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France : Politique en France / France : Société

Quelques pistes pour baisser la dépense publique

Lue dans 4 vérités, la chronique politique de Guillaume de Thieulloy : 

"Bien après la prise de
conscience des Français,
la classe politico-médiati –
que a enfin admis, au dé –
but des années 2000,
que le niveau de dépense
publique de la France,
son taux d’imposition et sa dette
publique étaient trop élevés.
Pourtant, force est de constater que le
diagnostic n’a aucun impact sur la
politique. Bien au contraire, la dépense
publique ne cesse d’augmenter en
volume, comme en part du PIB. Elle est
ainsi passée de 35 % du PIB au début
des années 1960 (où la France n’était
tout de même pas sous-administrée!)
à 56,6 % en 2010 – dont à peine
5,6 % pour l’investissement!
Sans être nécessairement des gestionnaires
géniaux, nous sommes
tous parfaitement capables de couper
dans notre budget familial.
Pourquoi donc des politiciens, très
largement formés à l’ENA, donc formés
à la gestion des finances
publiques, sont-ils incapables d’en
faire autant ?
À mon sens, cela tient à trois raisons
essentielles.

Tout d’abord, ces gestionnaires semblent
ignorer le fonctionnement de
l’économie. Oh, bien sûr, aucun politicien
ne croit que l’argent pousse sur
les arbres. Mais très peu savent comment
« il pousse ». Regardez comment
les socialistes nous ont « vendu » les 35 heures. Tout se passait
comme si, dans leur esprit, le marché
du travail était un gâteau de taille
donnée. Auquel cas, évidemment, si
la part de certains se réduisait, la part
des autres pouvait augmenter.
Le problème, c’est que les choses se
passent tout différemment. L’économie étudie des réalités dynamiques.
En l’occurrence, plus chacun travaille,
plus il accumule de capital, donc plus
il peut investir et créer d’emplois.
Bastiat avait attiré l’attention sur le
fait qu’il y avait, en économie, ce que
l’on voyait et ce que l’on ne voyait
pas
. Un « emploi jeune » créé, cela se
voit (et c’est bon pour l’élection !).
Mais, sauf cas exceptionnel, cet
emploi jeune détruit au moins un
emploi dans le secteur marchand. Et
cela ne se voit pas…

Pour lutter contre cette première raison,
il n’existe qu’une seule solution :
diversifier le recrutement des politiciens
et, notamment, y accueillir des
entrepreneurs. Pour cela, le plus simple
est d’empêcher le quasi-monopole
de la fonction publique. Par exemple,
en imposant aux fonctionnaires
de démissionner de leur corps d’origine,
au moins lorsqu’ils sont élus, et
peut-être même lorsqu’ils se présentent.

Deuxième raison, les politiciens pensent,
plus ou moins consciemment,
que l’argent public est illimité et que,
par conséquent, on peut toujours
compenser un surcoût du travail privé
par une dépense publique. Il est certainement
vrai, dans le cas général,
qu’un État est, pour les créanciers, un
débiteur d’une autre nature qu’un
particulier, puisqu’il peut garantir sa
dette par sa faculté à augmenter les
impôts. Mais cette possibilité même
n’est pas illimitée et il arrive un
niveau où les créanciers commencent
à s’inquiéter de l’inexistence d’une
économie réelle… et aussi d’un
mépris du droit de propriété.
Comment prêter à un État qui considère
que les richesses de ses nationaux
lui appartiennent ? N’aura-t-il
pas le même réflexe à l’égard des
banquiers pour annuler sa dette ?
Or,
la France est désormais dans cette
situation : il est devenu impossible de
lui faire confiance, puisqu’elle viole le
droit de propriété et renie sa parole
fiscale très fréquemment.
Pour répondre à ce deuxième motif
de la hausse des dépenses publiques,
il faudrait élever le niveau de la
moralité publique
. En particulier, il est
ahurissant que des personnes condamnées par la justice puissent se
représenter… et être réélues.
Et il est inconcevable que l’État puisse
promulguer des lois rétroactives et
spoliatrices. Le niveau de dépense
publique ne devrait pas pouvoir dé –
passer 30 % du PIB (c’est déjà énorme!)
et une réforme fiscale ne devrait pas pouvoir s’appliquer à un
produit déjà existant
(si le gouvernement
décide de réformer la fiscalité
de l’assurance-vie, cela ne devrait
concerner que les assurances-vie à
ouvrir et non les existantes).

La troisième raison de la hausse des
dépenses publiques est la plus grave :
elle tient à la nature même du régime
électif. Un homme politique cherche à
être élu et un élu cherche à être
réélu. Pour cela, il flatte les passions
de ses électeurs. D’où la démagogie
et le clientélisme que l’on constate à
tous les niveaux de l’administration…

Ici, je ne vois que quelques solutions
simples – et maintes fois proposées
dans nos colonnes –, à commencer
par la prohibition de toute subvention
publique à quelque organisme
que ce soit (compensée par une très
large défiscalisation des dons à toute
organisation)".

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12 commentaires

  1. On pourrait peut-être aussi imiter le mode représentatif égyptien dans l’Égypte Antique : un élu, à quelque niveau que ce soit, ne peut se présenter à nouvelle une élection ; ceci lui permet de ne passer la moitié de sa mandature à chercher des électeurs et les dépenses effectuées seront exclusivement en faveur des contribuables.

