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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Retour de la messe en latin et face à Dieu?

Rjh
Monseigneur Malcom Ranjith Patabendig, évêque sri-lankais et numéro deux de la congrégation pour le culte et la
discipline des sacrements a accordé un entretien à l’agence 1.media où il fut question de liturgie (merci au FC de la mise en ligne de ce texte).

Il constate dans un premier temps les abus liturgiques qui ont ouvert des

"directions
erronées comme l’abandon du sacré, la confusion des rôles entre les
laïcs et les prêtres, ou encore certains changements qui ont vidé les
églises en les protestantisant
. Ces changements de mentalité ont
affaibli le rôle de la liturgie plutôt que de le renforcer» et favorisé «le sécularisme".

Il précise ensuite qu’après Vatican II,  "certains changements peu réfléchis ont été faits, dans la rapidité et l’enthousiasme", ce qui a débouché sur "une situation opposée à celle que l’on souhaitait".

Concernant le rite saint Pie V, il déclare que «l’ancien missel de la messe dite de saint Pie V n’a jamais été aboli», rajoutant que L’Eglise "doit être sensible à ces urgences que les gens sentent et retrouver certains aspects de la liturgie du passé".

Enfin, dans une volonté d’apaisement et de continuité dans l’Eglise, il annonce que le Saint-Siège appelle ainsi les évêques à «renforcer les acquis du passé»
tout en conservant les gains du concile en matière liturgique
(l’utilisation de la langue vernaculaire, en particulier).

L’article du Figaro véhicule des confusions que nous devons écarter : la messe en latin et face à Dieu n’est pas l’apanage du seul rite saint Pie V.

– La messe en latin : tous les ordos ont été écrits en latin que ce soit celui de saint Pie V ou celui dit de Paul VI. Ensuite, tous les ordos stipulent que la messe doit être dite en latin, même si l’ordo de Paul VI autorise dans certains cas l’emploi de la langue vernaculaire, officialisant des pratiques tolérées dans certaines circonstances.

Messe1942
– Il n’y pas de messe dite dos au peuple, mais certaines sont dites face à Dieu. Là aussi, les deux ordos concernés préconisent de célebrer la messe face à Dieu. Egalement, l’ordo de Paul VI a, dans ce cas aussi, entériné ce qui se pratiquait parfois avant Vatican II (photo de 1942), en autorisant que la messe soit dite face au peuple.

Pour une étude plus approfondie de l’histoire de la liturgie, on peut se rendre sur l’excellent site de l’association Pro Liturgia.

Alors, retour en grâce de la messe en latin et face à Dieu? Là n’est pas le coeur de cette intervention de Monseigneur Ranjith et il n’est pas question non plus de "retour à l’ancienne messe" comme le dit le Figaro. Rappelons que le latin et la messe face à Dieu sont toujours du présent quelque soit l’ordo célébré.
L’évènement est ailleurs et très important : Alors que fin mai il annonçait qu’il ne fallait pas s’attendre à des réformes liturgiques, monseigneur Ranjith fait un point de situation objectif des problèmes liés aux erreurs d’interprétation et aux abus dans la célébration de la liturgie, sous-entend donc l’obligation de la stricte application des ordos et rappelle, pour l’unité de l’Eglise, la nécessaire discipline dans l’exécution du sacrement de l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de toute l’Eglise.

Lahire

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13 commentaires

  1. Il est en effet plus que jamais nécessaire d’ouvrir un vrai et sain débat sur les rites liturgiques et les normes de leur célébration.
    Il est néanmoins peu légitime de comparer le rite de saint Pie V, qui est l’héritier vivant de toute l’histoire liturgique de l’Eglise romaine depuis le IVème siècle -et non comme on l’entend trop souvent de la bouche d’ignares, un rite du XVIème siècle- et la messe de Paul VI, qui pour procéder d’intentions parfois louable (restauration d’éléments anciens, plus grande variété des lectures bibliques…) n’en reste pas moins une fabrication d’expert -comme l’a toujours reconnu le cardinal Ratzinger avant qu’il soit pape-, objectivement coupée du rite traditionnel.
    Sur la célébration “versum populum”, ne nous y trompons pas, elle n’a rien de traditionnel, quand bien même elle fut expérimentée avant le Concile Vatican II. Ces tentatives restèrent isolées à quelques groupes avant-gardistes, ainsi que dans certaines troupes des Scouts de France (comme le montre votre intéressante photographie). Il est à noter que le Père Doncoeur s. j. fut un promoteur zélé de cette tendance, sous l’influence de liturgistes progressistes comme Dom Lambert Beauduin.
    Les traditionalistes ne doivent donc pas rêver : il paraît tout à fait illusoire de penser à une restauration pure et simple de la messe traditionnelle dans les temps à venir. Les défenseurs de la messe de toujours auront cependant un rôle important dans la volonté de “réforme de la réforme” que l’on sent poindre de la part de Rome.

  2. Ecrire que “l’utilisation de la langue vernaculaire est un gain du concile Vatican II en matière liturgique” est faux : l’édition du missel de 1962 préconise cette pratique largement utilisée jusqu’à ce jour lors de la célébration du Saint Sacrifice.

  3. … mais le missel de 1962 est daté du … Concile non?

  4. la querelle du rite n’est pas d’ordre sentimental ou nostalgique; elle est liée à la question essentielle de savoir si la messe est le renouvellement non sanglant du sacrifice du Christ ou si elle est un repas commémoratif et communautaire.
    c’est parce que le rite Paul VI affaiblit de façon considérable la notion de sacrifice et qu’il touche au coeur même de la foi qu’il est vivement combattu par les traditionalistes.

