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Histoire du christianisme

Repentance pour tout sauf pour les crimes de la Révolution

Lu dans Les Echos :

T"De Jacques Chirac à François Hollande, les présidents français se sont fait un devoir de regretter les heures sombres de la République française. Quand se décideront-ils à commémorer les massacres de la Révolution ?

Ces dernières semaines, nous avons découvert que le président de la République faisait autre chose que de consacrer ses journées à parler à des journalistes, afin d'édifier sa gloire dans une kyrielle de recueils d'entretiens exclusifs, bientôt à peu près aussi nombreux que les livres composant « La Comédie humaine ». Il fait autre chose : il se repent. Un peu, du bout des lèvres, pour les insultes qu'il profère aux uns – les magistrats, qui seraient des lâches – et les sarcasmes qu'il inflige aux autres – les pauvres « sans-dents ». 

Mais, surtout, abondamment, et à micros grands ouverts, pour les crimes et fautes commis par la République française dans le passé récent ou lointain. Rarement dénués d'arrière-pensées électorales, ces exercices de repentance font mouche. La semaine dernière : les Tsiganes incarcérés par Vichy, et oubliés par la République jusqu'en 1946. Il y a trois semaines : les harkis, qui se sont battus pour la France et que la République a si mal traités, comme des soldats que l'on abandonne à l'ennemi. Et, de mai à juillet, les anniversaires commémorant la colonisation, la rafle du Vél'd'Hiv, et d'autres horreurs commises par la République française.

[…] Tir groupé sur le XIXe siècle de la colonisation et le XXe siècle vichyste, et gaulliste. Mais pas un mot, pas une ligne, pas une stèle, pour les dizaines de milliers de victimes des crimes fondateurs de la République française, à savoir les exactions de la Terreur. Des massacres de septembre 1792 au génocide vendéen, des 17.000 guillotinés du Comité de salut public aux chasses aux catholiques menées par les hébertistes, les crimes et exactions de la Révolution française, en particulier du 10 août 1792 au 28 juillet 1794, sont aussi abondants dans les faits que timidement racontés dans les manuels d'histoire. Quelle journée la République française a-t-elle choisie pour commémorer et faire acte de repentance de ces crimes-là ? On cherchera longtemps, et en vain.

Deux siècles après les événements, il serait temps de consacrer enfin une journée aux victimes de la Révolution française, et ainsi de vider ce qui est probablement le tabou le plus mortifère de l'histoire de France. Nous y sommes incités maintenant, pas uniquement parce que ni le président repentant, ni le Premier ministre, ni le ministre de l'Intérieur et des Cultes n'ont eu le courage, le 16 octobre dernier, d'aller à Rome assister à la canonisation de Salomon Leclercq, prêtre clandestin massacré à la prison des Carmes avec 190 autres prêtres en septembre 1792. Plus profondément, c'est parce que notre époque devient robespierriste, et pas seulement en France, qu'il faut l'antidote du travail de mémoire. […]"

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