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Valeurs chrétiennes : Education

Saint-Jean de Passy : un collectif de professeurs et de personnels se manifeste

Saint-Jean de Passy : un collectif de professeurs et de personnels se manifeste

On me fait suivre un manifeste émanant de professeurs et salariés de Saint Jean de Passy, en soutien au directeur M. Clément :

En dépit du confinement et de la difficulté à communiquer et à partager sur les événements survenus dans notre établissement, certains sont particulièrement choqués par la manière brutale, dans la forme comme sur le fond, dont Messieurs Clément et Ducret ont été suspendus de leurs fonctions. De nombreux professeurs, des membres du personnel, un grand nombre de parents et d’élèves sont stupéfaits par la méthode employée et nous voulons par ce manifeste, exprimer notre incompréhension aux responsables : le Conseil d’Administration (composé de la direction diocésaine, de l’APEL, de l’association des anciens élèves et de quelques administrateurs).

La procédure brutale, mardi 15 avril au matin, déclenchée par un huissier au domicile de Monsieur Clément au début de son temps de vacances est inutilement blessante pour lui- même et pour ses quatre enfants. Quant à Monsieur Ducret, c’est l’huissier qui l’a tiré de son sommeil pour lui remettre une lettre de mise à pied !

Par cette décision précipitée, le Conseil d’Administration décide de prendre le risque de mettre en péril l’équilibre d’une communauté qui rassemble près de 3000 élèves, 200 professeurs et 130 salariés. Cette “famille de Saint-Jean” a une diversité d’opinions mais travaille pour un seul projet qui vise le bien commun des élèves qui lui sont confiés.

Dans ce contexte de pandémie, d’isolement, de confinement, pour certains même de deuil très lourd, ce modus operandi affecte de nombreuses personnes déjà fragilisées qui ne comprennent pas l’intérêt d’ajouter une angoisse supplémentaire, vraisemblablement non anticipée par le Conseil d’Administration.

Quelle urgence de communiquer le même jour aux professeurs, aux personnels et aux familles, des accusations dont les intéressés eux-mêmes ne connaissaient pas la teneur, avec l’impossibilité de se défendre et en dépit du simple respect de la présomption d’innocence ?

Comment expliquer l’incohérence de cette stratégie managériale et de communication au regard des principes que pourtant le Conseil d’Administration met en avant ?

En voici les premières conséquences :

  • la démotivation des équipes pédagogiques qui doivent reprendre lundi un enseignement à distance inédit dans des conditions de travail inégales et très difficiles pour certains.
  • la difficulté de poursuivre cette année scolaire en cohérence avec le projet pédagogique de Saint-Jean de Passy dans la continuité de l’histoire de l’institution.
  • le désarroi moral de nombreux membres de la communauté éducative qui sont affectés par des informations éloignées de ce qu’ils vivent au quotidien.
  • l’inquiétude justifiée des parents et des élèves dont nous avons la charge sur la continuité pédagogique et éducative (notamment au lycée au moment du processus Parcoursup et des épreuves du Bac en contrôle continu).
  • plus inquiétant, l’annonce de l’arrêt maladie de la quasi-totalité de l’équipe du lycée pour une période de plusieurs semaines.
  • plus grave encore, l’alerte relayée par les proches de Monsieur Ducret montrant des signes très inquiétants et dont l’état psychologique préoccupant a entraîné une hospitalisation en urgence avec une surveillance médicale rapprochée jusqu’à nouvel ordre.

Nous témoignons de l’engagement pédagogique, éducatif et spirituel de Monsieur Clément dont nous reconnaissons les qualités réelles pour diriger un établissement de cette ampleur. Pendant les crises de ces derniers mois – gilets jaunes, grèves, COVID-19, mise en place d’une école hors les murs – son implication ne s’est pas démentie. Il a su avec discernement et souvent dans un contexte d’urgence, donner les bonnes orientations pour que soient préservées tant l’intégrité physique de chacun que les exigences éducatives de Saint-Jean.

