Réflexion sur les événements en cours :
"Qu’elle est belle cette jeunesse française qui se lève, qui se révolte, qui écrit sa page d’Histoire. Qu’elle est fière de rester stoïque devant les CRS, d’affronter les gaz, et tout ça pour finir en GAV ! Elle exhibe avec orgueil son drapeau tricolore et chante à pleins poumon la Marseillaise pour autre chose qu’un match de foot ! Elle vibre pour autre chose qu’une finale de la coupe du monde où le XV de France affronterait les All Blacks ! Elle se casse la voix pour autre chose qu’un concert de Daft Punk ! Mais surtout, depuis deux-trois semaines, elle occupe ses soirées à défendre concrètement un idéal plutôt qu’à réviser ses partiels, à regarder la télé vautrée dans son petit fauteuil ou à glandouiller sur Facebook. Ça met de l’ambiance ces p’tits ‘trucs pour tous’ : on rigole avec les copains, on a sa dose d’adrénaline, parfois on s’en lasse un peu c’est vrai, on se fait des petits stress quand on essaye d’échapper aux lacrymos, mais on sait bien qu’en fait on n’y risque pas grand-chose. Pas grand-chose par rapport à l’inconditionnelle et fondamentale Vérité de ce qu’on défend, j’entends.
Mais … quand la loi sera passée ? Parce qu’elle passera, puis ce sera la PMA, la GPA et autres merveilles que nous permettra la science, qu’on ne fasse pas d’illusions. Notre cher Président a de toute évidence loupé la petite leçon d’éducation civique en classe de primaire où l’on explique que la Constitution française ne se limite pas à l’article 16, qu’un mandat présidentiel n’est pas une période de pleins pouvoirs et que la démocratie n’est pas censée donner lieu à des alternances de quinquennats où l’on fait et défait les lois qui nous plaisent ! Alors que fera notre jeunesse ? Quand elle se sera lassée de passer ses soirées à écouter Gandhi en chantant l’Espérance, que ses glandes lacrymales seront fatiguées du gaz, et que bon, les partiels arriveront, ou même les vacances – « Faut pas pousser, on va pas non plus passer notre mois de juillet à s’exciter devant les Invalides » – ? Eh bien rentrera chez elle, sans doute un peu déçue, mais certaine qu’on parlera d’elle dans les livres : « Quand même c’était un moment historique, mes petits enfants seront fiers de moi ». Eh oui, les naïfs ! Ils pensent que si un gouvernement est capable de diviser par deux les chiffres d’une manif’, dans quelques années les éditeurs de livre d’Histoire, eux, sauront leur rendre l’hommage dû pour l’héroïque énergie dépensée…
C’est là qu’elle n’a pas tout compris la belle jeunesse. Alors toi qui en fais parti, toi qui luttes pour qu’un mariage reste un mariage, poses toi la question : qu’en fais-tu dans ton quotidien ? Je ne parle pas des débats, des messages quotidiens dont tu te fais le relai sur Facebook, de tes réponses à des sondages innombrables, ni de tes actions plus ou moins vêtues avec des pantalons plus ou moins colorés et autres déclinaisons ‘pour tous’. Je te parle de ta vie à toi. « Le mariage est une chose beaucoup trop belle et puissante pour être dénaturée », scandes-tu?
Alors aime ta femme, chéris-la, rappelle-toi tous les jours que tu l’as épousée pour le meilleur et pour le pire ; même quand elle sera ridée, aigrie, ménopausée. Et oui, ça peut finir ainsi une femme. C’est la nature, celle-là même que tu défends quand tu refuses la PMA…
Aime ton mari, admire-le, soutiens-le, même s’il est chômeur et parfois d’une hygiène douteuse, même quand dans 30 ans il sera ventripotent, psychorigide et que l’irrésistible charme pour lequel tu l’avais choisi l’abandonnera peu à peu. Parce que ça peut finir comme ça, un homme…" (suite).

