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Scandale dans l’Eglise : réflexions d’un curé de campagne

Scandale dans l’Eglise : réflexions d’un curé de campagne

Reçu ce jour :

“Quelques causes parmi de plus nombreuses à tant de scandale…

L’actualité ne cesse de révéler et de façon internationale, les frasques sévères de personnes consacrées qui ont fait don de leur être et donc de leur corps au Dieu trois fois Saint. Nous ne doutons pas qu’une telle stigmatisation, si elle dévoile au grand jour des faits inacceptables et vraiment dramatiques, corresponde à une volonté désormais à peine masquée de s’en prendre d’abord et surtout à l’Eglise et donc à la figure du Christ qui ne semble pas vouloir disparaître assez vite dans le paysage crépusculaire de cette fin de Civilisation. Ne souhaitons pas à titre de revanche bien mal venue, à toutes les grandes Institutions de notre société d’y passer à leur tour. De façon plus constructive, déclinons quelques causes parmi bien d’autres :

1 Nous récoltons les fruits amers de tant de théories libertaires désormais admises partout, le plus souvent sans réflexion et sans prise en compte du mal qu’elles ont pu provoquer dans les têtes et dans les cœurs. Si elles vivent bien en ce monde, les personnes consacrées à Dieu ne doivent jamais consentir à vivre comme on vit dans le monde…

2 Quel est le sens du Célibat consacré dans le cas d’une théologie du prêtre qui ne prendrait pas en compte le sacrifice et l’offrande de soi pour le Salut de ceux et celles qui lui sont confiés ? Quel est le sens du Célibat consacré pour des baptisés qui parfois n’ont plus seulement de catholiques que le nom ? Quel est le sens du Célibat consacré dans un Don de soi qui ne consentirait pas à vivre joyeusement une certaine solitude pour « être » en permanence plus proche du Seul Dieu ? Quel est le sens du célibat consacré dans une vie de prêtre qui n’incarnerait plus la paternité responsable du Bon Pasteur ? Quelle est enfin le sens du Célibat consacré dans une vie sacerdotale qui se résumerait à l’ « animation pastorale » d’une Communauté ?

3 La solitude n’est pas une fin en soi ; elle ne correspond pas non plus à un isolement. Les prêtres sont souvent spirituellement et intellectuellement très isolés dans les difficultés pastorales qu’ils rencontrent et au cœur du choc frontal entre une société qui n’est plus chrétienne et le message universel du Salut par le Christ. De quel soutien amical et intelligemment paternel bénéficient-ils de leur Evêque ? Une retraite annuelle ou une rencontre amicale de confrères ne remplacera jamais la grâce d’une judicieuse complicité entre l’évêque et son prêtre. Quand le chef se méfie

ou quand il a peur de ses fils et frères, les braves types qui se dévouent sur le terrain se sentent doublement isolés et sont de fait en danger.

4 La solitude n’est pas une fin en soi ; elle est un moyen, elle est une vocation et il y a fort à parier que les jeunes générations ne soient pas à même de la vivre. Il sera sans doute plus prudent et sans l’imposer, de leur recommander de vivre en Communauté s’ils le souhaitent. La fragilité des uns se trouvant « encadrée » par la solidité des autres….

5 Une perspective trop cléricale nuira à l’équilibre psychologique d’une personne consacrée. La fréquentation régulière de familles, de saints laïcs qui s’efforcent de vivre leur foi est toujours salutaire. C’est ce qu’un vrai « Pastorat » à la manière du Curé vrai Bon Berger avec les autres, doit pourvoir incarner concrètement.

6 Une personne consacrée n’approfondira jamais à travers les âges de sa vie l’intelligence du don qu’elle fit un jour d’elle-même, si elle ne prend résolument sur ses vingt-quatre heures, un temps substantiel de prière silencieuse et de travail intellectuel. Tout le monde peut régulièrement lire et se bien nourrir plutôt que de courir… Et d’ailleurs pour courir après quoi si c’est pour se prendre les pieds dans un tapis mal posé ?”

Abbé H.

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4 commentaires

  1. 1/ Totalement d’accord, notamment sur le point 5 : “avant” (il y a encore une 60aine d’années, voire des siècles), les prêtres n’étaient jamais seuls : ils étaient invités quotidiennement par les familles à partager leur repas (du dimanche, communion etc), les fêtes (anniversaires, etc). Ils vivaient chastement, mais avaient une plus grande proximité avec la vie de famille de leurs “ouailles”. D’une certaine façon, les prêtres étaient beaucoup moins seuls.
    Aujourd’hui, une fois la messe finie, les prêtres se retrouvent seuls au presbytère.

    2/ avouons aussi que les tenues carrément sexy de certaines paroissiennes (une minorité) n’aident pas non plus les prêtres à respecter la chasteté. Peut être est on un peu trop laxiste en n’indiquant pas qu’une tenue correcte est demandée à l’intérieur d’une l’Eglise.

  2. 80% des agression sont homosexuelles dans l’Eglise dans le monde 80% voire plus des agression sont hétérosexuelles. La complaisance vis à vis de ce désordre n’est pas nouvelles, j’ai connu des sollicitations de ce type il y a plus de 20 ans. Peut être que l’heure est venue de faire le ménage. Toutefois le cléricalisme qui couvre l’homosexualité n’est rien en comparaison de celui qui couvre l’apostasie du pape et des évêques, Seul JESUS apporte le salut et nous lave du péché!

