Bannière Salon Beige

Partager cet article

Médias : Nouveaux médias

Réseaux sociaux et marxisme

Réseaux sociaux et marxisme

D’un lecteur :

Introduction au marxisme

Le marxisme est une idéologie très particulière qui peut prendre de nombreuses formes. Il est donc difficile de la cerner et d’en donner une définition précise et juste.

Le marxisme peut être introduit par cette phrase de Monseigneur Gaume : c’est la « haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi ». Bien que cette phrase soit incomplète, elle n’en contient pas moins l’essentiel. Richard Dupuy, franc-maçon, disait : « La méthode maçonnique, c’est la remise en cause perpétuelle de ce qui est acquis ». Or, nous savons que la franc-maçonnerie a une dévotion particulière à l’idéologie humaniste, que le marxisme chérit tant. Quant à Jaurès, il disait : « Ce qu’il faut sauvegarder avant tout, […] c’est cette idée qu’il n’y a pas de vérité sacrée ».

Dans une telle philosophie, il devient alors essentiel de dissoudre tout ce qui peut être substance de vérité et d’ordre objectif. Ainsi le marxisme ne retient plus que l’aspect évolutif des choses.

La philosophie traditionnelle catholique donne la vérité comme étant immuable, et les choses ont un sens qui n’est pas modifiable. Oui est oui, non est non. Il existe donc le bien et le mal, les choses bonnes et les choses mauvaises, et l’un n’est pas l’autre.

Dans le marxisme, ces évidences disparaissent pour une philosophie qui n’a aucun ancrage. Par exemple, pour trancher sans porter le moindre jugement de valeur (valeur qui n’existe donc pas), une phrase telle que « vous n’êtes pas de votre temps » permet au marxiste de désapprouver quelque chose.

Dès lors, la vérité n’est plus : elle se fait. Combien croient encore à une vérité immuable, qui ne change pas ?

Ainsi, faisant abstraction de tout ce qui est érigé et de tout ce qui est, le marxisme devient une philosophie où toute chose prend sens dans l’action : le mouvement. Sans “être” antécédent, et sans “être” pour terme, qui pourrait au moins permettre de juger ce mouvement. Bergson lui-même disait : « Il n’y a pas de choses, il n’y a que des actions ». Or saint Thomas d’Aquin a repris d’Aristote cette définition du mouvement : « être en mouvement, c’est tout ensemble être et n’être pas ». Le marxisme est donc à l’exact opposé de : « que ton oui soit oui, que ton non soit non ».

Le vrai marxiste est donc un homme qui ne croit à la vérité de rien, mais qu’intéressent uniquement la force, la transformation, la mise en œuvre de tout.

À ce titre, cette philosophie accueille la contradiction, et y prend même goût. Minkowski écrivait : « Notre existence, en ce qu’elle a de mouvant et de vivant en elle, est traversée d’antonymies non-antonymiques, de contradictions non-contradictoires, d’oppositions non-oppositionnelles… ». Nous comprenons ici pourquoi certains groupes arrivent à défendre les droits de la femme en même temps que l’islam.

Dans le marxisme, les idées ne sont donc plus jugées par rapport à l’être qu’elles désignent, mais plutôt à l’expression plus ou moins spontanée de celui qui l’exprime, ou au flux passionnel qu’elles peuvent déclencher et entretenir.

On ne parle plus aux intelligences, on parle aux tripes. On ne cherche pas à éclairer les esprits, on cherche à les « remuer ».

Et les mots eux-mêmes ne sont plus utilisés pour le sens qu’ils portent, mais pour la force qu’ils dégagent : une sorte de sens dynamique, non littéral.

Réseaux sociaux et marxisme

Le lien entre les réseaux sociaux et le marxisme devient évident à ce stade.

Les réseaux sociaux ont mis en place de nombreux moyens qui nous font nous exprimer par les émotions, plutôt que par des idées construites comme sur les lettres manuscrites par exemple. Les émoticônes, les limites à 500 caractères, les flux sans fins, les flammes, les réactions, les « j’aime », et tous les autres éléments qui aident à compléter chaque jour les modèles numériques qu’ils ont de nous, sont également un reflet d’une idéologie marxiste.

