Sincérité, que de crimes on commet en ton nom

Trouvé sur la page Facebook de l'accueil Louis et Zélie Martin :

"Les militants de toutes les causes ont pour eux la sincérité.

Lorsque le badaud se trouve confronté à la présence d’une manifestation sur la voie publique contrée par une autre manifestation, il est en mesure de constater que des personnes s’opposent avec sincérité. Quelle que soit la gravité des enjeux abordés par les militants de part et d’autre, l’observateur pourra s’interroger sur le bien-fondé de leurs revendications. Moins impliqué émotionnellement que ceux-ci, il pourra évaluer la validité des doléances…

La sincérité n’est pas toujours fille de la raison, c’est pour cela qu’elle s’accommode parfois de la manipulation car, en dernier recours, le langage de l’émotion se passe volontiers de la réflexion. Les slogans peuvent être faux. Mais ils peuvent aussi être vrais, et ce n’est pas facile de s’y retrouver dans un monde qui a souvent perdu la référence à la loi naturelle.

Quelques questions méritent alors d’être posées.

Comment s’aimer les uns les autres si aucun ordre naturel ou surnaturel ne préexiste ? Quels sont les fondements du respect d’autrui ? L’autre est-il si digne que je doive m’incliner devant toutes ses revendications sous prétexte qu’il est sincère ? Mais au fond pourquoi l’autre est-il digne ? Au nom de quoi la revendication portée par tel groupe de personne est-elle plus respectable que celle de tel autre groupe qui prône exactement le contraire ? Peut-on parler de vérité ? Si oui, qu’est-ce que la vérité ? Si non, pourquoi suis-je au lieu de ne pas être ? Car poser la question de l’être, c’est poser la question du sens, et donc de la vérité. Y a t-il des revendications sincères mais fausses dans leur principes ? Le tribun suscite la sincérité. Mais qu’est-ce qui prouve que ce qu’il exprime est vrai ?

Dans les dictatures des dernières décennies, nombreux furent les responsables et même les exécutants, à clamer leur bonne foi : ils obéissaient sincèrement aux ordres les plus pervers. Ils avaient perdu pour la plupart d’entre eux tout esprit critique. La peur de se faire mal voir et les risques encourus par la désobéissance accélérèrent ce processus de « sincérisation ». Rongés par l’idéologie, le plus souvent inconsciemment, ils se réveillèrent un jour, souvent en danger dans leur vie, pris d’angoisse devant l’étendue de leurs déviances comme on sort d’un coma idéologique.

Car l’idéologie se nourrit bel et bien de la sincérité.

« C’est ma vérité » entend-on dire ici ou là. « C’est plutôt votre sincérité » aurait-on la tentation de répondre. Car si c’est « votre » vérité, ce n’est plus « la » vérité. « Mais la vérité n’existe pas mon pauvre ami ! On est tous tellement différents que chacun a sa vision du monde… Tenez, on parle en ce moment de la PMA, de l’IVG… Ce sont des acquis incontournables… Vous vous rendez compte ? La femme a droit à l’enfant, la femme a aussi droit à se faire avorter… »

« Entendu » pourrions-nous rétorquer à notre aimable interlocuteur. « Entendu, mais si je comprends bien, votre vision du monde est légitime selon vous, mais pas la mienne, car en vous écoutant, il semble bien que vous me refusiez le droit de penser autrement… Vous faites donc de votre position la seule vérité acceptable. Il y a donc finalement une vérité… qui serait votre vérité »

Sauf que là, ce n’est plus logique. C’est idéologique. On est plus dans le réel mais dans l’idée. La femme a droit à l’enfant, la femme a le droit de tuer son enfant. On aurait envie de poser la question : « Et l’enfant là-dedans ? D’où vient le droit qu’une femme, qu’un couple de femmes à tendance homosexuelle puisse faire en sorte qu’un enfant puisse grandir sans père, sans référent masculin ? »

Et pourquoi est-ce idéologique ? Tout simplement parce que ce n’est pas conforme à la réalité. La psychologie de l’homme n’est pas celle de la femme. Le corps de l’homme n’est pas celui de la femme. Et l’enfant a besoin des deux.

