sommes là dans un conditionnement qui dessert la vérité du sens du mariage avec laquelle l’Église ne peut pas tricher à moins de trahir le Christ. […]

Les évêques africains apparaissent sages et déterminés dans leur questionnement ?

Oui, ils sortent les pays occidentaux de leur paresse spirituelle. De nombreux pays africains refusent cet arsenal et ils le condamnent. Ils disent avec raison : « Les pays occidentaux et les agences de l’ONU veulent profiter de notre misère, du dépouillement de nos ressources pour nous tuer ». À cela s’ajoute la volonté idéologique et politique de redéfinir le couple, le mariage et la parenté à partir de l’homosexualité qui n’a rien à voir avec la vie conjugale et familiale. Les législateurs créent des confusions en imposant dans la loi civile la légitimité des orientations sexuelles au détriment de la relation fondée entre un homme et une femme qui eux, et eux seuls, assurent le lien social et la transmission. […]

Le chantier de la famille est immense, alors, comment interpréter cette réduction du Synode à la question des divorcés remariés ?

C’est la question symptomatique de l’époque actuelle de revendications subjectives vécues comme un droit. On ne s’inquiète pas du sens du mariage comme lien indissoluble mais conçu comme un contrat « jetable » selon l’expression du Pape François. Et ce symptôme de la déliaison est devenu un emblème de la presse catholique qui se répercute sur d’autres médias. Pourtant, il s’agit d’aller au-delà du symptôme et de savoir identifier ce qui se passe dans ces ruptures et comment l’éducation peut mieux préparer les jeunes.

D’autre part, l’autre objectif du Synode serait de savoir comment rendre possible l’accession aux sacrements pour des personnes qui sont dans des situations particulières ? Or, pour les Pères du Synode, la demande n’est pas si massive qu’on veut bien le faire entendre et la plupart de ces personnes n’ont pas toujours une pratique religieuse, à l’inverse d’autres qui, tout en sachant qu’elles ne peuvent ni recevoir le sacrement de la Réconciliation, ni celui de l’Eucharistie et ne peuvent pas avoir certaines responsabilités pastorales, participent tous les dimanches à la messe de leur paroisse. Au moment de la communion, elles se présentent devant le prêtre et sollicitent sa bénédiction en repliant leurs bras en croix sur leur poitrine. Le signe est compris et le prêtre les bénit en traçant sur leur front la Croix du Christ. Bref la communion eucharistique n’est pas un droit et ne peut être donnée sous n’importe quelles conditions.

D’ailleurs d’autres catholiques devraient être davantage conscients de savoir s’ils sont ou pas en état de grâce pour communier et, dans le cas contraire, recevoir le sacrement de la Réconciliation. Il y a aujourd’hui un déplacement du sens de la communion eucharistique : ce n’est pas tant au Christ que certains communient mais pour montrer leur communion à la communauté « hic et nunc ». Ce qui est une forme de psychologisation et de moralisation païennes de ce sacrement. D’où l’idée incongrue de se croire exclu de l’Église si l’on ne peut pas communier sacramentellement. […]

Le Synode a-t-il parlé d’une « bénédiction » pour des « mariages » homosexuels ?

Les Pères n’ont pas abordé la question sous cet angle et le texte préliminaire ne reflète pas du tout la pensée des Pères synodaux. Il a été rappelé que l’on commet une erreur en mettant sur le même plan un couple formé par un homme et une femme, et un duo de personnes de même sexe. Ces derniers ne sont pas dans la logique de l’amour et de la vie conjugale et familiale. On ne peut donc en aucun cas « bénir » ce type de relation, ni reconnaître cette forme de sexualité, et encore moins confier des responsabilités pastorales dans le cadre de ce mode de vie. En revanche, l’accueil et l’accompagnement des personnes individuelles sont toujours privilégiés, mais pas en duo (le couple homosexuel n’existe pas), ni dans le cadre d’associations qui parfois se présentent comme « catholiques » alors qu’elles promeuvent un discours et un mode de vie en contradiction avec l’Enseignement de l’Église. Elles incitent l’Église à vouloir changer les mots et à réécrire le Catéchisme dans un sens plus neutre à l’égard de l’homosexualité. C’est la même stratégie – qui a été adoptée dans la société civile en réécrivant le code civil – que l’on veut appliquer à l’Eglise. Soyons alertés et vigilants face à ce nouveau terrorisme du langage qui veut changer les mots pour ne plus désigner ce qui est. Il y a ainsi un grave problème épistémologique, un virus de l’intelligence, qui empêche de penser en vérité. Une façon d’édulcorer la problématique.

Autrement dit, les personnes qui ont des attractions pour le même et le semblable ont à vivre et à assumer leur existence, comme tous chrétiens, selon les exigences de leur baptême. C’est en ce sens que le Pape François avait dit : Si une personne homosexuelle cherche le Seigneur, qui suis-je pour la juger ? C’est-à-dire, si cette personne est fidèle à sa foi et aux conséquences morales qu’elles impliquent, elle évite de se mettre dans des situations et des comportements contraires à la vie chrétienne, dans ce cas, moi, je ne suis pas juge de son destin au regard de Dieu. Pour vivre en chrétien, nous sommes tous appelés à nous convertir. Tel est chemin de la sainteté puisé aux sources du baptême. […]"

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