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Bioéthique / Pro-vie

Quel début à la vie ? Remarques à partir de Conférences inédites (1968-1992) du Professeur Jérôme Lejeune

Quel début à la vie ? Remarques à partir de Conférences inédites (1968-1992) du Professeur Jérôme Lejeune

Le Professeur Lejeune a été un pionnier en génétique, découvreur de l’anomalie chromosomique des enfants qu’on appelait alors mongoliens en 1959 ; il a ensuite lancé les premières pistes thérapeutiques contre le déficit intellectuel. Connu mondialement, proche du Pape Jean-Paul II, il a été amené à prononcer de multiples conférences. Les conférences susnommées ont été regroupées dans un livre dont le titre est : Au commencement, la vie, de lecture facile.

En ces temps de débats bioéthiques, il a paru utile d’extraire de ces conférences quelques indications sur la pensée d’un homme de science à l’origine de la génétique moderne à propos du début de la vie humaine. Quatre idées majeures apparaissent : il existe une nature humaine ; le début de la vie est extrêmement bref ; la vie, ce n’est pas une matière mais un « message », une « information », reçus pleinement dès l’origine et d’un père et d’une mère ; la meilleure preuve que l’embryon a reçu la plénitude de ce « message » qui fait la plénitude de la personne humaine est donnée par la technique de fécondation in-vitro. 

1) Il existe une nature particulière à l’homme, une nature humaine, et tous les hommes la possèdent :

« La première des choses, c’est que lorsqu’on nous demande si une cellule, un de ces minuscules éléments qui composent tout notre corps, est humaine ou animale, nous pouvons répondre avec une certitude absolue. On peut dire qu’une cellule est issue d’un être humain ou non, sans aucune ambiguïté. Cette reconnaissance est possible parce que le patrimoine héréditaire est porté par des petits bâtonnets appelés chromosomes et que tous les hommes, mis à part quelques accidents, portent des chromosomes de même nombre et de même forme ».

2) Le début de la vie est extrêmement bref puisqu’il consiste en la pénétration d’un spermatozoïde dans un ovule et en la division de cette première cellule.

« Très rapidement, des divisions subintrantes augmentent le nombre des cellules par des puissances de 2. Mais cet individu, au sens d’un et d’unique, est réalisé à un instant précis.  Le bon sens répond que cela doit être au début, juste après la fécondation. Mais la pathologie peut fournir une autre réponse, et dire à partir de quel moment il n’est déjà plus possible de défaire cette individualité, de modifier ce processus sans détruire l’être qui se développe. L’indétermination ne s’étend certainement pas au-delà d’un ou deux jours après la fécondation ».

Il y a aussi l’observation de la division du premier œuf en deux jumeaux identiques (mais qui sont deux individus différents) :

« Nous ne savons pas exactement à quel moment se produit cet accident, mais nous savons à partir de quel moment il ne pourrait plus se produire : il est absolument certain qu’au-delà de quinze jours, il serait totalement impossible de sortir deux personnes d’une même nature génétique ».

3)« La génétique moderne se résume à un credo élémentaire qui est celui-ci : Au commencement, il y a un message ; ce message est dans la vie et ce message est la vie. Parce que nous savons avec certitude que toutes les informations qui vont définir l’individu, qui vont lui dicter non seulement son développement mais sa conduite ultérieure, toutes ces caractéristiques sont inscrites dans la première cellule. Aucune information ne rentre dans un œuf après la fécondation ».

La vie, ce sont donc des informations.

« Et la transmission de la vie emploie le langage le plus concis qui existe. Toutes les caractéristiques qui vont définir entièrement toutes et chacune des qualités d’une personne sont inscrites sur une très longue molécule d’acide désoxyribonucléique qui ressemble à la bande magnétique d’un magnétophone…. La bande magnétique qui contient toutes les informations que véhicule un spermatozoïde et la bande magnétique de toutes celles que contient un ovule, c’est-à-dire toute l’information et toutes les qualité d’un nouvel être-là, mesurent chacune un mètre de long. Lorsque ces deux bandes magnétiques se trouvent réunies dans la première cellule, alors le message de vie se trouve rassemblé (coupé en 23 morceaux)…  Nous recevons de notre père et de notre mère seulement la moitié du patrimoine et d’une façon extrêmement compliquée –il ne s’agit pas d’une seule bobine mais nous en avons 23 et chaque parent nous transmet l’une ou l’autre de ses vingt-trois bobines, et il est possible que les bobines soient découpées comme on fait un montage de cinéma et qu’on reçoive un passage de l’une et un passage de l’autre, on est donc tout à fait sûr que chacun des hommes possède une formule unique et totalement irremplaçable.

Et la « bande » est soigneusement pelotonnée dans des petits bâtonnets que nous appelons les chromosomes et qui sont équivalents à une minicassette dans laquelle la bande est enroulée en spirales ».

« Cela veut dire très simplement qu’il n’y a pas de matière vivante. La matière vivante n’existe pas, la matière ne peut pas vivre, la matière ne peut pas se reproduire. Ce qui se transmet, ce n’est pas la matière mais c’est une information portée par la matière, imprimée sur la matière et qui justement, finalement, quand elle est complète, anime la matière… La première cellule contient pour la première fois et pour l’unique fois dans la vie de cet individu, non seulement le message complet, la moitié étant venue du père et l’autre moitié venue de la mère, mais simultanément une « empreinte » (ou « impression ») masculine et une « empreinte » (ou « impression ») féminine, l’homme marquant certains endroits du message et la femme marquant d’autres endroits (la méthylation de l’ADN). Il y a une empreinte masculine et une empreinte féminine et il faut les deux en même temps dans la première cellule pour qu’un nouvel être soit conçu ».

4) « Le fait que l’être humain existe dès la fécondation n’est donc pas une hypothèse de théologie (NDLR : dans la religion musulmane, l’embryon devient un être humain à partir de 120 jours ; dans la religion juive, c’est à partir de 40 jours). Ce n’est pas une opinion de moraliste, ce n’est même pas un présupposé de théoricien. C’est une vérité expérimentale. La meilleure preuve est qu’il est possible que la fécondation, que la conception, ait lieu en dehors du corps humain… Le premier bébé-éprouvette a démontré formellement et de façon irréfutable que la vie d’un être humain commence à la fécondation. Car si cette minuscule chose, ce petit embryon qui se divisait en cellules n’avait pas déjà été un être humain, jamais son implantation dans l’utérus n’aurait pu permettre une grossesse et la naissance d’une heureuse petite fille ».

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