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France : Politique en France

Retraites : le poisson d’avril de Nicolas Sarkozy

Minute a interrogé Pierre-Edouard du Cray. Extraits :

"vous dirigez les études de Sauvegarde Retraites. Lors de ses voeux aux Français, Nicolas Sarkozy a déclaré: «Notre système de retraite a été mis à l’abri de la faillite inéluctable qui le guettait si nous n’avions rien fait.» Que pensez-vous de cette réforme, présentée comme «la» réforme principale du quinquennat?

R Jadis, l’année commençait le 1er avril. Apparemment, le président de la République se conforme à cette ancienne tradition, puisqu’il nous offre un poisson d’avril le 1er janvier! (rires). Avant son élection, le candidat Sarkozy avait précisé que, grâce à la réforme réalisée en 2003, le problème des retraites était résolu jusqu’en 2020. Apparemment, il ne sait pas bien compter puisque trois ans et demi plus tard, il affirme que sa nouvelle réforme sauve de la faillite ce même système, qui allait très bien…! […] Comme vous le savez, la mesure phare de la réforme recule de deux ans l’âge légal du départ à la retraite, qui passe de 60 à 62 ans. Deux générations de Français, à savoir 1,6 million de personnes, continueront ainsi à cotiser au lieu de percevoir une pension. Ce n’est pas rien, puisque cela permettra d’économiser 20 milliards d’euros à l’horizon 2018: c’est donc un véritable ballon d’oxygène.

Néanmoins, contrairement à ce que prétend le président de la République, il ne suffira pas à ramener le régime de retraite à l’équilibre d’ici à 2018. En effet, les prévisions du Conseil d’orientation des retraites, sur lesquelles le gouvernement a appuyé sa réforme, sont très optimistes. Elles misent sur un taux de chômage de 4,5% dans un premier temps – ce qui correspond au plein emploi! – et de 6,5% à l’horizon 2018, ce qui n’est pas réaliste; sur un taux de productivité des Français en progression continue, ce qui n’est pas plus envisageable dans la situation présente; et sur l’intégration de 100000 immigrés par an, prêts à cotiser pour sauver le système – alors que nul n’ignore que l’immigration coûte davantage qu’elle ne rapporte.

Par ailleurs, la réforme contient un poison qui annihilera ses effets bénéfiques: le gouvernement, cédant aux syndicats, a mis en place un dispositif de «pénibilité» qui permettra de partir à 60 ans à toute personne frappée d’une incapacité de travail de 10%, ce qui correspond à des petits bobos. […]

Il est prévu de lever de nouveaux impôts sur les ménages, en relevant de 1% l’impôt sur le revenu et en augmentant également d’un point l’imposition sur les plus-values. En somme, on taxe encore plus les Français pour sauver l’Etat-providence… Mais cette aggravation de la fiscalité, qui frappe les retraités comme les actifs, produit des effets négatifs sur le dynamisme économique, moins de croissance, moins d’emplois, autrement dit moins de cotisants: c’est le serpent qui se mord la queue! […]

En définitive, il manque 15 milliards d’euros, qui seront financés par le biais d’une subvention de l’Etat. Mais l’Etat est lui-même déficitaire: c’est la politique du sapeur Camembert, qui creuse un trou pour en boucher un autre."

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2 commentaires

  1. “intégration de 100000 immigrés par an” Vous plaisantez !! Le chiffre des immigrés légaux voisine avec le double (174000 pour la seule année 2004 , dont la pluspart au titre du regroupement familial ) , et si nous ajoutons les clandestins (pudiquement appelés sans papiers) le total est entre 300 et 350000 par an

  2. c’est vraiment écoeurant ! nous sommes devenus des “émergents” ! sans avenir d’émerger surtout !

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