Situation explosive à Mayotte… et à Versailles ?

Des groupes d'habitants délogent les étrangers sous le regard des gendarmes impuissants :

"Violente, la scène se répète dans divers villages du même département français depuis janvier. Une foule de plusieurs dizaines d’habitants se dirige vers des habitations de fortune occupées par des immigrés. Ils sont très déterminés. Ils tapent sur des casseroles, chantent, puis ils chassent les occupants, qui se retrouvent brutalement à la rue. Ils détruisent certaines habitations, brûlent des affaires qu’ils trouvent. Ils menacent ceux qui s’opposent à leur action, voire les journalistes présents. Ils distribuent des tracts justifiant leur action, qui accusent les sans-papiers d’être responsables de tous les maux du département : délinquance, chômage (36%), surcharge dans les écoles, dégradation des services de santé…

Ce département, c’est Mayotte, île située à mi-chemin entre l'Afrique et Madagascar, 230.000 habitants, dont 40% d’étrangers, un territoire français qui vit sous la forte pression migratoire des trois îles des Comores indépendantes voisines. […]

Cette chasse à l’étranger a commencé en janvier dans le village de Tsimkoura. Un collectif d’habitants de ce village a écrit à des propriétaires, avec copie à la maire de la commune et à la gendarmerie, pour les sommer d’expulser les sans-papiers qu'ils hébergeaient avant le 10 janvier. "Passé ce délai, les habitants prendront les mesures nécessaires pour remédier à ce problème", avaient-ils prévenu. Ils ont mis leur menace à exécution, chassant quelque 200 personnes, certaines en situation régulière, certaines même de nationalité française… Faute de réaction des autorités, d’autres villages ont suivi l’exemple. La méthode est désormais rodée : on prévient par courrier, sur les réseaux sociaux et par voie d’affiches ; on se donne rendez-vous ; puis on marche vers le quartier ciblé."

Pendant ce temps, à Versailles / Le Chesnay, le projet d’ouverture d’une plate-forme d’accueil pour les demandeurs d’asile (Pada) inquiète. Le maire de Versailles n'a pas été informé de cette installation.

"Une perspective qui effraie riverains et parents d’élèves qui s’abritent derrière la sécurité pour justifier leur hostilité. « Il y a un établissement scolaire (NDLR : Saint-Jean-Ulst, un établissement privé qui va de la maternelle au lycée) juste à côté. Il accueille près de 3 000 élèves chaque matin. Nos enfants vont croiser des migrants : c’est impensable ! », s’emporte un homme, qui habite à proximité. « Ce sont deux mondes qui s’affrontent. J’ai deux filles scolarisées à Saint-Jean-Ulst et ça m’inquiète », approuve Sophie, une enseignante, sous le regard approbateur de Karine, qui réside à Versailles."

Si l'immigration touche les beaux quartiers, où va-t-on ?… "Il est important que l'accueil des demandeurs d'asile se fasse dans de bonnes conditions… mais pas chez moi".

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