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Pro-vie

Sebastian Piñera, un président pro-vie

Dimanche, le président du Chili, Sebastian Piñera, a publié dans El Mercurio une lettre ouverte intitulée « Mon engagement pour la vie » où il détaille les raisons qui lui font rejeter l’élimination des enfants à naître. Extraits de la traduction de Jeanne Smits :

P"Cette position ferme et claire est soutenue par des arguments de natures distinctes. De nature juridique d’abord. Notre Constitution politique assure à chaque personne le droit à la vie. Aussi bien la Cour suprême que le Tribunal constitutionnel ont invariablement jugé que, en accord avec notre ordonnancement juridique, l’enfant à naître (nasciturus) est aussi une personne, dont la vie doit être protégée. Et si cela n’était pas suffisant, la Constitution elle-même charge le législateur d’adopter les mesures nécessaires pour « protéger la vie de celui qui est à naître ».

La deuxième raison est d’ordre pratique. Dans le doute, il vaut toujours mieux choisir la vie. Car même à supposer que nous n’aurions pas de certitude par rapport au traitement juridique qu’il faut réserver à une vie humaine en gestation, ce qui est correct et sage, c’est d’adopter une position humble et choisir celle qui soit la plus favorable à la protection et au développement de cette vie. S’agissant de questions qui impliquent la vie ou la dignité humaine, par conséquent, il vaut mieux être prudents que d’agir de manière précipitée.

La troisième raison est qu’il ne s’agit pas d’une décision qui incombe seulement à la mère ou aux parents de l’enfant à naître. Entre aussi en ligne de compte la vie d’un être nouveau, unique, irremplaçable et distinct de ses parents, dont la vie doit être défendue avec la plus grande force, précisément en raison de sa pleine innocence et du fait qu’il est sans défense.

La quatrième raison est d’ordre religieux. En tant que chrétien je crois que la vie est un don de Dieu. Lui seul a le pouvoir de donner la vie et le droit de l’enlever. C’est pourquoi je suis partisan de protéger la vie et la dignité humaine depuis sa conception jusqu’à la mort naturelle. […]

Une bonne part de la discussion de ces derniers jours s’est concentrée sur ce qui est, sans aucun doute, le cas le plus dramatique dans lequel puisse se trouver une mère enceinte : celui d’avoir à décider s’il faut ou non mettre en œuvre un traitement médical qui permettrait de sauver sa vie, mais au prix d’un risque pour le fils ou la fille qu’elle porte en son ventre. Heureusement, les avancées de la science et de la médecine ont fait que la possibilité d’une collision inévitable entre ces deux vies soit devenue hautement improbable. Mais même ainsi, nous ne sommes pas en mesure d’exclure que de telles situations puissent se produire. Pour ces cas exceptionnels et extrêmes, il ne fait aucun doute que notre ordonnancement juridique comme les protocoles médicaux autorisent l’intervention, chirurgicale ou thérapeutique, pour sauver la mère si elle en décide ainsi, même si, comme effet non désiré ni recherché, elle peut mettre en risque la vie de l’enfant. En deux mots : si la mère choisit de subir le traitement qui sauvera sa vie mais non celle de son enfant, nous ne sommes pas dans un cas d’avortement. De la même manière, si elle choisit la vie de son enfant en risquant ou en sacrifiant la sienne propre – une décision qu’il faut respecter – elle ne commettrait pas un suicide. Il s’agit d’une décision sans doute déchirante, devant laquelle la société peut et doit accompagner et soutenir la famille affectée, mais sans jamais la juger et encore moins la condamner. 

D’autre part, les arguments en faveur de l’avortement eugénique, qui sont ceux mis en avant dans les cas de non-viabilité ou de malformation fœtale, et de l’avortement que l’on a pu appeler « éthico-social », qui permettrait de mettre fin à une grossesse consécutive à un viol, sont incorrects puisqu’ils supposeraient de nous arroger le droit de classifier certains être humains comme supérieurs – ceux qui méritent de vivre – et inférieurs – ceux qui ne méritent pas de vivre –, et qu’ils permettraient en outre de condamner à mort des êtres absolument sans défense et innocents quant aux circonstances de leur conception. 

Mais il ne suffit pas simplement de s’opposer à l’avortement même si c’est pour d’excellentes raisons. […] En conséquence, nous devons tenter de découvrir ses causes profondes, mieux comprendre ses conséquences et mettre en œuvre une politique meilleure pour prévenir les avortements et les grossesses non désirées. Cela a été un engagement central de notre gouvernement, à travers de multiples politiques publiques, parmi lesquelles je voudrais signaler : premièrement, augmenter le congé post-natal de trois à six mois et améliorer sa couverture, pour indemniser non plus seulement une femme sur trois mais la totalité des femmes qui travaillent et qui sont à l’âge fertile, pour bénéficier ainsi potentiellement à deux millions et demi de femmes chiliennes. Ainsi nous voulons que la maternité ne soit jamais un obstacle pour accéder à un travail, ni que le travail soit un obstacle pour devenir mère. […]"

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