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France : Société

Restriction des libertés : «Ce qui était hier exceptionnel et temporaire se banalise»

Restriction des libertés : «Ce qui était hier exceptionnel et temporaire se banalise»

Le ministre de la Santé a incité les Français à remettre le masque. Mathieu Slama, consultant et analyste politique, écrit dans Le Figaro :

L’oubli est la meilleure arme pour installer et normaliser les mesures et pratiques les plus intolérables.

Il y a plus de deux ans, nous entrions dans une nouvelle ère politique faite d’interdictions, de coercition, d’enfermements et de discipline des corps. Ce que Foucault appelait biopolitique s’est réveillée de la pire des manières, emportant avec elle notre État de droit, nos libertés et une certaine conception de la démocratie. Mais voilà, après ces deux ans de folie liberticide, nous voici replongés dans la quotidienneté des petites affaires politiques et politiciennes, et le pays tout entier semble avoir oublié qu’il a vécu les privations et interdictions les plus dures de son histoire récente.

Le gouvernement, dans l’indifférence générale, songe à prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’à mars 2023 (ce qui implique un état d’urgence de trois ans, c’est-à-dire permanent) et à réinstaller le passe sanitaire pour les entrées et sorties du territoire. Ce qui était hier exceptionnel, gravissime et temporaire se banalise, devient modulable selon le bon vouloir du pouvoir en place et trouve dans l’opinion un silence qui vaut approbation. Toutes ces mesures finiront par s’inscrire dans le droit commun sans que personne ou presque ne s’en émeuve, cela ne fait guère de doute.

Symbole de cette normalisation de l’inacceptable, le masque semble lui aussi de retour si l’on en croit les propos de la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon qui a vivement recommandé aux Français de porter un masque dans les transports en commun (avant peut-être de le rendre à nouveau obligatoire ?).

Entendons-nous bien: le masque en lui-même n’est pas inacceptable, et il est souhaitable que les personnes malades ou ressentant des symptômes le portent dans des milieux clos. Et si d’autres souhaitent le porter par sécurité dans la rue ou dans les transports (comme c’est le cas aujourd’hui), grand bien leur fasse.

Ce qui est inacceptable et dangereux, c’est le fait que le gouvernement s’arroge le droit, dans le cadre d’un état d’urgence non démocratique, d’imposer une mesure aussi coercitive et liberticide. Donner à l’État le pouvoir de masquer les gens de force, c’est faire fi de toute notre culture libérale qui interdit à l’État de dicter notre manière de nous présenter au monde, y compris en temps de crise. […]

 

Derrière le masque, il y a l’idéologie du «safe», idéologie qui menace la société tout entière et qui constitue le drame de notre époque. Cette idéologie, qui se nourrit de la peur, fait de la sécurité le paradigme majeur de la société, et implique que les grands principes de notre République, au premier rang desquels la liberté, soient subordonnés à la demande de sécurité et de protection. D’où la dérive sécuritaire de ces dix dernières années, où les mesures les plus liberticides et attentatoires à l’État de droit sont prises avec l’assentiment d’une majorité de la population. D’où les mesures de surveillance de plus en plus intrusives, auxquelles nous nous soumettons car grâce à elle, nous nous sentons enfin en sécurité. D’où l’incroyable dérive de la politique sanitaire, où les mesures les plus graves et liberticides ont été plébiscitées par la majorité des Français parce qu’elles étaient nécessaires pour nous protéger du virus. L’idéologie du «safe» fait de chaque citoyen une menace potentielle, de chaque crise une menace existentielle pour la nation et de la Liberté une menace pour notre sécurité. «La sécurité est la première des libertés» est sa doctrine et son slogan. La protection et la sécurité deviennent les uniques objectifs du pouvoir. Ce n’est pas un hasard si ce mot, «protéger», est le mot favori du gouvernement et d’Emmanuel Macron, qui encore récemment expliquait que sa mission était de «protéger les Français face aux crises». «Protéger les Français», comme on protège un enfant des menaces de son environnement, comme jadis le souverain protégeait ses sujets en échange de leur soumission. Mais le rôle d’un gouvernement démocratique n’est pas de «protéger» les Français. Il est d’être le garant de notre contrat social, de notre Constitution, de nos libertés et de nos droits fondamentaux.

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11 commentaires

  1. Sous la Révolution, le Président ouvrait la séance de la Convention en disant:

    “Ordre du jour : la Terreur”

    La République est nostalgique de ses vieilles traditions. fanatiques et tyranniques.

  2. “un silence qui vaut approbation”
    Concrètement, que fait-on ?

  3. On en a marre, rendez-nous la liberté de nous soigner librement, réintégrez les soignants et tous les non vaccinés! Ne vous occupez pas de ça on a vu ce que ça a donné depuis deux ans. NON, MERCI!

  4. Et la sécurité dans la rue ou n’importe où en France. Il faudrait sans doute que le gouvernement commence par assurer les Français qu’ils ne se feront pas égorger pas les déséquilibrés que l’islam multiplie rien que par ce qu’il est, “id est” une supercherie qui fait le malheur de ses adeptes.

  5. C’est cette passivité de la population qui est le plus effrayant. Pour le gouvernement, c’est le feu vert à toutes sortes d’abus coercitifs sous les prétextes les plus futiles. Ici un petit virus affaibli qui vous donne migraines et courbatures pendant 48h, sans fièvre ni fatigue dans la majorité des cas. Déclencher une peur avec si peu laisse rêveur sur l’état mental de la population qui me semble mûre pour une dictature.

  6. Vous verrez qu’un jour, ils vont imposer le port du préservatif. Tout rapport non protégé sauf s’il y a un accord écrit préalable (un site gouvernemental sécurisé sera dédié à cet effet) entre les partenaires, y compris pour des couples (vraiment) mariés, sera pénalement condamnable.

    On pourra alors supprimer l’avortement … sauf exception.

    Meltoisan 29/06/2022

  7. Il y a une faille dans ce raisonnement. Le ‘safe’ ne concerne qu’une petite fraction des risques, uniquement ce qui permet la coercition sur les Français français (pardon pour la lourdeur de l’expression).
    Le ‘safe’ ne concerne en aucun cas, par exemple, le droit d’aller et venir sans être agressé ou dévalisé, celui pour les femmes, les jeunes filles, de ne pas courir en permanence le risque d’être violées, celui des propriétaires d’un bien, en général modeste, de ne pas en être dépouillé sans recours… (liste incomplète)

  8. Les Japonais portent les masques dans la vie de tous les jours, sans problème.
    Se laver les mains est un geste d’hygiène élémentaire mais hélas ignoré de beaucoup en France.

  9. Ils en ont à nouveau voulu , du micron , eh bien , on l’a à nouveau pour cinq longues années ! ! ! A qui la faute ?

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