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France : Société / L'Eglise : L'Eglise en France

Quelle(s) langue(s) pour quelle France?

En France se parlaient des dizaines de dialectes, de patois, de langues avant la Révolution française et dans les décennies qui suivaient. Celle-ci a entraîné la généralisation de la langue française à tout le territoire de la "Nation", supprimant de fait par mort douce, la quasi-totalité de ces parlers.

La France traverse une grande crise d'identité et la langue française quand elle est encore bien pratiquée, n'est plus un facteur d'unité du pays. Par ailleurs, la dilution d'une France sans frontière dans des ensembles qui la dépassent, la perte de souveraineté de l'Etat et d'autres facteurs comme l'immigration ont pour conséquence une velléité certaine de repli local chez les habitants de la France, repli tant géographique que communautaire ou linguistique.

On peut y voir aujourd'hui un immense paradoxe. Le régionalisme est un des objectifs de l'Europe qui souhaite dans une politique post-Etats, régner sur des provinces. Un régionalisme aigu fut prôné sous couvert d'indépendantisme par des soixante-huitards en mal de fausse liberté et d'anarchie. Enfin, il  prend depuis quelques temps un autre aspect et dans une mouvance politique bien différente où l'on évoque l'amour de la France tout en sifflotant des airs aux paroles pondues par ceux-là même qui aspiraient à s'en séparer. Le plus bel exemple : "Ma mie dit que c'est folie d'aller faire la guerre aux Francs, moi je dis que c'est folie d'être enchaîné plus longtemps".

De plus en plus de régions ou de provinces remettent au goût du jour les langues dites régionales. Un débat pourrait porter sur la nature même de ces langues orales qui après leur quasi-extinction, rejaillissent de nombreuses années après, sous forme écrite et figée dans les universités, voire les lycées. Quand on sait qu'à cinquante kilomètres de distance, les Provençaux ne se comprenaient pas entièrement, on peut s'étonner d'une langue enseignée en chaire, prétendant être pratiquée sur la superficie de plusieurs départements actuels.

Mais plus que le débat sur les langues qui jaillit dans l'actualité avec le cas de Toulouse qui passe la vitesse supérieure dans "l'occitanisation" de la ville (radio, TV, panneaux de signalisation, secrétaires bilingues, etc.), c'est un débat sur la nature même de la France, de la notion de pays, de territoire, d'autorité sur ce territoire, de nationalité, d'identité nationale, de culture, etc. qu'il convient de lancer loin des effets d'annonce d'une certaine campagne présidentielle ou des idées toutes faites qui ne collent plus à la réalité actuelle.

Sans ces questions sur les fondements de notre pays et donc sur ses racines, sur sa réalité humaine, on ne pourra entamer le débat secondaire des langues et décider les suites à donner à ces revendications. M'est avis que cette remise à plat n'est pas pour demain, même s'il serait vital que des catholiques initient ou se mêlent de ces questions afin que soit reconnues et respectées la vérité des liens étroits entre notre Foi et notre culture et donc la vérité sur notre pays qui seules peuvent lui assurer un avenir.

Vous savez le rôle que le Salon Beige joue chaque jour dans la lutte contre la culture de mort et pour la dignité de l’homme; vous connaissez notre pugnacité à combattre chaque jour contre l’avortement, l’euthanasie, le mariage pour tous, la PMA, la GPA et toutes les dérives libertaires.

Le Salon Beige ne remplace pas votre rôle dans ces combats, il les facilite, les accompagne et les stimule<;

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On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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11 commentaires

  1. Le regretté JF Revel citait l’une de ses connaissances, professeur de philosophie dans le pays basque espagnol, qui avait reçu des menaces parce qu’il donnait ses cours en castillan. Le problème était que les concepts philosophiques n’existaient pas en basque et qu’il lui était impossible d’enseigner dans cette langue.
    Dans la même veine, cela fait plus de 500 ans que la Bretagne a choisi le français comme langue juridique et administrative, de sorte que le breton juridique n’existe pas !
    On aime tous penser aux troubadours occitans ou aux chansons d’Alan Stivel, mais n’oublions pas que le Français a une légitimité historique, culturelle et pratique que sont très très loin d’avoir les langues régionales et autres patois. Cela dit, reconnaissons que le vacancier parisien apprécie la couleur locale des panneaux indicateurs en dialecte local.

  2. “supprimant de fait par la mort douce”… non, le mouvement de destruction des patois/dialectes/langues régionales a été surtout “actif” (punitions pour ceux qui répondaient en dialecte en classe, etc.), et il ne s’est pas agi d’une mort douce, loin de là…

  3. Jean Ferré expliquait que l’avantage des grandes langues civilisatrices est qu’elles ouvrent à la culture universelle.
    Un français peut lire Shakespeare traduit, un anglais Goethe et un allemand Balzac, alors qu’un bretonnant ou un adepte du patois Poitevin…

  4. Les langues régionales deraient etre enseignées car elles apportent beaucoup sur le plan de la Culture et de la pluralité des langues de France bien vivantes malgré l’éradication voulue par la Révolution française et la République.

