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Renforcement de la Finul par la France

Chi
Ayant obtenu des garanties sur les conditions d’engagement de la Finul, la clarté et l’efficacité du mandat et la protection des soldats français, Jacques Chirac a décidé de maintenir les 400 hommes déjà au Liban, les 1700 hommes de l’opération Baliste et de renforcer la Finul avec un supplément de 1600 soldats sous casque bleu, tout en maintenant la proposition de la France d’assurer le commadement de la Force. En outre, une expertise de la mission devra être conduite dans 6 mois, ce qui laisse penser que l’engagement pourra être bref (discours complet ici).

Il convient de noter la ferme détermination qui a conduit le président, rentré de vacances depuis 48h, à trancher cette question de l’engagement français. En effet, les tergiversations de la semaine dernières autour de la contribution des pays occidentaux à la Finul avaient nui à l’image de la France.
Par la voix de son Président, la France est ce soir la première puissance occidentale à annoncer clairement la part qu’elle prend dans la force, revenant ainsi au rang international que lui a valu son rôle primordial dans l’adoption de la résolution 1701 de l’ONU.

Lahire

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20 commentaires

  1. J’espere qu’il n’envoie pas nos gars se faire tuer pour sa propre pub electoraliste il pourrait lui en cuire.

  2. le drame du http://www.drakkar-1983.org/#
    peut se reproduire….

  3. Ben Shirak se fout du Liban comme de sa première campagne en Corrèze…
    Tout ce qui lui importe est de se refaire une virginité en vue des échances électorales de 2007.
    Et comme il le dit si bien (ce mot vient en réalité du pape de l’agit-prop, Goebbels lui-même) : “Plus c’est gros, plus ça passe” !!

  4. @pepe.x
    votre remarque est inepte : envoyer des gars se faire tuer pour sa propre pub électoraliste, ce serait une absurdité (les morts sont mal vues, ces temps-ci).
    S’il s’agit d’une manoeuvre électoraliste, il faut conclure que Chirac estime que l’opération se passera bien.
    On ne peut le supposer fou à lier, car il a précisé que la France avait obtenu les précisions qu’elle souhaitait sur le mandat de la FINUL, cette idée ne tient pas : on ne peut dans ces conditions que postuler qu’il fait une erreur, pas qu’il agit en dément.

  5. Chirac qui n’a pas un don de double vue en politique intérieure (!!), se révèle un autre homme en matière de politique étrangère…
    Un garantie totale sur la réussite de l’opération est impossible.
    Bernard Anthony s’est exprimé avec une très grande clarté (que l’on souhaiterait à Chirac) sur ce sujet, sur Radio-Courtoisie mercredi soir 23 août (cassette à commander à R.C.), rappelant le drame du Drakkar, en 1982 et analysant toutes les conséquences possibles de l’envoi des forces françaises au Liban.

  6. Ce matin dans la presse un général à la retraite, grièvement blessé au Liban dit que cette mesure est inepte. “Trop fort, pour ce que cela a de faible” selon le mot de Bainville.
    Il aurait dit : soit on envoie deux porte avions, des milliers de soldats et du matériel, soit on y renonce et on met sur pied un hôpital de campagne pour soigner les blessés des deux camps. Il n’y a rien entre les deux solutions.
    Chirac ne choisit ni l’un, ni l’autre. Il choisit juste de quoi se faire de la pub en tentant de séduire l’électorat beur et les gens qui veulent avoir l’illusion d’un rôle international pour la France. Chirac met la vie de nos soldats en danger, sans résultats pratique pour la paix.

  7. La principale différence avec les années 80, c’est qu’il n’y a pas la guerre civile au Liban.
    On ne peut pas assurer la sécurité d’un pays indépendant – qui plus est contre son gré – à l’aide d’une armée internationale. Ou alors, on en fait un protectorat.
    On ne peut que l’aider à faire régner la paix, en lui assurant l’appoint d’une force internationale.
    Par contre, dans un pays en paix et qui entend le rester, la crainte de voir une guerre civile revenir fournit un bon moteur à une action efficace du gouvernement légitime en place.
    Et ce, d’autant plus que la volonté internationale de voir le Liban en paix est forte. C’est pourquoi on peut penser que la FINUL, quoique limitée, suffise à ces objectifs.
    Ce ne sont en général pas les moyens qui manquent, mais la volonté d’atteindre les objectifs.
    Pour répondre à ceux qui craignent un attentat : si le Hezbollah attaquait la FINUL, il aurait à craindre que celle-ci soit placée sous chapitre VII – et du coup, qu’il obtienne l’effet inverse de celui qu’il recherche. Il est donc peu probable qu’il commette une action suicidaire.
    Le Liban veut vivre en paix et être indépendant du Hezbollah, Israël veut vivre en paix et se protéger du Hezbollah, la communauté internationale veut la même chose.
    Je ne vois pas de raison de supposer qu’une résolution adoptée par l’ensemble des acteurs ne puisse être en théorie capable d’atteindre ces objectifs convergents. Quant à la pratique, elle dépend de l’implication de chacun à son niveau… des provocations que commettra le Hezbollah… et des erreurs israéliennes.