  2. Certes, certes, ce sont de beaux principes dont certains sont évoqués depuis de nombreuses années déjà.
    Mais qui va les mettre en application ? Qui va voter des lois empêchant les élus de pratiquer le clientélisme ? Sûrement pas ces élus qui sont bien accrochés à leurs place sur le principe du “J’y suis, j’y reste”.
    Consulter le peuple ? On a vu le résultat en 2005. Quel gouvernement va soumettre ces questions d’éthique politique à référendum ? Donc ce discours relève des vœux pieux, de l’incantation, de la méthode Coué.
    C’était aux électeurs abstentionnistes à ne pas laisser l’oligarchie s’emparer du pouvoir. Maintenant celle-ci le tient d’une main de fer, police politique en plus.

  3. “en imposant aux fonctionnaires de démissionner de leur corps d’origine, au moins lorsqu’ils sont élus, et peut-être même lorsqu’ils se présentent”
    Sans aller jusque là, on pourrait commencer par mettre automatiquement les élus fonctionnaires en “congé pour convenance personnelle” (donc sans traitement, ni avancement de carrière), et leur faire reprendre leur carrière exactement à l’échelon qu’ils occupaient avant cette fonction élective.
    Rien que cela freinerait sans doute quelques ardeurs.

  4. Il conviendrait d’inverser la dynamique de la depense, c’est à dire de verser une prime à tout elu qui parviendrait à diminuer le montant des depenses année apres année.

  5. Beau programme électoral. Je voterais bien de Thieulloy, des fois …

  6. ce que l’Etat ne détruit pas l’économie mondialisée s’en chargera. La lourde administration du Permis de Construire a essayé de résister à la destruction du Bois de Boulogne face à Bernard Arnauld et c’est le vote à l’assemblée d’une “régularisation” de cette immonde “Fondation louis Vuiton”, elle a essayé de lutter contre la destruction de la rue de Rivoli, et c’est la façade de la Samaritaine, elle a essayé de lutter contre la destruction des hôtels Lambert et l’immeuble de la place Vendôme et ce sont les deux incendies dues au hasard des peintures qu’on essayait de protéger contre ces nouveaux barbares de la libre entreprise.

  7. A propos du “gâteau” à partager ou non (ceci est une demande sincère de discussion, pas une demande de pugilat).
    On constate une corrélation relativement forte entre le PIB et la consommation d’énergie (de l’orde de 0,75 à 0,99, voir: http://www.enerzine.com/14/11139+la-consommation-denergie-revelateur-du-pib-des-pays+.html ). C’est à dire: le niveau de consommation d’énergie fixe le niveau du PIB (de manière quasi déterministe).
    On constate aussi que l’énergie devient de plus en plus chère (je pense qu’un graphique n’est pas nécessaire 🙂 )
    On peut donc s’hasarder à dire que le point de PIB supplémentaire nous coûte bien plus chère qu’hier, soit à dire que la croissance devient hors de prix.
    On peut alors faire l’hypothèse que notre croissance sera nulle (ie le pib sera constant) à l’avenir.
    On peut écrire:
    PIB = (PIB/T) * (T/N) * N (ou T = temps de travail effectué, et N = nombre d’emploi). (oui, c’est assez simplificateur, c’est pour fixer les idées)
    Ainsi, si le PIB est constant, soit tout le monde bosse moins, soit beaucoup de chômage.
    Alors la question que je pose est la suivante: “comment quelqu’un peut accumuler du capital (i.e: générer de l’emploi) sans léser autrui *A PIB CONSTANT*?”
    On peut élargir la question: “comment vivre à PIB constant?*”
    K.
    * le pib constant (ie: pas de croissance) n’est pas une hypothèse de fou, la corrélation “énergie – croissance” est établie, l’envolée du coût de l’énergie n’est pas non plus une utopie, je vous laisse chercher les coûts d’extraction du pétrole, c’est impressionnant.

  8. “K. | 31 juil 2013 10:29:47” a certainement de bonnes sources pour signaler que “la corrélation “énergie – croissance” est établie”; mais entre corrélation et lien, il y a une marge; bêtement, est-ce la croissance qui entraîne la consommation d’énergie (hypothèse 1) ou la consommation d’énergie qui entraîne la croissance (hypothèse 2)? Ou une tierce variable qui entraîne à la fois la croissance et la consommation d’énergie?

  9. si on ne remet pas en cause le modele (education nationale, secu, retraite par repartition, code du travail ..) il n y aura pas de baisse des depenses : le mouvement est inexorable et ce ne sont pas les petites embellies qui changeront la tendance au déclin

  10. C’est vrai qu’on a l’impression que l’Etat en France est devenu une caricature de dictature kommuniste qui se croit etre le propriétaire du territoire national ,
    se croit aussi le clergé obligatoire pour une police de la pensée unique,
    et devient meme un expert en brigandage pour extorquer des fonds aux contribuables afin de financer toutes les outrancières lubies ostentatoires umps antinational ,anti-blancs, anti-chrétiens ! …..

  11. @C.B., j’ai effectivement de bonnes sources 🙂
    De la corrélation au lien (injection, bijection) en passant par l’inclusion… tant de pistes envisageables! Cependant, ce qu’on constate, c’est que l’une varie de concert avec l’autre. (et de fait, c’est l’hypothèse 2 qui semble être la plus probable, ne serait-ce qu’à regarder au sens physique ce qui lie le travail, l’énergie, la puissance…)

  12. Partageons l’initiative de l’économie grâce à un site internet, qui permettrait à chaque contribuable de décrire toute dépense publique qu’il jugerait inadaptée, et permettrait aux internautes de faire des choix de priorité nationale! Qui donc votera pour les feux d’artifices dans chaque village? Et les communes fleuries à l’exces par les contribuables?
    Je souscris à l’idée de supprimer toutes les subventions à toutes les associations, et de défiscaliser les dons.

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