Réfugiés : les chrétiens d’Orient vantent la politique hongroise

D'Olivier Bault dans Présent :

8975-p1-conf-aide-chretiens-hongrieune"Du 11 au 13 octobre, la capitale hongroise accueillait une conférence internationale sur la persécution des chrétiens. Parmi les personnalités présentes pour discuter de la situation des chrétiens et de la meilleure manière de les aider, alors qu’ils constituent de loin le groupe religieux le plus persécuté dans le monde, il y avait le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui est lui-même un calviniste pratiquant, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, le ministre hongrois des Ressources humaines Zoltan Balog, en charge du secrétariat d’Etat pour l’aide aux chrétiens persécutés mis en place l’année dernière à Budapest, l’envoyé spécial de l’UE pour la promotion de la liberté de religion et de croyance en dehors de l’Union européenne Jan Figel, un catholique slovaque, l’archevêque catholique chaldéen d’Erbil (Irak) Bashar Warda, l’archevêque syriaque orthodoxe de Mossoul (Irak) Nicodemus Daoud Sharaf, le primat de l’Eglise syriaque orthodoxe Ignace Ephrem II Karim, le primat de l’Eglise syriaque catholique Ignace Joseph III Younan, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Russie) et bien d’autres encore. Plus de la moitié des 300 participants provenaient de 32 pays différents et dix Eglises chrétiennes étaient représentées.

Ce que l’on retiendra de cette conférence, c’est la critique des politiques européennes par les chrétiens d’Orient. C’est ainsi par exemple que le patriarche syriaque orthodoxe Ignace Ephrem II Karim a dénoncé l’absence de réaction de l’Occident face à la disparition rapide des chrétiens en Syrie, qui a perdu ces dernières années 40-45 % de sa population chrétienne, et en Irak où il ne reste plus que 10-20 % de la population chrétienne du début des années 2000. Si l’Occident se souciait vraiment des chrétiens, a-t-il dit, « il essaierait de faire quelque chose », et c’est pourquoi les efforts d’une Hongrie isolée dans son propre camp sont particulièrement appréciés. « Nous nous faisons tuer par des groupes qui sont parfois soutenus par les puissances occidentales », a encore accusé le patriarche. Le patriarche catholique chaldéen de Bagdad, Louis Raphaël Ier Sako, a fait transmettre par Mgr Bashar Warda ses profonds remerciements au gouvernement hongrois pour l’aide fournie dans cette « situation tragique ». Il a par exemple mentionné une donation de 2,4 millions de dollars du gouvernement hongrois pour faciliter le retour de 1 000 familles chrétiennes dans la ville irakienne de Telleskof, tombée aux mains de l’Etat islamique en 2014.

Les membres du gouvernement hongrois ont eux aussi dénoncé le mur du silence en Occident en ce qui concerne les persécutions dont sont victimes les chrétiens au Moyen-Orient et dans le monde, accusant cette politique d’être volontaire, car ces persécutions remettent en cause la vision libérale-libertaire actuelle qui voudrait présenter le christianisme comme une religion agressive et discriminatoire. Viktor Orban a, quant à lui, violemment critiqué la négation par l’Europe de ses racines chrétiennes et sa politique d’immigration qui laisse venir de dangereux extrémistes et qui risque de transformer complètement le continent, sa culture, sa composition ethnique et son identité chrétienne."

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