  8. Nous avons toujours eu des morts au Liban en 78 et en 83 lorsque que la region et instable comme aujourd’hui, peut etre meme pire.

  9. Pas d’accord, Polemikon
    Pour moi le Liban n’est peut être plus en guerre civile, il est au delà : une zone de non droit gouvernée par le Hezbollah (Sud), un gouvernement pour le reste du territoire qui compte une partie de membres officiels du mm Hezbollah, est notoirement manipulé par la Syrie (quand celle-ci ne maîtrise plus ses pions elle les vaporise avec leur voiture), qui ne maîtrise aucune frontière.
    C’est donc bien un pot de pue.
    Et envoyer 2000 Français pour maintenir la paix la-bas, quand on sait la tradition d’exploser des immeubles de l’ONU à coup de camion piégé arabe(Drakkar) ou de F16 israelien (4 observateurs de l’onu en juillet dernier)… c’est de l’agit prop pour donner aux vieillards nostalgiques de la grandeur passée l’illusion que la France compte encore quelque part.
    Du pur chiraquisme pour satisfaire nos millions d’islamistes français, à mettre sur le mm plan que la taxe-sur-les-avions-pour-le-sida ou encore le-musée-des-arts-des-bons-sauvages-pour-contenter-les-Bokassas-africains.
    J’espère avoir tort, et qu’aucun soldat Français n’aura à payer de ses globules.

  10. Est ce quelqu’un du Salon Beige sait de quels régiments sont ces soldats français supplémentaires (outre les sapeurs de la semaine dernière) ; merci aux miloufs pour leur réponse….

  11. @guru
    1. Le Hezbollah prétend libérer le Liban d’Israël, pas des maronites. Il n’a pas commis d’attentats contre des libanais, mais prétend au contraire agir au nom des libanais. Il ne prétend pas agir contre le gouvernement en place, et il n’y a pas d’autre faction armée. La notion de guerre civile me paraît donc excessive.
    2. Si le Hezbollah prétend occuper le Sud seul, il perdra sa “légitimité” à parler au nom du Liban. D’où l’intérêt de voir l’armée libanaise intervenir, plutôt qu’une armée étrangère, fût-elle multinationale. Evidemment, l’armée libanaise peut décider de soutenir le Hezbollah, mais ce n’est pas la volonté de l’ensemble des acteurs au pouvoir – il y aura dans ce cas-là risque de guerre civile, mais on n’y est pas encore.
    3. Le gouvernement en place n’est pas celui que la Syrie aurait voulu – des progrès ont déjà été obtenus à ce niveau, il est vrai qu’ils sont insuffisants, et restent à confirmer dans le temps. Il faut donc soutenir le gouvernement en place.
    4. Dans l’immédiat, les frontières sont surveillées de près… par Israël. J’espère que cet état de fait continuera, si l’armée libanaise se révèle impuissante (ou peu soucieuse) d’empêcher les arrivées d’armes.
    5. Je pense également que la communauté internationale est bien – comme le déclare sa résolution – désireuse de voir le Hezbollah désarmé, et j’espère qu’elle saura en prendre les moyens (changement de mandat de la FINUL. C’est sur ce dernier point, je pense, que l’on peut être sceptique.
    6. A mon sens, il s’agit moins d’un pot de pus que d’une opération délicate à mener avec doigté : permettre au gouvernement libanais de se renforcer en affaiblissant le Hezbollah et en montrant sa duplicité (population prise en otage), en le soutenant au moyen d’une force limitée, pour montrer que c’est bien le Liban qui va essayer de résoudre ses problèmes, mais réelle pour soutenir ce gouvernement face au Hezbollah, à la Syrie, et à l’Iran.
    7. Depuis 1982/3, les procédures de sécurité ont été considérablement améliorées.
    8. Ce n’est pas le nombre d’hommes sur le terrain qui compte, dans ce type d’intervention, mais la façon de les utiliser (cf les opérations israéliennes). 2000 soldats français opérationnels sur le terrain, ce n’est pas négligeable du tout.
    9. Le Liban a tout intérêt à ce que d’autres pays interviennent sur place, et notamment des pays musulmans. Avec ces pays, le nombre d’hommmes présents sur place sera bien supérieur – et beaucoup moins “dérisoire” que 2000, si c’est cela qui vous inquiète.
    10. S’il s’était véritablement agi de “satisfaire nos millions d’islamistes français”, 200 soldats auraient été bien suffisants.
    L’enjeu est d’abord diplomatique : il s’agit de donner au Liban, et au gouvernement récemment élu, les moyens de se renforcer, de se stabiliser, et de reprendre le Sud sous son contrôle. Dans ces conditions, l’envoi d’une force internationale mesurée, pour calmer les ardeurs israéliennes, sauvegarder la liberté d’action du gouvernement libanais et renforcer son pouvoir et son indépendance vis-à-vis de ses voisins encombrants (et des amis de ses voisins) me paraît justifié.
    Je ne prétends pas que le nombre retenu soit l’idéal, mais que l’idée d’envoyer une force relativement “faible” n’est pas nécessairement sotte.
    La part que prend la France, dans ce contexte, est importante : elle contribuera (avec 3700 hommes au total, si j’ai bien compris) à hauteur d’un quart ou d’un tiers de l’appui international. Ce n’est pas ridicule, et dans la continuité des efforts entrepris autrefois.
    Evidemment, le risque d’attentat n’est pas nul – quoique les procédures de sécurité ont fait d’énormes progrès depuis les années 80). Mais la paix au Liban est à ce prix.

