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Culture de mort : Euthanasie

Si le CHU de Reims a gardé puis tué Vincent Lambert, c’était pour faire un exemple, créer un précédent

Si le CHU de Reims a gardé puis tué Vincent Lambert, c’était pour faire un exemple, créer un précédent

Du Dr Dor dans le dernier numéro de SOS Tout-Petits :

À l’évidence, si le CHU de Reims a gardé puis tué Vincent Lambert, c’était pour faire un exemple, créer un précédent ; comme il en avait été pour l’enfant à naître, il devait en être de même pour l’handicapé gravement atteint mais non en fin de vie. Il fallait rendre l’homicide souhaitable, accessible, légal et même légitime. Ainsi progresse la culture de mort.

À la loi Veil sur l’avortement de 1975 – précédée elle-même par la loi Neuwirth de 1967 – devait correspondre la loi Clays-Léonetti de 2005, révisée en 2016.

C’est ainsi que, à la fin de l’affaire Lambert, le Procureur général près la Cour de Cassation, François Molins, déclarait : « Si vous érigez la vie en valeur suprême, c’en est fini de la loi Léonetti et de la loi Veil ». À la fois un aveu et une menace !

La nouvelle loi autorise la mise à mort du grand handicapé par arrêt de l’hydratation et de l’alimentation qualifiées de « traitements », arrêt accompagné d’une sédation profonde. Mais comment peut-on qualifier de « traitements » l’eau et les aliments, alors qu’ils sont une nécessité aussi vitale que l’air que l’on respire ? En aucun cas, ils ne relèvent d’un « acharnement thérapeutique » ou d’une « obstination déraisonnable », mais répondent à des besoins et des soins élémentaires.  Et comment une sédation pourrait-elle effacer l’horreur d’une mort provoquée par la soif et la faim ? Mensonge et cruauté !

Victime en 2008 d’un accident de voiture, Vincent Lambert, traumatisé crânien, fut hospitalisé au CHU de Reims en juin 2009. Il était tétraplégique, aphasique avec quelques vocalisations et dans un état pauci-relationnel de conscience minimale… Il respirait normalement, n’ayant jamais été mis sous machine ; bien que pouvant déglutir, une gastrostomie avait été pratiquée – par facilité et mesure de précaution – pour éviter tout risque de fausse route. Il ne présentait pas de trouble cardiaque, ni de trouble digestif ou rénal… Il s’éveillait et dormait, pouvait entendre, comprendre et réagir selon les moments et les stimulations, tourner la tête, cligner des yeux, pleurer… Infirme, son état était stable et sa conscience relative.

Il y eut quatre tentatives d’arrêt d’hydratation et d’alimentation par « procédure collégiale de fin de vie », prévue par la loi Léonetti. La première dura 31 jours, l’eau étant limitée à 200 ml par 24h. La quatrième – et dernière – fut décisive. Vincent Lambert mourut le 11 juillet 2019 après 9 jours d’agonie, plus de 10 ans après son accident.

À la fois politique, familiale, médicale, juridique, éthique, économique, relayée par les médias, l’affaire Vincent Lambert devint une affaire d’Etat et l’affaire d’Etat, un crime d’Etat.

Politique : au sommet et en dernier ressort, le Président Emmanuel Macron, comme avant lui François Hollande, refusa d’intervenir alors que son gouvernement, comme le précédent, était acquis à l’euthanasie. Décision à la Pilate, car il était le seul à pouvoir faire respecter par son ministre de la Santé les mesures conservatoires.

Familiale : on ne saurait trop souligner l’héroïcité et la ténacité des parents de Vincent Lambert, Pierre et Viviane, intervenant sans cesse auprès des médecins et des instances judiciaires, tâche d’autant plus difficile que la famille était elle-même déchirée, la veuve et un neveu de Vincent, partisans acharnés de la mort de leur mari et oncle. Comment ne pas admirer cette parole de Viviane Lambert : « Je prie tous les jours pour le Dr Sanchez », le bourreau de son fils !

Médicale : le CHU de Reims était une prison pour Vincent Lambert. Sa chambre était fermée à clef depuis janvier 2014, les visites très surveillées y compris pour la famille, pièces d’identité exigées, fantasme d’« enlèvement », interdiction de sortie, sauf pour expertise médicale.

La première, à la demande de ses parents, eut lieu à Liège en juillet 2011, qui concluait à un état pauci-relationnel ; la seconde, à la demande du Conseil d’Etat, eut lieu à la Pitié Salpêtrière, à Paris, en avril 2014. Elle concluait à la compatibilité des examens avec un état dit végétatif mais qui devaient être corroborés par une « analyse clinique et comportementale » qui ne sera jamais effectuée.  Quant à la 3ème expertise, réalisée en 2018 par trois professeurs de médecine, elle conclura, sans ambiguïté, au fait que Vincent Lambert n’était pas en situation d’« obstination déraisonnable», ce qui n’empêchera pas le tribunal administratif de Châlons et le Conseil d’Etat de juger qu’il était en situation d’ « obstination déraisonnable ».

L’état de Vincent Lambert nécessitait une surveillance, une rééducation, de l’hygiène, eau et nourriture, ce qui était réalisable dans un centre qualifié ou même au domicile de ses parents prêts à l’accueillir. Plusieurs centres l’avaient accepté. Les médecins du CHU de Reims qui se sont succédés – Dr Kariger, Dr Simon et Dr Sanchez – se sont toujours refusés à tout transfert.