Le problème est qu’implicitement au moins nous tombons dans la façon de penser et de faire du marxisme. Sans maîtrise et conscience de ce que nous faisons avec ces outils numériques, le risque est, à long terme, de se laisser influencer par cette philosophie pourtant contraire à notre pensée. Il est donc capital d’utiliser les technologies avec précaution et juste mesure afin de ne pas tomber dans leurs travers idéologiques.

« L’effarant est qu’implicitement au moins, le tour d’esprit, la façon de penser d’un très grand nombre réalise ce que le marxisme se contente d’expliciter et de systématiser »

Jean Ousset

Conclusion

Nous devons changer notre façon d’utiliser les messageries numériques. Il est nécessaire que nous prenions conscience des mécanismes qui se trouvent derrière ce qui s’affiche à nos écrans.

Nous pouvons utiliser la technologie sous le coup des impulsions, ou l’utiliser de manière vertueuse. C’est donc à nous de choisir ce que nous en faisons.

Même si je ne dis pas que les messageries ont été conçues consciemment pour être marxiste, c’est au moins les conséquences que nous observons. Nous avons donc notre part de responsabilité dans ce que nous en faisons.

Il est également important d’utiliser les moyens appropriés au but que nous recherchons. Les réseaux sociaux ne sont PAS faits pour suivre l’actualité ! Car ils ne sont pas faits pour y mettre des articles constructifs (nous pouvons préférer le flux RSS³).

De même les messageries doivent être configurées en fonction du besoin réel. Les indicateurs de lecture et saisie ne sont pas indispensables. Les notifications peuvent être réduites au minimum nécessaire.

Ce qui est dénoncé pour les messageries instantanées est également vrai pour la plupart des réseaux sociaux. Lorsque nous écrivons une réponse, sachons la faire en un seul message complet plutôt qu’une série qui tente de se compléter. Prenons le temps d’écrire avec des mots justes. Nous pouvons également vérifier que nous n’en disons pas trop, pas plus que nécessaire (est-il vraiment nécessaire que mon ami sache que je prends un apéritif dans le jardin en ce moment ? Cela peut-il attendre la prochaine fois que je le verrais ?).

Et enfin, sachons retrouver le goût de faire travailler nos intelligences. Il n’a jamais été aussi facile d’accéder à autant de connaissance. Prenons le temps de lire les articles en entier pour en comprendre le sens, ce qui y est expliqué. Dépassons ce stade des 500 caractères sous une image ou d’une vidéo de quelques secondes. À ce stade, ce n’est plus de l’information, c’est de la manipulation volontaire.

Gardons à l’esprit que les technologies sont un outil avant d’être un divertissement, bien que la limite tend à disparaître. Les logiciels sont conçus pour être jolis et agréables d’utilisation, ne les choisissez pas pour cette unique raison mais plutôt pour leur capacité à être un outil qui vous respecte (votre vie privée et votre liberté).

Bref, sachons utiliser la technologie avec maturité.

Partager cet article

2 commentaires

  1. Trois questions à se poser sur son propos avant de l’écrire sur les réseaux sociaux et de manière plus générale pour tout commentaire.
    – Est-ce vrai ?
    – Est-ce bon ?
    – Est-ce utile ?
    Si ces conditions ne sont pas réunies, mieux vaut s’abstenir.

  2. Pour en savoir plus sur les flux RSS : https://vienumeriqueprivee.fr/suivre-lactualite-sans-compromettre-sa-vie-privee-grace-aux-flux-rss/
    Pour obternir l’article en entier (pdf) : https://link.ethibox.fr/9

    Dans le cadre de réflexion sur la “cyber-éthique”, un groupe signal a été créé. Il y sera régulièrement publié des analyses. Mais vous pourrez également y poser vos questions pour aborder ou approfondir des sujets. N’hésitez pas à le rejoindre.
    Lien du groupe : https://signal.group/#CjQKIPPa7S7JybQm8u2ACrw7MX6LV-UHCLWotkSCJV2inyeKEhBonS9l4nGTVGmvsxQMrkG-

Publier une réponse