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Quimper : pas de Chopin à la cathédrale

Évidemment, la décision de ne pas prêter le saint édifice est exploité et certains créent une polémique. Explications très claires de monsieur le curé de la cathédrale qui peuvent être reprises à souhait :

"L'utilisation des cathédrales, propriétés de l'État, et de la plupart
des églises et chapelles, généralement propriétés des communes, est
régie par la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de
l'État : ces édifices font l'objet d'une affectation cultuelle exclusive;
d'autres activités, notamment culturelles, n'y sont possibles que dans
la mesure où elles sont compatibles avec les exigences de l'affectation
cultuelle,
que seul le desservant, dont l'accord préalable est
obligatoirement requis, est à même d'apprécier, sous le contrôle du juge (…)

En clair, un concert peut être accueilli dans un édifice religieux dans
la mesure où le curé affectataire juge qu'il est 'compatible',
c'est-à-dire qu'il peut s'inscrire dans cette affectation exclusivement
cultuelle prévue par la loi. Il ne peut être envisageable d'accueillir
des concerts de musique profane, fût-elle classique, ce qui, à
l'évidence, transformerait la cathédrale en salle de concerts et
pourrait être interprété comme un détournement de l'affectation
cultuelle. Le concert en question présentait un programme entièrement
profane, qui conviendra parfaitement à l'auditorium où il sera donné.

Personne n'a jamais été 'interdit de cathédrale'. Celle-ci, nous la
voulons au contraire la plus ouverte possible … y compris à son
caractère sacré (…)

Dans la pratique, c'est le curé de la cathédrale qui accepte ou refuse
une manifestation, et jamais l'évêque.
Depuis bientôt deux ans que je
suis curé de Saint-Corentin, Mgr Le Vert n'est jamais intervenu pour
accepter ou refuser des manifestations culturelles dans la cathédrale,
ni d'une manière générale, ni dans ce cas précis (…) Je
signale enfin que, chaque année, la cathédrale de Quimper accueille une
dizaine de concerts d'orgue, une dizaine de concerts autres, et qu'un
nombre presque équivalent n'est pas retenu, sans que cela ait jamais
suscité de polémique".

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12 commentaires

  1. Cela au moins c’est clair !
    Dans une église de Mayenne, j’ai entendu un concert programmé pour sa restauration. Ce concert se voulait religieux : un couac tout de même et de taille : s’est glissé au milieu le “Chant des partisans” !
    Le curé, qui n’avait pas enlevé la Présence Réelle, était au premier rang et n’a pas bronché. Pris au piège ou inconscient ?

  2. Oui la réponse est limpide et cible très bien le motif du refus.La situation est donc claire et ne peut attiser aucune polémique. On aimerait voir le clergé être aussi efficace sur tous les sujets pour défendre la foi et les lieux sacrés du catholicisme.

  3. Ce qui est savoureux, c’est cette réaction sur le site du journal:
    “M. Mazéas, curé de la Cathédrale(…) s’appuie sur des arguments exclusivement juridiques. A savoir que la loi de 1905 a donné la propriété des églises aux communes et des cathédrales à l’État avec dévolution au culte, à charge pour l’attributaire d’autoriser des dérogations pour d’autres usages. Effectivement en droit pur il a raison. On peut toutefois s’étonner qu’un responsable religieux n’ait pas d’autres arguments. Par ailleurs cette position est bien imprudente car, si la loi dit cela aujourd’hui, la loi peut changer. En effet il n’est pas certain que les citoyens acceptent indéfiniment de contribuer tous à l’entretien de ces édifices dont douze pour cent de la population se réserve l’usage. Pour les églises ayant un intérêt artistique et patrimonial la patience sera peut-être un peu plus grande, mais c’est loin d’être le cas de toutes les églises. A l’heure où les communes manquent de locaux de réunion, elles pourraient être tentées de mesurer le taux d’occupation des églises et de revoir les attributions. Membre de deux chorales d’expression bretonne qui font presque tous leurs concerts dans les églises, je constate que nos programmes sont soumis à la censure préalable des curés et que cette censure s’avère assez souvent effective(…)Encore une fois, je ne pense pas que la majorité des citoyens acceptera indéfiniment qu’une minorité s’accapare le bien de tous.”

