Suppression du mot race de la Constitution : "Aux frontières du ridicule"

Extrait d'une tribune de Denis Tillinac dans Valeurs Actuelles : 

"L’intention de Hollande d’effacer le mot “race” de l’article premier de notre Constitution annonce la couleur de son éventuel quinquennat : pleins pouvoirs à la police du langage. Par l’effet d’une thérapie de facture magique, le racisme est censé disparaître quand le mot race aura été mis hors jeu.

En bonne logique, il faudra aussi éconduire du même article les mots “origine” et “religion”, qui trahissent eux aussi une altérité suspecte. Moyennant quoi un Français de souche peule et de confession musulmane ne se distinguera plus en rien d’un compatriote catholique dont la famille est venue de Pologne, ils seront pour ainsi dire acculés à nier leurs racines. À la limite, Hollande devrait proposer que le mot “dette” n’ait plus droit de cité dans l’espace public des débats. Mais quand les bornes sont franchies, disait le sapeur Camember, il n’y a plus de limites – et avec cette trouvaille ubuesque, que Lévy-Bruhl en son temps eût qualifiée de « prélogique », les frontières du ridicule sont abolies (…)"

5 réflexions au sujet de « Suppression du mot race de la Constitution : "Aux frontières du ridicule" »

Laisser un commentaire