Société, social, socialo

Un peu de vocabulaire sénatorial : JM Baylet, sénateur radical de gauche, vient d'expliquer qu'il fallait
refuser la motion référendaire de l'UMP contre la loi Taubira, parce qu'il s'agissait "d'une
question de société et non d'une question sociale
".

Selon le Larousse, est social ce "qui se rapporte à une société, à une collectivité humaine considérée comme une entité propre".

Le déni de réalité passe par la réécriture de la langue française. La redéfinition des mots c'est maintenant.

18 réflexions au sujet de « Société, social, socialo »

  1. C.B.

    JM Baylet, sénateur radical de gauche, dispose certainement d’un accès à internet. Il devrait consulter http://www.cnrtl.fr/definition/social (le Centre National de Ressources Textuelles et Linguistiques fait autorité). Il y constaterait que
    A-1. Relatif à la vie des hommes en société.
    ([En parlant de pers.] Qui se caractérise par le fait de vivre en société.)
    A-2. Relatif à la vie mondaine.
    A-3. P. anal.
    a) [En parlant d’animaux] Qui vivent en communauté suivant des règles strictes.
    b) [En parlant de végétaux] ,,Se dit d’une espèce dont les individus vivent au voisinage immédiat les uns des autres en formant une colonie ou un peuplement dense“
    B-1. (…) De la société; relatif à la société.
    (en particulier: Corps social. Ensemble des individus qui composent la société. )
    et ça continue avec d’autres nuances et exemples.
    Ce docte personnage serait bien venu de nous préciser la différence qu’il fait entre ” question de société” et “question sociale”. Un journaliste aura-t-il le courage de lui poser la question?

  2. Étienne

    C’était le même argument pour expliquer qu’un référendum n’est pas possible…
    Je vais de se pas appeler mon sénateur qui, ancien prof de français, saura m’expliquer (en plus il renvoie à tout le monde le même texte, «Madame, Monsieur», même pas mis à jour à propos du processus législatif… pour expliquer qu’il est pour l’égalité)

  3. Jo

    A quoi sert l’Académie française lorsque des ignares qui prétendent rénover la manière de vivre de tout un pays ne connaissent même pas le sens des mots ? C’est vrai que pour Taubira, Bertinotti, Belkacem…. père ou mère ne veut rien dire, il vaut mieux parent1, parent2 !

  4. Curmudgeon

    Ce que dit Baylet se défend. Dans l’usage courant, dans les médias, chez les politiques, le “social”, c’est, par exemple, les “luttes” syndicales, etc. Or ici : “C’est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation” (Mme Taubira). On a basculé dans tout autre chose. Quelque chose de “civilisationnel”. On a bien été prévenus. Il ne faudra pas dire qu’on ne savait pas.

  5. suffit

    a part fabius ( qui n’est pas ma tasse de thé!) aucun des ministres n’est capable de parler 3 phrases sans faute de français…. et les femmes sont championnes !!! on se demande parfois si elles n’ont pas été choisies pour leur “”iléttrisme ”

  6. RL

    Officiellement, c’est l’Academie française qui statue sur la langue française, pas le Larousse. Son dictionnaire en ligne est encore plus clair : “qui concerne la société” (Definition de 1935, le dictionnaire actuel s’arretant a la lettre R. Le mot societal n’existe pas.
    Intéressante, d’ailleurs, leur définition du socialisme : qui subordonne les interets de l’individu a ceux de l’Etat. Tout est dit. Aurons-nous la même dans l’édition 2013 ?

  7. François 75003

    Il y a de meilleurs arguments que le dictionnaire pour justifier l’inclusion des débats de société dans le champ du social. En effet, le rapport de la commission des lois de l’AN sur la réforme constitutionnelle de 2008 indique expressément (p. 461) que les “débats de société” font partie des domaines “économique, social et environnemental” mentionnés par la Constitution. Même si cette partie du rapport concerne le droit de saisine du CESE, peu importe, puisque les domaines dans lesquels le CESE est susceptible d’être saisi sont exactement les mêmes que ceux pouvant donner lieu à référendum aux termes de la Constitution.
    Le Président du CESE n’a d’ailleurs pas retenu cet argument opposé par le Gouvernement à sa saisine (d’une exclusion de ce projet de loi de son champ de compétences) mais l’a déclaré irrecevable pour un autre motif. Plusieurs juristes y avaient également trouvé confirmation que le projet de loi entrait bien dans le champ du “social” donc du référendum.
    Malheureusement cette argumentation juridique semble avoir été omise au cours des débats au Sénat (tout au moins dans toutes les interventions que j’ai visionnées). J’ai bien essayé d’alerter sur ce point, en voyant l’aplomb avec lequel la majorité a continué de soutenir cette position, mais je n’ai pas d’accès direct auprès des Sénateurs. Cela me paraissait pourtant très important.

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