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Réactions au spectacle de Castellucci : considérer sereinement les faits

Dans l'HN, Adelaïde Pouchol publie le fruit d'une longue enquête sur la pièce de Castellucci et les réactions qu'elle a suscitées. Extrait (intégralité) :

"Les violences n'ont eu lieu que les premiers jours, elles étaient le fait d'un petit nombre de manifestants dont Civitas s'est démarqué. Les constats de monsieur Demarcy-Mota [directeur du théâtre] ne concernent que trois jours de manifestations alors que des chrétiens étaient présents devant le théâtre lors des quinze représentations données à Paris, d'abord au Théâtre de la Ville puis au 104. Ils se sont contentés de prier, chanter des cantiques, scander des slogans, brandissant bannières et crucifix, à genoux devant le théâtre et entourés d'un cordon de CRS. Si l'accident n'était pas volontaire, notons qu'un jeune manifestant, retenu à terre de force par la police, a eu la jambe écrasée par un camion de police. Enfin, plusieurs manifestants ont été menacés alors qu'ils repartaient chez eux par des jeu­nes se présentant eux-mêmes comme gauchistes et musulmans, qui attendaient les manifestants dans les rues avoisinantes.

La mairie de Paris et le Théâtre de la Ville ont porté plainte conjointement « contre les personnes s'étant rendues responsables d'actes de dégradation du domaine public et d'atteinte à la liberté de création et d'expression artistique ». L'Alliance contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF), qui demandait le retrait de la pièce, a été déboutée de sa demande à deux reprises, par le Tribunal de Grande Instance le 18 octobre 2011, puis par le tribunal de Paris le 28 octobre 2011. L'Action Française déplore quant à elle 15 comparutions immédiates et quatre licenciements.
Pourquoi un tel travail, diront peut-être certains de nos lecteurs ? Il s'agit pour nous de considérer sereinement les fait car seule une attitude raisonnée, purgée de toute réaction par trop affective, peut nous permettre d'émettre un véritable jugement et de regarder autrement les chrétiens qui n'ont pas réagi comme nous. Car le spectacle des catholiques se tapant dessus publiquement n'aggrave-t-il pas les violences et les lâchetés que les uns et les autres se reprochent ? « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul » (Matt., 18 ; 15) dit l'Evangile."
Dans ce même numéro de l'Homme Nouveau, Michel de Jaeghere écrit :
"Au blasphème public, s’est ainsi ajouté, pour les chrétiens, le scandale de la division. C’est dommage. Il faut pourtant être conscients que cela risque de durer jusqu’à la fin des temps. Il faut se résigner à nos désaccords, en tentant seulement de les exprimer charitablement."
Il faut aussi savoir se retenir pour ne pas les exprimer au pire moment, c'est-à-dire dans le feu de l'action, lorsque des personnes sont retenues en garde à vue.

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