  4. Info plutôt désagréable a priori car mettant l’Eglise en position de censeur vétilleux.
    Pourtant, en y regardant à deux fois, on comprend mieux cette décision au-delà de sa justification juridique : chat échaudé craint l’eau froide.
    “A la décharge du curé de la cathédrale, il faut préciser qu’en juillet dernier, une performance proposée par l’association L’Art à la Pointe présentant un homme et une femme dansant nus sur l’autel d’une chapelle du cap Sizun (Sud Finistère) devant une centaine de personnes, avait profondément choqué la communauté catholique. Après cette “profanation d’une rare gravité”, l’évêché a décidé d’un moratoire d’un an avec l’association sacrilège et remis à jour en septembre le Directoire diocésain pour prévenir tout nouvel incident. Le pianiste amateur de Chopin, lui, aurait cependant joué tout habillé.”
    (extrait AFP)
    … qui ne peut s’empêcher une dernière pique.

  5. Je comprends que le curé se serve, ad extra, comme un argument ad hominem contre les laïcistes, de la loi de 1905. Mais le catholique trouvera la véritable norme dans l’Eglise:
    « Après avoir obtenu l’autorisation donnée par le Curé, l’église pourra être utilisée selon les conditions suivantes : l’entrée de l’église demeure libre et gratuite. On adoptera une tenue et un comportement convenant au caractère sacré du lieu. On n’occupera jamais le choeur de l’église et on respectera en toute circonstance l’autel, l’ambon et le siège du célébrant. Le concert (toujours de musique sacrée) sera assorti de commentaires permettant de le situer dans la tradition spirituelle. »
    (Note de la Congrégation pour le Culte divin du 5 novembre 1987.)

  6. Vite ! Du Chopin dans une mosquée, avant d’y entendre du Bach … Rêve qui peut.

  7. Sommes-nous à ce point en pénurie de lieux pour produire des concerts de musique profane qu’il faille absolument envahir les lieux sacrés???
    Pourquoi est-il si difficile de considérer les églises comme étant réservées EXCLUSIVEMENT au culte??? On dirait que c’est demander la lune alors que cela devrait aller de soi. Parler du respect des lieux sacrés ou parler une langue inconnue, au niveau de la compréhension contemporaine, cela revient au même!

  8. Et en plus, seuls les “abonnés” peuvent commenter! Quand le lectorat fout le camp, on essaie d’en racoler comme on peut?
    Il faudrait arriver à rappeler aussi que ces édifices ont été volés à leurs légitimes propriétaires, qui ont sans doute eu le grand tort d’accepter bien trop longtemps le fait sans protester.
    A quand la restitution des biens du clergé, biens collectifs, qui profitent à une communauté: pas seulement les églises, mais aussi les séminaires (qu’on n’a pas hésité à transformer à l’époque en Ecole Normale -Lescar 64 par exemple-), les palais épiscopaux -qui sont plus d’une fois devenus préfecture ou sous-préfecture-…

  9. D’autres réactions intéressantes ont été postées à propos de ce concert:
    -une salle de tennis ne profite qu’à deux joueurs, au détriment de sports collectifs
    -a-t-on découvert une “messe”, un “requiem” de Chopin?
    -à quand la restitution des biens spoliés en 1905? à une repentance républicaine?

  10. à CB : inscrivez-vous, c’est vite fait et ça ne coûte rien ! Avec un peu de chance, votre commentaire passera. Le mien, pourtant courtois il me semble, n’est pas passé : “La loi de 1905 a dépossédé l’Eglise de ses biens mais lui en a laissé l’usage. L’entretien par les communes de ces édifices est la contrepartie de l’application de cette loi. Maintenant il existe un autre lieu susceptible d’accueillir les manifestations culturelles comme celui-ci : la mosquée de Quimper qui, sans dépendre de la loi de 1905, a quand même probablement obtenu son financement comme dans beaucoup d’autres villes : en tant que lieu culturel. L’organisation de votre concert entre donc parfaitement dans ses prérogatives.”

  11. Merci de toutes ces réactions sympathiques (pour moi), ce qui se compte en ce moment. Je réponds à “Machin”: ma réponse au Télégramme n’a pas été publiée entièrement, et je devais faire court, et parler de Droit pour que les explications soient audibles par tous. Mon texte complet est disponible dans plusieurs églises quimpéroises ce dimanche, et je peux l’envoyer par mail à ceux qui le désirent. Mais vous avez raison: notre Eglise a des normes sur le sujet.

  12. Hé bien moi je dis “bravo” au recteur de St Corentin, qui a eu le courage de se tenir à sa (bonne) décision face à la mini-tempête qu’elle a provoquée.
    Certains prêtres pourraient s’en inspirer car, même s’ils pensent bien bien faire en se voulant “ouverts” et “tolérants”, ils bradent le caractère sacré et le respect qui est dû aux lieux saints.
    En tant que fidèles, n’hésitons pas à leur dire notre désaccord (respectueusement) lorsque nous voyons ce genre de laisser-aller car nos réactions peuvent les aider.
    A nous de “défendre” nos églises… et nos curés!

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