Beaucoup de médecins sont intervenus en sa faveur dont le Dr Ducroq, professeur de neurologie et d’éthique au CHU de Nancy. Choisi par la famille Lambert comme conseiller médical, il dénonçait, en 2013, la procédure collégiale comme une « mascarade », disant que « la décision de mort avait été prise depuis longtemps ».

Juridique : le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française, et la Cour Européenne des Droits de l’Homme confirmèrent à quatre reprises la décision du CHU de Reims d’arrêter l’hydratation et l’alimentation.

En revanche, d’autres instances judiciaires se sont déclarées en faveur du maintien en vie de Vincent Lambert : le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne – au moins dans ses premières décisions – et la Cour d’appel de Paris.

Le 3 mai 2019, le Comité des Droits des Personnes Handicapées de l’ONU demanda à la France – Etat signataire – de maintenir l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert. La France n’en tint aucun compte, en violation de ses obligations internationales.

Il faut souligner ici la compétence, la persévérance et le talent des avocats de Vincent Lambert, Me Jérôme Triomphe et Me Jean Paillot ainsi que de certaines institutions judiciaires comme l’European Center Law and Justice de Strasbourg.

Ethique : L’éthique est le fondement de la règle des mœurs. Ici, ce fondement devient évanescent, non plus un roc mais du sable – et du sable mouvant – celui du libéralisme, refusant la loi naturelle et la loi divine, mais adapté aux « avancées » de la technologie, source du progrès. Cette éthique n’est plus que consensus et compromission que voile l’hypocrisie.

Jean-François Delfraissy, Président du Comité Consultatif National d’Ethique, déclare à propos de l’affaire Vincent Lambert :

« Je ne pense pas qu’on puisse prononcer le mot d’euthanasie…. Il ne s’agit pas d’un arrêt mais d’une modulation des soins…»  (Figaro du 21.05.2019)

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins présente ses condoléances à la famille Lambert, mais précise :

« Respectueux des procédures en cours, le Conseil National de l’Ordre des Médecins est tenu à la réserve quant à son expression publique. Il tient à apporter aux médecins et à leurs équipes tout son soutien moral et confraternel dans les circonstances difficiles de leur exercice, telles que celles vécues lors de l’accompagnement de M. Vincent Lambert ».

Et que dire de la position de ce même Conseil à propos de l’avortement : « Un médecin ne peut pratiquer une I.V.G. que dans les cas et conditions prévus par la loi ». On ne saurait mieux souscrire à la culture de mort. Un médecin l’est-il encore lorsqu’il tue son patient ? Depuis les Grecs et Hippocrate, le médecin n’avait pas ce droit.

Économique : Pourquoi l’avoir gardé si longtemps alors qu’il aurait pu être soigné à moindre frais dans un établissement spécialisé ou au domicile de ses parents ?

Il y aurait 1.700 patients en France dans la situation de Vincent Lambert. On comprend aisément que le cas de Vincent Lambert soit la solution permettant de couper court à des dépenses prolongées.

Conclusion

Contre nature et contre Dieu l’idéologie mortifère ne cesse de s’étendre : en amont, à la source de la vie : la contraception, l’avortement, la PMA avec ses embryons surnuméraires, la GPA, les manipulations génétiques…  et, en aval, l’handicapé que l’on tue.

Cette tuerie fait partie d’une perspective – la plus terrifiante qui soit – celle de « l’homme augmenté », autrement dit le transhumanisme, suite du péché originel : Dieu n’est plus Dieu. L’homme se fait dieu, il refuse et méprise le salut qui lui est offert.

On aura reconnu la transgression de la Franc-Maçonnerie, à la fois revendiquée et cachée, car ce qu’elle cache est inavouable : le culte de Lucifer avec l’offrande des victimes innombrables de la culture de mort et l’arrachement des racines chrétiennes de notre civilisation.

Tout est fait au nom de la Liberté qui ne reconnaît aucune autorité au-dessus de la sienne, raison pour laquelle, en dehors de toute logique, on peut dire une chose et son contraire.

Ainsi dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». On affirmera que l’enfant non-né n’est ni un être humain ni une personne avant sa naissance. Il n’est qu’une personne « potentielle » sans protection juridique. Il faut attendre sa naissance, ce qui est proprement absurde et monstrueux.

C’est cette même République Française qui abolit la peine de mort et organise le plus grand massacre de toute son histoire : 10 à 15 millions de victimes depuis la loi de 1975 !

Revenons à l’affaire Vincent Lambert. Quelle religion prescrit d’aimer ses ennemis et de prier pour eux ?

À l’évidence, la Liberté ne peut se passer ni de la Vérité ni de l’Amour.

Nota : ce texte a reçu l’approbation de Madame Viviane Lambert, mère de Vincent. Il a été validé par Me Jérôme Triomphe.

Pour participer à la manifestation ”Marchons Enfants”, SOS Tout-Petits a donné rendez-vous ce dimanche 19 janvier à 14h15 à l’entrée de la rue Cognacq-Jay à tous ceux qui voulaient marcher en fin de cortège, comme à l’ordinaire.

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