Bannière Salon Beige

Partager cet article

France : Politique en France

Shootée au socialisme

Dans la nuit de mardi à mercredi, nos députés ont adopté, par 50 voix pour et 24 contre, l'expérimentation des salles de shoot. Certains opposants, tels Philippe Goujon ou Yannick Moreau, n'avaient pourtant pas démérité. Mais quand l'on a face à soi une présidente des affaires sociales shootée au socialisme, voilà ce que donne le débat :

Philippe Goujon :

"Il y a une autre façon de traiter, d’ailleurs de manière pérenne, le problème des toxicodépendances : les communautés thérapeutiques. Celles-ci favorisent le sevrage par l’abstinence sans recours à des traitements de substitution aux opiacés, qui sont toujours compliqués. Le modèle de ces communautés thérapeutiques, largement diffusé dans les pays anglo-saxons, permet à deux toxicodépendants sur trois, sur une période d’accompagnement souvent inférieure à deux ans, de retrouver une stabilité sociale et professionnelle durable.

Alors, certes, il existe plusieurs de ces communautés en France, notamment le centre EDVO depuis plus de vingt-cinq ans, mais ces communautés peinent à se développer, faute de moyens – et voici qu’ils vont être consacrés aux salles de shoot et non pas aux communautés thérapeutiques – mais aussi de reconnaissance des pouvoirs publics et d’aide. Pourtant, l’expérimentation menée, notamment au cours des précédents quinquennats, dans le cadre des plans gouvernementaux de lutte contre la drogue 2004-2008 et 2008-2011, a abouti à des résultats positifs. (…)

Ces structures, madame la ministre, manquent de financement aujourd’hui. Nous proposons donc ici de mieux les expérimenter. Puisque vous expérimentez les salles de shoot, au moins, expérimentez aussi les communautés thérapeutiques, qui visent le sevrage complet !

Yannick Moreau :

Il a raison !

Philippe Goujon :

Vous pouvez comparer les deux, d’ailleurs, et leurs résultats respectifs, cela complétera la politique de réduction des risques et la prise en charge des publics marginalisés auxquels vous vous adressez.

Cet amendement vise donc à permettre aux toxicodépendants de s’extraire de leur addiction, mais par le moyen des communautés thérapeutiques et non des salles de shoot.

(…) Mme la présidente

Quel est l’avis de la commission ?

Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales :

(…) Plutôt que d’offrir des soins à ceux qui en ont le plus besoin, vous proposez donc un dispositif de fait redondant, puisqu’il existe déjà. Je ne peux pas penser, sur un tel sujet, que ce soit une technique d’obstruction. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Philippe Goujon :

C’est honteux !

Philippe Cochet :

On s’excuse d’exister !

Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales :

Cela dit, je voudrais quand même évoquer le fameux centre EDVO. Vous me l’avez signalé par courrier, monsieur Moreau, aussi me suis-je bien renseignée sur ce centre. Par qui est-il financé ? Ce n’est pas tout à fait comme ça que nous voyons, pour notre part, la prise en charge des toxicomanes, notamment les plus démunis et les plus éloignés du droit commun – je ne critique pas, mais voilà la liste des financeurs, des mécènes : U-les nouveaux commerçants, la fondation Vinci, la fondation BTP Plus et l’entreprise Bouygues Construction.

Philippe Goujon :

C’est parce que vous ne les financez pas !

Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales :

Ce n’est pas tout à fait comme ça que nous envisageons, nous, les salles de consommation, qui auront un financement public et une gestion publique. Je tenais à le préciser.

Philippe Goujon :

 Financez donc les communautés thérapeutiques !

Madame la présidente :

Quel est l’avis du Gouvernement ?

Marisol Touraine, ministre :

Défavorable.

Madame la présidente :

La parole est à M. Yannick Moreau.

Yannick Moreau :

C’est quand même un comble : Mme Lemorton ose s’étonner du recours à des mécènes privés pour une communauté thérapeutique qui fait sortir de l’addiction une trentaine de jeunes toxicomanes par an ! Mais ce mode de financement est bien la conséquence de l’absence d’engagement de l’État dans cette voie de guérison, par le sevrage et l’accompagnement, des jeunes dépendants de la drogue !

Nous touchons là au cœur du sujet. Vous voulez réduire les risques dans des salles de shoot hygiéniques où l’on peut se droguer sans attraper l’hépatite C ou le sida, mais vous refusez d’accompagner les malades pour sortir de la drogue en finançant des associations méritantes, que je vous invite à découvrir autrement que par les chiffres que vous avez cités et par les exemples que vous avez donnés."

Le compte-rendu des débats.

Partager cet article

4 commentaires

  1. Si je lis bien le discours socialiste, les valeurs républicaines consistent à refuser d’aider des drogués à se libérer, et à entretenir dans leur dépendance les drogués “les plus démunis” — mais qui trouvent l’argent pour acheter leur drogue… S’ils sont tellement démunis, la solidarité républicaine ne manquera pas de nous faire payer aussi de quoi les droguer. Dans la dignité.

  2. Constat accablant pour nous : les ministres se rendent complices de crimes publics.
    Prions pour que le Seigneur ouvre les yeux de ceux qui tuent et soutienne ceux qui sauvent

  3. Bravo aux courageux députés!!!

  4. Je note l’expression “salle de consommation” … juste aberrant !
    L’important pour nos gauchos n’est pas le but d’une structure ou ses résultats. Non, l’important est qu’elle soit financée et gérée par l’Etat. Finalement autant de bêtise c’est triste.

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.