  3. Avec tout le respect et le dévouement pour le Prêtres et le Sacerdoce, ma reconnaissance à Dieu qui nous donne les ministres de Ses Sacrements et l’assurance de ma prière et de mes sacrifices pour les Prêtres, néanmoins je sens de devoir écrire ce qu’il suit.
    Je suis d’accord avec l’Abbé H. qui invite les Prêtres à la vie fraternelle, mais malheureusement toute vie fraternelle n’est pas sanctifiante… cela dépend de la vie fraternelle et de ses règles de vie et du chemin de sanctification de ses membres avec la grâce de Dieu.
    Au-delà de l’aide concrète, si dans la communauté Sacerdotale (comme dans toute communauté de fidèles ou de laïques) il n’y a pas des règles et on ne bannit pas les mauvaises habitudes et les vices, même ceux qui dans le monde et aussi par pas mal de Prêtres sont considérés peu graves, le risque est que ces vices soient propagés plutôt que corrigés.

    Par exemple, imaginons un Prêtre qui aurait l’habitude de faire des discours oisifs, des commentaire négatifs, indélicats ou indiscrets sur des personnes ou des moqueries visant des catégories avec l’excuse de faire des blagues et qui ne trouverait personne dans sa fraternité pour le corriger par « délicatesse » ou parce que les autres en font de même. Il se sentirait bien encouragé à poursuivre dans sa mauvaise conduite. Peut-être dira-t-on que ce n’est pas un péché (car il ne veut pas blesser, etc.), et pourtant c’est bien un vice ou un manque de charité parfaite qui petit à petit mettra racines dans son cœur et dans le cœur de celui de qui l’écoute et le regarde et certainement ne produira pas de bons fruits…

    Il faut bien se supporter et soutenir avec miséricorde les uns les autres, mais il faut aussi chercher à s’améliorer pour progresser et s’aider à progresser même en prenant le risque de se corriger entre Prêtres avec douceur et par le bon exemple et en acceptant d’être corrigés même si l’on est Prêtre !

    Je pense qu’il ne serait pas mal si les Prêtres avaient le courage de se corriger les uns les autres en fraternité et charité, pour s’entraider et pour soigner les faiblesses de leurs confrères ayant des mauvaises habitudes qui peuvent dégénérer et contaminer les personnes qui les côtoient (attitude méprisante, égocentrisme, vie trop mondaine, discours oisifs ou dangereux, moqueries, indiscrétions…). Ce sont des petits vices qui deviennent vite habitudes surtout si l’on est entourés de personnes qui font de même et ces vices engendrent facilement le péché ou en tout cas un mal et donc ce sont à éviter. Ce ne serait pas mal non plus s’ils apprenaient à se demander pardon les uns les autres en fin de journée comme dans les monastères et dans les meilleurs familles (et à demander pardon aux autres d’autant plus si ces autres ce sont des personnes qui vont s’agenouiller pour demander pardon à Dieu par leur intermédiaire…).

    Cette correction charitable devrait se faire d’autant plus si l’on vit dans une fraternité sacerdotale où le risque de se sentir privilégiés peut faire oublier sa propre faiblesse. Se corriger est aussi s’aider dans le chemin de sainteté et éviter aussi que les vices s’installent dans la personne et puis se propagent dans la fraternité, parmi les paroissiens…

    Les Prêtres ont la lourde charge de devoir éduquer et corriger les fidèles (pourvu que cela soit fait dans la charité et la douceur et enseigné par l’exemple), mais entre eux parfois… Même si des laïques cherchent à faire des justes et humbles remarques, ils forment tout de suite un front commun même en défendant une attitude objectivement injuste d’un des confrères… franchement, cela est triste, douloureux, scandaleux et dangereux.

    Si une fraternité sacerdotale et une fréquentation de laïques sont les bienvenues, il faut s’interroger sur leur type… sinon il vaut mieux de « s’isoler » plutôt que d’avoir des « mauvaises » fréquentations, soient-elles de laïques, religieux ou Prêtres.
    Si les Prêtres (comme les laïques) n’ont pas une profonde vie spirituelle de silence et de prière et aussi de pénitence en authentique union avec Dieu et s’ils ne veillent pas à leurs propres défauts, ils risquent de devenir des membres ou chefs des clubs élitaires et élitistes réservés où le chemin vers la sainteté n’est pas forcément facilité et en mettant parfois de côté les plus faibles ou les différents ou tout simplement ceux qui font justement une vie moins mondaine et plus discrète pour avoir vraiment choisi le Christ et la vie cachée en cherchant à éviter le mal (diabólica vitáre contágia).

    Alors, peut-être, il vaut mieux un Prêtre moins affairé, moins sociable, moins voyant, plus simple, humble, saint et peut-être moins admiré et célébré qu’un Prêtre à l’air brillant qui sait bien parler en public et amuser son public, qui connaît les règles de la rhétorique et a une bonne mémoire des cours de théologie et qui donc connaît par cœur le CEC ou le code du droit canonique, mais qui n’a pas un cœur humble et doux et ne donne pas le bon exemple de Charité en se faisant Père de tous, Ministre-Serviteur du Christ dans tous les frères au-delà des discours. Le risque est de s’entendre dire un jour « il savait tout et il avait tout, sauf la Charité ». Le risque est de scandaliser les petits et d’endommager aussi ses confrères et les communautés.
    Que cela n’arrive jamais à personne, ni à un Prêtre ni à un religieux ni à un laïque ! Prions les uns pour les autres pour que Dieu nous donne d’Aimer comme Il Aime, sans faire distinction de personne et qu’Il sanctifie les Pretres et les combles de Ses vertus car par leur position ils peuvent être occasion de sanctification ou de chute pour beaucoup de gens.

  4. Un grand Merci, Père, pour ces réflexions de bon sens. C’est ce que nous pensons, nous aussi.

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