  5. à JCM, sur l’utilité des gandes lagnues universelles our avoir accès aux oeuvres de littérature majeures.
    Je vous annnonce que je peux vous envoyer un livre de 1200 pages en breton des pères de l’Eglise traduit page à page du latin , édition du Vatican ;
    D’autre part, il y a maintenant des moyens techniques très puissants qui peuvent servir à réduire cette difficulté.
    Ainsi il y a quelques années c’est des Bretons de Lannions travaillant sur un projet de lecture audio de textes en anglais, je crois, qui ont mis au point la même chose pour … le breton, sur leur temps libre, très certainement…
    Enfin, je suis attristé que vous n’ayez sonjé qu’à Balzac pour représenter la littérature française. Je n’aime pas Balzac, pas du tout. Il ne me semble pas qu’il soit en mesure de nourrir l’âme d’un chrétien.
    En Breton, nous avons le Barzhaz Breizh.
    C’est indépassable. C’est G. Sand qui le dit.
    TG

  6. jusqu’à 1789 le roi ne s’est jamais occupé de “culture” . Le français était la langue du monarque donc la langue officielle et administrative, relèguant de ce fait les autres langues qui furent elles aussi administratives, avant les incorporation d’états, comme des comtés ou des duchés qui furent indépendants, avec un lien féodal faible envers le monarque, les transformant en langues parlées favorisant les localismes. Le citoyen français est une invention de 1789 (voir le livre”les 2 patries), ce sujet demande un long développement.

  7. Attention au hors-sujet. Recentrons les commentaires sur mon dernier point, prioritaire sur le problème des langues (même bretonnes) :
    “un débat sur la nature même de la France, de la notion de pays, de territoire, d’autorité sur ce territoire, de nationalité, d’identité nationale, de culture, etc. qu’il convient de lancer loin des effets d’annonce d’une certaine campagne présidentielle ou des idées toutes faites qui ne collent plus à la réalité actuelle. ”
    Lahire

  8. Tout cela finalement rentre très bien dans les visées allemandes de parcellisation des Etats en régions européennes.
    Diviser pour régner…

  9. On a interdit de parler breton dans le passé et savez-vous qu’il y a quelques jours, les vigiles du stade de Guingamp ont confisqué les drapeaux bretons alors que la ville de Guingamp figure sur le Gwen ha du.Où allons-nous ?
    Le gwen ha du c’est l’héritage de la Bretagne comme les deux léopards symboles de la Normandie….

  10. – Vous dites : “c’est un débat sur la nature même de la France, de la notion de pays, de territoire, d’autorité sur ce territoire, de nationalité, d’identité nationale, de culture, etc. qu’il convient de lancer”…
    Entièrement d’accord. Nous participons à ce débat dans : “Faut-il avoir honte de l’identité nationale ?” (Daniel Lefeuvre, Michel Renard, Larousse, 2008).
    Mais nos contradicteurs craignent le choc des arguments. Ils préfèrent parler entre eux…
    http://identitenational.canalblog.com/

  11. Humeur:
    je suis d’origine languedocienne, provençale, normande, auvergnate, flamande (et plus encore), du côté stricto sensu, français – (pour certains qui dresseraient déjà l’oreille et fronceraient les sourcils, je dirai métèque peut-être mais catholique romain néanmoins!). j’ai été amenée à vivre et/ou travailler dans de nombreux coins de l’actuelle république française (de l’Alsace à la Bretagne et à la Normandie, de la Flandre française au Pays Basque non côtier – importance de la précision car le basque de la Soule n’est pas exactement le basque des Biarrotes, sans oublier les DOM-TOM, ou par exemple le marquisien est une langue polynésienne qui n’est pas celle de Tahiti et pourtant c’est toujours la Polynésie française), et de l’actuel royaume d’Espagne, de la Catalogne à l’Andalousie. Heureusement j’ai pu utiliser deux langues le français et l’espagnol de Castille. Je n’aurais jamais eu les capacités et le temps de scolarité (sans doute plusieurs vies d’érudits nécessaires) pour apprendre toutes les langues différentes qui ont été utilisées ou sont utilisés d’une manière courante ou tombées complètement en désuétude depuis parfois plusieurs siècles, dans les pays et régions que je viens de citer. Un apprentissage par rapport à mes origines (connues car il y en sans doute des inconnus + le latin que certains de mes ancêtres ont sûrement utilisé), ancêtres que je ne veux en aucun cas renier, mais aussi par rapport à mes lieux de résidence, mon travail, etc.
    Par ailleurs, certes il y a des droits à, mais il y a aussi un devoir par rapport à son pays dont la langue de structuration et de rayonnement a été pour la France le français. Si nous ne nous fédérons pas autour du français pour la France, il ne nous reste plus qu’à parler anglais (facile surtout pour le parler avec un vocabulaire de 300 mots tout comme le français utilisé aujourd’hui par beaucoup – pas besoin d’un grand apprentissage, – et pratique partout compréhensible dans le monde). D’ailleurs d’accord ou pas d’accord cela va être bientôt le cas, si l’intégrisme linguistique (qui commencera par un intégrisme linguistique régionale (il y aura toujours un choix d’un dialecte par rapport à une autre,- même en Bretagne où le celte réintroduit après l’arrivée des celtes de la grande Ile aujourd’hui Grande Bretagne, n’était pas le même que le celte parlé par les neustriens envahis), prend le pas sur le bon sens.
    Je préfère encore apprendre et utiliser le latin (ce qui est déjà possible à la messe!).
    Pardon pour ce long message et AVE!

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