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“Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. […] Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre, commet l’adultère à son égard » (Mc 10, 9 et 11)”

Christophe Geffroy revient dans l'éditorial du dernier numéro de La Nef sur le sondage publié récemment dans Pélerin à propos l'attitude des catholiques face au mariage :

Le nef " (…) Les Français, et même beaucoup de catholiques eux-mêmes, ignorent à peu près tout de l’enseignement de l’Église, c’est pourquoi il est peut-être utile de rappeler que, sur cette question du divorce et du remariage, sa position ne relève pas d’une décision conjoncturelle qu’il est loisible à ses responsables de changer au gré de l’évolution des mœurs, mais provient de la Révélation divine transmise par les Évangiles : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. […] Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre, commet l’adultère à son égard » (Mc 10, 9 et 11). