Si on veut respecter les enfants, la PMA ne doit même pas être envisagée

Aude Mirkovic est interrogée sur Causeur. Extraits :

"François Hollande a annoncé attendre l’avis du Conseil national
d’éthique pour statuer sur la PMA. Il a catégoriquement rejeté la GPA.
Au vu de ces garanties, la simple ouverture du mariage et de l’adoption
aux homosexuels bouleverse-t-elle vraiment les structures de la famille ?

François Hollande n’a convaincu personne. Il attend l’avis du CCNE pour
organiser la fabrication en France d’enfants délibérément privés de
père ? Fantastique, quelle garantie !
Car c’est bien de cela qu’il
s’agit : vous aurez beau marier deux femmes, la réalité est tenace et
elles ne pourront pas avoir d’enfants ensemble. L’assistance médicale à
la procréation pour les couples de femmes, c’est un abus de langage. En
pratique, c’est une femme qui sera inséminée par un inconnu, de manière à
priver son enfant de père, pour qu’il puisse être adopté par une autre
femme. Donc, si on veut respecter un minimum les enfants, la PMA ne doit
même pas être envisagée pour les couples de femmes, avis du CCNE ou
pas !

Quant à la GPA, est-il sérieux de se prononcer contre la gestation pour
autrui et de laisser le ministère de la justice enjoindre aux tribunaux
de fermer les yeux sur le recours à la GPA à l’étranger ? La GPA est un
scandale pour les femmes et les enfants, a fortiori lorsqu’elle est
recherchée par un homme qui désire par ce biais priver son enfant de
mère. Elle ne doit pas être tolérée, même à l’étranger, et le seul moyen
de ne pas l’encourager est de refuser de lui donner effet en droit
français. Le gouvernement affiche sa complaisance avec la GPA réalisée à
l’étranger, en attendant que la prétendue injustice de la sélection par
l’argent ne serve de prétexte à organiser la pratique en France
. Si le
président veut s’engager contre la GPA, qu’il commence par être ferme à
l’égard des GPA déjà pratiquées, sous nos yeux. En attendant, il n’a
guère de crédibilité. […]"