Si les résultats des Etats Généraux de la bioéthique avaient été inverses, aurait-on dit qu’ils n’étaient pas représentatifs ?

Xavier Breton, député LR et vice-président du groupe d'études parlementaires sur la fin de vie, répond au Point sur la révision des lois de bioéthique :

Unknown-20Comment allez-vous tenir compte des contributions des États généraux ? Certains considèrent qu'elles ne sont pas représentatives de la population…

Je pose une question : si les résultats avaient été inverses, aurait-on dit qu'ils n'étaient pas représentatifs ? Je trouve, en tout cas, qu'ils donnent un éclairage sur ceux qui se mobilisent aujourd'hui. Ce sont des citoyens qui ont une vision de l'homme, une vision – je vais dire un gros mot – anthropologique. Ils sont pour le respect de chaque personne, mais défendent une certaine permanence de la nature humaine. Et on ne peut utiliser les résultats d'une consultation que s'ils servent ! Si on regarde les sondages, les gens sont pour l'euthanasie, pour la PMA, pour la peine de mort aussi ! Si on attend d'avoir des sondages pour avoir une conception de l'homme, c'est assez grave… Après, on doit écouter les attentes sociétales qui s'expriment et qui sont nouvelles. Mais ne pas changer de conception de la personne humaine au gré des modes. C'est là où il y aurait un relativisme dangereux. Emmanuel Macron, dans son discours au collège des Bernardins, parlait du relativisme et du nihilisme : je crois qu'il faut les refuser très clairement ! […]

Ce sont des sujets qui bougent beaucoup, au niveau scientifique mais aussi sociologique. La question des diagnostics, la recherche sur l'embryon, la congélation d'ovocytes des femmes salariées financée par les entreprises, comme aux États-Unis, la science prédictive, l'intelligence artificielle, la question du don et trafic d'organes… Ces sujets cruciaux concernent tous les citoyens. Quand on parle de PMA pour toutes, on est sur quelques dizaines de cas. De même, la demande d'euthanasie est très marginale. La demande essentielle, c'est les soins palliatifs. Or le débat se cristallise sur ces deux thèmes, car il y a un combat idéologique de certains contre la culture européenne, et les valeurs anthropologiques qui structurent notre société depuis des siècles. […]"

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