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Valeurs chrétiennes : Education

Report des épreuves du BAC : lettre ouverte de la Fondation pour l’école au ministre Jean-Michel Blanquer

Report des épreuves du BAC : lettre ouverte de la Fondation pour l’école au ministre Jean-Michel Blanquer

Le ministre de l’Education nationale a décidé de reporter à la mi-mai les épreuves de spécialité du Bac initialement prévues en mars, ce qui vient porter préjudice aux élèves issus de l’enseignement libre. La Fondation pour l’école vient d’écrire au ministre :

Monsieur le Ministre,

Nous avons bien pris acte de votre volonté de préserver l’égalité de traitement entre les candidats au Baccalauréat et de permettre à chacun de préparer sereinement ses épreuves.

Comme vous le savez, les candidats scolarisés dans des établissements privés hors contrat sont déjà dans l’inégalité de traitement : ils doivent passer 16 épreuves (dont 6 portent sur les programmes de première et terminale), contre 6 pour les autres candidats.

Comme vous le savez également, le covid n’épargne pas non plus les élèves des lycées indépendants qui sont, comme les autres, dans une situation aussi compliquée qu’anxiogène en termes de préparation du bac.

L’aménagement que vous avez décidé de prendre aujourd’hui, au nom de l’égalité de traitement entre les élèves, ne fait bien au contraire qu’accentuer… l’inégalité entre les différents candidats au baccalauréat.

Au nom de la sérénité et de l’égalité que vous invoquez, il vient en effet d’être décidé de déplacer les épreuves de spécialité aux 11,12 et 13 mai, soit, pour la plupart des candidats du privé hors contrat, à une période où ils doivent déjà passer leurs épreuves ponctuelles qui par ailleurs portent sur deux ans de programme !

A titre d’exemple, les candidats dépendant de l’académie de Versailles passent leurs épreuves ponctuelles les 9 et 10 mai d’une part et du 12 au 20 mai d’autre part. A ce jour ils pourraient potentiellement être convoqués le même jour voire la même heure pour une épreuve de spécialité et une épreuve ponctuelle. Sans même arriver à cet extrême, vous comprendrez avec quel sentiment d’injustice et d’incompréhension ces adolescents accueillent le report annoncé.

Alors qu’ils ont besoin d’être ménagés, protégés comme les autres élèves de leur âge, ils ont au contraire la douloureuse impression, à chaque nouvelle annonce du Ministère, qu’ils sont oubliés voire discriminés.

Comment l’interpréter autrement ? Alors qu’ils devaient avoir leurs épreuves de spécialité derrière eux pour pouvoir aborder en mai les nombreuses et denses épreuves qui leurs sont spécifiquement réservées (pendant que leurs homologues du public et du privé sous-contrat sont notés sur la base de leurs bulletins), ils sont assommés par votre nouvelle décision !

Je me permets de vous faire part de ce que pensent ces adolescents, leurs parents et leurs directeurs d’établissement : votre décision ne leur apporte ni sérénité ni égalité.

Au nom de cette sérénité et de cette égalité qui vous sont chères, nous vous demandons instamment de bien vouloir prendre enfin des décisions qui tiendraient compte de tous les élèves.

Nous vous demandons, pour les lycéens des établissements hors contrat, de bien vouloir réduire les programmes des épreuves ponctuelles à la seule année de terminale. Pour mémoire, les élèves de terminale n’ont pas eu l’année dernière la possibilité de passer ces épreuves en fin de première.

Nous vous demandons par ailleurs de fixer au niveau national les dates des épreuves ponctuelles lors de la première semaine de juin. Cela évitera par ailleurs des distorsions d’une académie à l’autre, source d’inégalité supplémentaire.

Enfin, nous vous demandons également de bien vouloir supprimer l’épreuve d’EMC cette année, la circonstance qu’elle soit de coefficient 1 n’empêchant pas qu’elle ne saurait, de par sa densité, être correctement préparée par les élèves. Son maintien est un non-sens.

Le nouveau contexte créé par votre décision rend impossible le maintien en l’état des épreuves précitées.

Nous vous remercions de porter votre attention à ces demandes et demeurons à votre disposition, Monsieur le Ministre, pour toute information complémentaire.

Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma très haute considération.

Hervé Rolland

Président de la Fondation pour l’école

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