  12. Par ailleur si la France avait envoye ses 2000 hommes au moment ou il fallait, par exemple pour faire appliquer la resolution du machin No 1559 nous n’en serions pas la .L’enjeu politique ? il l’etait a ce moment là .Aujourd’hui chirac nous mene une politique de gribouille.Et met en danger la vie de nos soldats par sa gestion de girouette.

  13. Bravo à POLEMIKON dont les qualités de réflexions et la clarté d’expression relèvent de beaucoup les interventions du Salon, dont certains visiteurs devraient aller discuter au Café des Sports!

  14. Certes on peut etre clair dans ses propos et se tromper dans les grandes largeurs .La contradiction venant du terrain vous n’aimer pas ?

  15. @ landeau, le Liban vous l’avez vu a la tv et sur les cartes postales .votre intelligence vous a peut -etre fait exempte du service??.

  16. @Landeau : merci… et ne vous en faites pas, j’étais moi aussi exempté P3
    @pepe.x :
    Les Etats-Unis et la France ont jugé, lors du vote de la résolution 1559, qu’avoir bouté les syriens officiels hors du Liban était déjà un pas gigantesque de fait.
    Il ne leur a pas paru nécessaire d’appuyer davantage là où ça faisait mal (présence officieuse ou réseaux syriens), ni de se fâcher avec leurs “alliés” du conseil de sécurité… parce que ce genre de politique ne peut se décider tout seul, ni à deux ou trois seulement (c’est pourquoi la résolution adoptée à l’unanimité est particulièrement remarquable et importante : elle traduit une convergence de vues sur quelques points fondamentaux pour l’avenir du Liban, et notamment son indépendance).
    Il a du coup été décidé le retour d’une petite force internationale, et d’attendre pour laisser mûrir la situation.
    Cette force comptait peu de français, parce que la France était fortement impliquée dans le départ des syriens, et qu’il ne fallait pas les provoquer.
    La situation a évolué, le Liban est resté en paix – ce qui n’était au départ pas gagné – et il avance cahin-caha vers une indépendance de plus en plus complète, tandis que le Hezbollah s’est renforcé dans le Sud.
    Si vous avez suivi les opérations israéliennes, vous aurez remarqué que les négociations et protestations (pour le coup, de vraies gesticulations) internationales ont flotté juste au moment où les israéliens ont fait part de la forte résistance du Hezbollah et déclaré qu’il leur faudrait dix ou quinze jours pour nettoyer la zone. Les israéliens ont obtenu l’accord tacite de continuer leur opération de nettoyage.
    L’objectif, maintenant, c’est après avoir chassé la Syrie, de désarmer le Hezbollah sans lui laisser la possibilité de passer pour un martyre libanais.
    Vous parlez de “politique de gribouille” et de “gestion de girouette”. Il est vrai qu’il n’est jamais facile de comprendre le dessous des cartes dans des affaires aussi complexes – surtout avec la médiatisation dont elles font l’objet -, mais le jeu est finement mené depuis le retrait syrien, avec une continuité remarquable.
    Les médias se sont en général montrés ridicules, il vaudrait presque mieux lire des dépêches AFP.
    Voyez par exemple les prétendues “tergiversations” françaises pour l’envoi d’une force importante.
    L’Italie, qui a une tradition de diplomatie et de communication forte (Berlusconi n’est pas né n’importe où), a annoncé l’envoi de 3000 hommes : elle faisait ainsi le premier pas, montrait sa bonne volonté et se ménageait un a priori favorable pour les négociations à venir.
    Deux jours plus tard, les journaux ajoutaient que l’Italie souhaitait avoir des garanties sur les conditions d’emploi de ses hommes.