Nous exprimons, par ce manifeste et l’organisation de cette “grève” inédite dans l’histoire de Saint-Jean, notre désarroi face à la situation :

  • Nous demandons que la communauté éducative soit informée en vérité. Au cours de l’enquête menée, les professeurs n’ont pas été entendus alors que le chef d’établissement est leur supérieur hiérarchique et qu’ils sont des acteurs majeurs de la vie d’une école.
  • Nous dénonçons la façon dont cette affaire a été rendue publique, jetant instantanément l’opprobre et salissant la réputation de deux hommes auprès de la communauté de Saint-Jean de Passy et plus largement par sa propagation rapide dans les médias.
  • Nous dénonçons le calendrier de cette procédure qui déséquilibre gravement l’organisation de l’établissement dans un contexte sanitaire, social et pédagogique particulièrement sensible.
  • Nous réclamons sans délai l’application d’un traitement respectueux des personnes, conformément au droit, à la justice et aux principes évangéliques qui sont le cœur de notre projet.

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16 commentaires

  1. Précisons que M. Jean-François Canteneur, directeur diocésain, est aussi membre du Conseil d’administration de Saint Jean de Passy.

    • Sans avoir d élément sur le fond, la forme est déconcertante : mise à pied et saisie du matériel par huissier à domicile le mardi de Pâques, en plein confinement et vacances scolaires, établissement sans directeur à deux mois du bac, alors que familles et enseignants sont particulièrement inquiets cette année et que Parcoursup est lancé. Etait il nécessaire, même si la démarche s avérait fondée, de semer un tel trouble dans la communauté éducative de SJP? Je salue la solidarité exemplaire des familles, enseignants et personnel de l établissement, qui restent unis dans cette épreuve difficile, et souhaite que la situation s’apaise rapidement. Pensées aussi pour Monsieur Ducret, hospitalisé depuis mercredi dernier.

    • En réalité M. Canteneur ne cherche qu’à servir ses propres ambitions. Lassé d’un poste administratif de second rang, il brigue le poste bien plus prestigieux de M. Clément. Dans quelques semaines il sera nommé directeur par intérim de SJP puis directeur en titre.
      Comment le Diocèse peut-il laisser faire ?

    • Intéressant. Le blog de mediapart s’intéresse à cette affaire :

      https://blogs.mediapart.fr/droite-parisienne/blog/200420/coup-d-etat-saint-jean-de-passy

  2. A Madame de LA GUILLONNIERE :

    Madame

    Vous êtes présidente de l’Apel St Jean de Passy.

    Devant le déluge de témoignages de parents d’élèves en faveur de Messieurs Clément et Ducret, sauf à ce que vous expliquiez l’énorme faute commise pour employer de tels moyens, je pense que vous vous honoreriez en faisant parvenir dès demain une lettre proposant votre démission de la présidence de l’Apel St Jean de Passy.
    En utilisant de telles méthodes, je vous demande d’imaginer une seule seconde les conséquences humaines sur ces deux familles.

    Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués
    Thierry Adrien
    PS: même demande pour Monsieur Moreau et Canteneur
    Heureusement que vous aviez choisi le cabinet AlterHego qui se prétend “spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux” !!

  3. Règlement de compte entre une direction diocésaine visiblement favorable aux idées maçonniques anticléricales, et une direction qui, ô outrage, a eu l’idée folle, dans un établissement catholique, de remettre un peu de religion au milieu de l’éducation…

    Ce cas est emblématique car il touche un grand lycée parisien, mais, malheureusement, un peu partout en France et ce depuis bien des années, le même schéma se reproduit, avec moins de bruit et de couverture médiatique. Combien de directeur d’établissement ont été dégagés par une direction diocésaine, sous des motifs très variés. Qui pour avoir remis des messes hebdomadaires, qui pour avoir installé une statue de la Vierge dans la cour, qui pour avoir remis des cours de théologie, qui pour avoir exprimé sa foi lors d’un discours, qui pour finir ses réunion par un “et que Dieu bénisse notre école”…. Cherchez et vous trouverez des dizaines de cas.

    Le modus openrendi est souvent le même : une cabale est montée de toute pièce contre le directeur avec des témoignages de quelques personnes, une minorité, qui vont dire avoir été harcelés par la direction. Publication d’arrêt de travail pour motif psychologique, témoignages circonstancié mais inventé, etc. Témoignages issus de personnes ouvertement de gauche, anticléricales, et presque systématiquement adhérentes à un syndicat. On passera sur les lettres anonymes, et les menaces reçus par les directeurs dans ce cas… Le tout appuyé, et probablement organisé, par la direction diocésaine, qui supporte difficilement Dieu dans l’école…

    Il serait temps de nettoyer tout ce bordel !