  5. Bonjour,
    D’abord l’expression “face à Dieu” me semble un peu erronée. Elle sous-entend donc que l’autre version se fait contre ou dos à Dieu ? Même s’il s’agit de tenir compte dans le premier cas de la direction vers l’est et de la position du tabernace, cela n’a pas beaucoup de sens. Ainsi, à Rome à Sainte-Marie Majeure, la messe dite face à Dieu est dite … face au peuple !!! compliqué, non ? Le cardinal RATZINGER d’ailleurs dans son livre L’ESPRIT DE LA LITURGIE déplore que la messe ne soit plus dite vers l’est mais conseille, pour des raisons pratiques, de placer une croix entre le prêtre et les fidèles afin que tous soit tourné vers le Seigneur.
    Dans le rit de Paul VI, la prière eucharistique n°1 est largement inspirée du canon de la Messe de Saint Pie V. On y parle de sacrifice, de damnation éternelle, etc … L’éloignement n’est donc pas si considérable.
    Enfin, ne faudrait-il pas aussi revoir aussi le calendrier du rit de saint Pie V qui, malheureusement, n’est pas à l’unisson de l’église catholique romaine et ne fait pas mémoire quotidiennement de saints récents comme Edith Stein ou le Padre Pio, de bienheureux comme le père de Foucauld ou Mère Térésa.
    Je termine en ajoutant que j’aime les deux rits et que, personnellement, je trouve qu’ils ont chacun leurs richesses et leurs limites humaines. Au dela de la dialectique et de la guerre de tranchée liturgique, ce sont d’abord des messes célébrées dans le recueillement et le respect des rêgles édictées qui nous aident à prier.
    Philippe

  6. “Dos au peuple” est une absurdité. Je dirais plutôt avec les fidèles, les menant vers Dieu. Ainsi le prêtre remplit son rôle de pasteur.

  7. une vraie contre-réforme!

  8. @ Clara
    Et moi je recensure vos commentaires qui n’apportent rien! Depuis quand des insultes vont-elles faire avancer les choses?
    S’il doit y a voir une prochaine fois pour un tel message de vous, ce sera la dernière.

  9. Si ça vous chatouille, c’est que je vois juste…

  10. ce n’est pas une insulte, pour moi ces débats me rappellent les questions des pharisiens à Jésus, alors relisez les réponses, s’il vous plait…

  11. Un fait : la désacralisation. C’est un fait. Depuis que les équipes liturgiques dirigent la messe et noyautent le prêtre, beaucoup ont déserté les églises end énonçant la désacralisation, la protestantisation, voire que cette nouvelle messe n’est plus pour eux la messe qu’ils ont connu dans leur jeunesse et donc que ce n’est plus la messe catholique.
    Ces dérives sont actuelles. Elles sont dues à une mauvaise réalsiation des expérimentations voulues au concile Vatican II pour améliorer la participation des fidèles à au saint sacrifice (Sacrosanctum concilium, Constitution conciliaire sur la liturgie promulguée par Paul VI le 4 décembre 1963), et aujourd’hui, les “abus” dénoncés par Rome tendent à indiquer qu’il y a un problème dans la réalisation de ces expériences qui n’ont pas produit l’effet attendu d’un renouveau de la foi ou d’une meilleure participation des fidèles au saint sacrifice. Tout au contraire, c’est ce que dit Mgr Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, dans le Tagespost du 22 mai 2006 :
    “On avait ouvert l’Eglise au monde moderne. On avait repensé les relations de l’Eglise catholique avec les autres confessions chrétiennes, avec l’islam et le judaïsme. On avait pris en compte l’existence des médias, on s’était préoccupé de développement, de paix et de justice sociale. On s’était penché sur les questions structurelles de l’Eglise, et aussi sur le rôle des laïcs dans le monde. On avait récolté les fruits du Concile Vatican II : tout était prêt, l’avion “Eglise” pouvait et devait décoller. Mais voilà, rien ne s’est passé, la machine ne s’est jamais élevée. L’envol de l’Eglise vers les cimes ne s’est tout simplement pas produit.” Source : Entretien avec Mgr Ranjith dans le Tagespost du 22 mai 2006
    http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=200769
    Mgr : “On voit que la liturgie a pris des directions erronées comme labandon du sacré et de la mystique, la confusion entre le sacerdoce commun et celui consacré avec un appel spécifique, en dautres mots la confusion des rôles entre les laïcs et les prêtres. Il y a aussi la vision du concept dEucharistie comme un banquet commun plutôt que laccentuation sur la mémoire du sacrifice du Christ au calvaire et sur son
    efficacité sacramentelle pour le salut, ou encore certains changements comme davoir vidé les églises en les protestantisant… Ces changements de mentalité ont affaibli le rôle de la liturgie plutôt que de le
    renforcer. Ceci nétait pas lidée de Sacrosanctum concilium (Constitution conciliaire sur la liturgie promulguée par Paul VI le 4 décembre 1963, ndlr) qui voulait que la liturgie soit participante,
    approfondie, mise plus en contact avec la Parole de Dieu et la signification de la catéchèse. Ceci a causé dautres résultats négatifs pour la vie de lEglise.” Source : Vatican – Agence I.MEDIA – 22 juin 2006
    http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=200839

  12. Précision : La dernière citation est toujours de Mgr Ranjith au Vatican – Agence I.MEDIA – 22 juin 2006.
    Cordialement,

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