L’éloge du transsexualisme s’apparente à un déni affreux : le petit garçon qui veut à tout prix avoir le camion de pompiers malgré le refus de ses parents, et décide de casser la vitrine du magasin pour s’emparer du joujou… Il en ressort tout sanglant. Sa mère l’amène aux urgences de l’hôpital. Il a trop mal. Ironie du sort, en arrivant à l’hôpital, il voit plein de camions rouges. Des vrais.

Combien de transsexuels témoignent de leur souffrance d’avoir franchi la ligne rouge. Il ne s’agit pas ici de faire culpabiliser qui que ce soit mais de dire des faits.

La meilleure manière de comprendre l’embryon, c’est de l’étudier. Combien de médecins, initialement favorables à l’IVG, ont eu cette conclusion : en l’étudiant, ils ont compris que l’embryon est un sujet de droit, une personne humaine. Nous avons tous été des embryons, comme les adultes ont tous été des adolescents… Quelle merveille qu’un embryon ! A en faire oublier toutes les raisons qui pourraient pousser à le rejeter…

Ce qui est intéressant ici, c’est le processus par lequel une personne entre sincèrement dans l’idéologie, inconsciemment, pour devenir ensuite totalement anesthésiée dans sa conscience du bien et du mal. Car au fond, la question du bien et du mal est inséparable de celle de la vérité… A telle époque les femmes pensaient qu’elles attendaient un enfant. Maintenant c’est fini. Ah bon ? Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà ? « Oui mais mon corps est à moi entend-on dire »… Ah bon ? Et que dire quand un enfant nait vivant d’une maman en état de mort cérébrale, comme c’est arrivé il y a encore pas si longtemps … ?

La seule manière de libérer l’intelligence humaine de l’idéologie anesthésiante, c’est de la mettre au contact du réel. En quittant le registre du sincère pour rejoindre celui du vrai. Si je me jette à l’eau sans savoir nager, je vais me noyer. Si je subtilise un marcassin d’une compagnie de sangliers, je serai chargé par la laie… etc. On paie toujours les conséquences de ses actes, c’est cela qu’enseigne la réalité. Et ceci rend intelligent. Ce qui est vrai dans le cas précis, c’est ce dont je fais l’expérience : je vais me noyer si je me jette à l’eau sans savoir nager. Il y a donc une réalité, il y a donc une vérité. Et parfois elle me vient dans la figure. Eduquer par la réalité est au fond une manière tout à fait intelligente de comprendre les lois qui régissent la nature, la vie entre les hommes. C’est d’ailleurs le premier réflexe du bébé. Quelques semaines après sa naissance, il suit du regard les personnes qui l’entourent et, à partir de 5 mois, il essaie de saisir les objets…

Connaître par le contact avec la réalité : ce que je suis me dit qui je suis. C’est cela découvrir la vérité sur soi-même. Notre intelligence se structure toujours par la réalité. C’est la raison pour laquelle, pour manipuler une société, on essaie de retirer aux parents leurs enfants dès le plus jeune âge pour leur mettre dans la tête des idées fabriquées. Malheureusement, les auteurs de ces idées fabriquées sont parfois sincères. Et là tôt ou tard, c’est début des révolutions, en témoigne la crise sur la pilule contraceptive qui touche notre société avec l’explosion du mal-être des femmes et, dans certains cas devenus fréquents, de maladies mortelles. Et oui, les méthodes naturelles ont beaucoup à dire ceux qui ont soif de vérité, d’authenticité, de respect. Qu’on se le dise, y compris dans l’Eglise Catholique, à l’heure où certains veulent reconsidérer le bien-fondé des méthodes naturelles.

Alors, sincérité ou vérité ? Qui a raison dans la rue ? Le socle rationnel de la loi naturelle pourra aider à discerner.

Les faits indiquent que le Décalogue et les Béatitudes ont bouleversé la face du monde.

Et cette parole-là, est la Vérité. C’est même une personne, qui nous a donné sa vie par amour et nous invite à faire de même, en un slogan fondé en raison : « aimez vos ennemis », doublé d’un autre : « si eux se taisent les pierres crieront ! »

Guillaume d’Alançon

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