Riaumont : les cloches de Notre-Dame de Paris (suite)

Riaumont nous raconte la suite de cette affaire extravagante :

"Tout est prêt au Village de
Riaumont, en vertu de la proposition d’attribution officiellement faite
en sa faveur le 07 juillet dernier par la DRAC, pour les recevoir avec
piété et leur assurer encore une longue vie. Pendant ce temps, l’Association du 850 ème anniversaire de la cathédrale, en la personne de son président, Mgr
Jacquin, poursuit sa politique d’obstruction illégitime à ce projet, et
persiste à notre égard dans un refus de dialogue obstiné. Nous le
regrettons vivement.

Grâce à notre action en justice de novembre dernier, et à notre
assignation du 05 décembre, le processus scandaleux de destruction des
anciennes cloches a été stoppé
. Le lot n°6 de l’appel d’offre signé par
la fonderie Cornille-Havard, qui prévoyait la récupération du métal des
anciennes cloches en vue de la fabrication d’une série de clochettes
vendues aux touristes, est définitivement abandonné. C’est une première victoire.

Mais le recteur persiste à annoncer
que les cloches, de trop mauvaise qualité pour sonner, seront exposées
dans un musée ou dans un square.

Cette navrante stratégie appelle quelques remarques :

  1. Le
    recteur cherche manifestement à faire avaliser sa propre décision par la
    DRAC. La réunion qu’il annonçait fébrilement pour janvier puis pour
    début février n’a pas eu lieu.
    Il est tout à l’honneur de la DRAC de ne
    pas couvrir de son autorité la condamnation définitive des anciennes
    cloches au silence.

  2. En effet, depuis novembre, date de notre intervention
    judiciaire, la DRAC, seule décisionnaire légitime de l’attribution d’un
    bien patrimoine de l’Etat, n’a pas repris la parole à ce sujet. Sa
    dernière prise de position date de juillet 2012 et concerne
    l’attribution des cloches à Sainte-Croix de Riaumont, projet qui n’a
    jamais été officiellement remis en question.

  3. L’idée de traiter ces cloches comme objets d’exposition est, certes, infiniment préférable à leur destruction …

  4. mais elle ne se justifierait que si les cloches en question étaient réellement incapables de sonner !

  5. Or cette thèse partout répétée depuis des mois par le recteur est une contre-vérité flagrante, comme en attestent les rapports de deux campanologues reconnus que nous citons en pièce jointe.

  6. Il est
    maintenant clairement établi que l’actuel projet du recteur est moins
    motivé par le respect du patrimoine que par le besoin impérieux qu’il
    ressent de réduire définitivement ces cloches au silence.

Car à Paris, la fable des cloches-qu’on-devait-impérativement-changer fait sourire beaucoup de monde. Comme le laissait entendre le Parisien dès le 27 déc 2012 : « Il ne manquerait plus pour ajouter
une vraie fausse note au jubilé des 850 ans de Notre-Dame que les
cloches accusées de sonner faux à Paris ne se mettent à sonner juste
dans le Pas-de-Calais ! »