    La France, fidèle a sa tradition juridique et pointilleuse, a fait l’inverse : elle n’a rien dit officiellement, se contentant de négocier sans rien laisser filtrer, et elle a envoyé un maigre renfort, pour bien montrer à la fois qu’elle voulait intervenir, et que les négociations n’étaient pas terminées.
    Une fois les précisions demandées (modalités d’application de la résolution de l’ONU) obtenues, elle a annoncé l’envoi de deux bataillons.
    La cohérence de la politique de la France au Liban est marquée par la volonté française d’avoir un Liban indépendant et libre, et par les forts liens d’amitié qui lient notre pays au Liban.
    La France souhaite que le Liban vive libre, et l’aide à s’émanciper progressivement de ses tutelles, au fur et à mesure que la situation évolue et permet d’autres progrès.
    Cette vision a gagné les autres pays, puisque la résolution de l’ONU qui va en ce sens a été votée à l’unanimité.
    Les points que Chirac avait dès les premiers jours du conflit mentionnés dans une interview du Monde – options davantage géopolitiques ou stratégiques que tactiques, il est vrai, mais qui sous-tendent une politique d’une continuité remarquable – restent vrais.
    La France refuse par exemple aujourd’hui encore (cf. Libération de ce matin (article en ligne, parce que ça me ferait mal à moi aussi d’acheter ce journal) 😉 que la Syrie joue un rôle quelconque dans la résolution de cette crise.
    Ce sont des abrutis ou des fous furieux comme le grand démocrate populaire Jack Lang (Castro libérateur, etc.) et consorts qui ont insisté pour que la Syrie baasiste soit consultée.
    La France et ses alliés n’ont guère protesté après les deux interventions israéliennes, à Baalbek, et sur la frontière avec la Syrie.
    Enfin, à une autre échelle encore, la France refuse contre vents et marées que la gestion de la crise libanaise soit associée à la question du nucléaire iranien.
    Vous noterez également que la France n’est pas seule à mener cette politique – et c’est bien pour cela qu’elle a une chance de réussir.
    De la même façon que la Syrie a pu être chassée du Liban grâce à la réconciliation de la France et des Etats-Unis après la réélection de George Bush (parce que les calendriers électoraux ont également un retentissement sur la géopolitique et l’action diplomatique des pays), les Etats-Unis et la France sont d’accord sur l’essentiel dans cette crise – quand l’Italie a eu proposé de prendre la tête de la FINUL, les Etats-Unis ont fait part de leur désir de voir la France jouer un rôle important au Liban – il faut libérer le Liban.
    Ce ne sont pas deux aveugles qui se guident l’un l’autre, mais un colosse qui épaule un pays dont la finesse d’analyse est reconnue.
    Il n’est pas question d’intervenir au Liban comme en Irak. Le jeu est essentiellement diplomatique – et cela, c’est la marque d’une action fortement infléchie par la vision française.

  17. j’ai lu tous les commentaires ; je constate avec tristesse que personne ne veut (ou n’ose?) rappeler que la France a un devoir de soutien aux chrétiens du Liban, que la communauté internationale sacrifie depuis si longtemps à la géopolitique. Qu’on ne m’objecte pas la “laïcité” ; quand il s’agit de défendre l’Islam ou le Judaïsme, nos hommes politiques ne font preuve d’aucune retenue…J’ajoute que parfois ils ont raison : toutes les intolérances doivent être combattues.

  18. Merci pour la leçon prof .Une petite priere pour nos deux gars tues en ops en Afghanistan paix a leur Ame ,gloire a nos a armes.

  19. @ zazie, tu sais les chretiens du Liban ont la foi en Dieu.

  20. @ Polemikon,
    je maintiens mon opinion sur la question mais c’est effectivement un plaisir de vous lire. j’aime bien ce blog

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