    Tout mon soutient à MM. Clément et Ducret, car le combat contre la Bête est long et difficile…

  4. Pour ma part, je ne prendrai pas parti.
    Peut-être l’action du CA est-elle inappropriée, peut-être pas.
    Mais le développement qui lui est donné ne me le semble pas non plus.

    J’ai observé pas mal de choses dans ces milieux depuis des décennies… Des collectifs de parents, etc., tout à fait sincères sans doute, mais n’ayant qu’une perception très partielle des choses, auraient pu écrire ce genre de texte de soutien pour des personnes qui pouvaient par ailleurs faire preuve d’une grande perversité.

    Alors… prudence.

  5. Il serait intéressant, effectivement, que soit respecté le point N° 3 des “Mesures à prendre” mentionné dans le COMMUNIQUE DU COLLECTIF DES PARENTS D’ELEVES “TOUS UNIS AUPRES DU DIRECTEUR” CONCERNANT L’EVICTION DU DIRECTEUR DE SAINT-JEAN DE PASSY.
    J’a bien connu, au cours de ma vie professionnelle, toutes ces histoires d’AUDIT, souvent manipulées pour parvenir aux souhaits du prescripteur. Il serait intéressant de savoir, exactement, quel était l’objet de cet Audit et à la suite de quel événement ou quelle situation constatée il a été organisé, et qui étaient le ou les prescripteurs.

  6. Je ne connais pas ce dossier mais je ne suis pas étonnée des méthodes employées. J’ai pu voir la direction diocésaine à l’œuvre dans une autre affaire parisienne. Cynisme, hypocrisie, mépris des élèves et du personnel, prééminence des intérêts financiers sur toute autre considération… On est bien loin des valeurs évangélique dont l’évocation dégouline de tous les textes de référence.
    S’il fut un temps où je défilai pour la défense de l’Ecole Libre, ça ne me viendrait plus à l’idée aujourd’hui.

    • bonjour j’ai vécu exactement la même chose. j’étais entrée dans l’enseignement catholique pour vivre le lien entre enseignement et foi, et j’ai été dégoûtée des deux. j’y ai retrouvé goût peu à peu… en me tenant éloignée de ce milieu.
      si les personnes accusées sont de bonne foi, espérons qu’elles ne tomberont pas comme je l’ai fait et comme tant d’autres professeurs l’ont fait, dans la spirale de la dépression et de la détestation de soi.
      merci pour ces nouvelles au salon beige.

  7. J’appelle ces établissements des écoles publiques payantes car les idées véhiculées par la grande majorité des professeurs et les directeurs diocésains y sont les mêmes que dans les écoles laïques gratuites! Ecoles privées… de Dieu!

  8. L’ école catholique, un lieu de convictions fortes … mais pas trop tout de même !

    « …Il y a vingt ans, je considérais qu’une école était catholique par son recrutement d’élèves majoritairement catholiques. Mais j’ai compris qu’elle avait un service plus grand à rendre et que ce qui la faisait catholique était son chef d’établissement, son projet, le fait qu’elle soit un lieu de convictions fortes. En Terre Sainte, certains établissements catholiques sont tenus par trois religieuses. Ils reçoivent 90% de musulmans qui veulent que leurs enfants soient éduqués comme les enfants chrétiens. Dans notre société plurielle, où les convictions se ramollissent, c’est le modèle que nous pouvons proposer, être comme le levain dans la pâte ou encore la lumière du monde dont parle le Christ dans l’Évangile » Propos de Jean-François Canteneur en Août 2015

    https://www.paris.catholique.fr/l-ecole-catholique-doit-etre-un.html

  9. “Cette mise à pied vient couronner des années de rivalités et de rancunes personnelles, notamment depuis que le père de François-Xavier Clément, André Clément, avait renvoyé le jeune Jean-François Canteneur de l’IPC”
    ‘…)
    ” Sous pression, Jean-François Canteneur devra vite communiquer des éléments pour justifier la mise à pied de François-Xavier Clément et prouver sa non-implication dans l’affaire.”

    Source Médiapart

  10. “Enfin et surtout, Saint-Jean de Passy est l’un des derniers grands établissements scolaires privés catholiques parisiens qui ne dépendent pas financièrement du diocèse. La chute de son actuel directeur pourrait donc aussi être une manière de faire rentrer l’établissement (ses revenus et son formidable patrimoine immobilier) dans le giron du diocèse de Paris.”

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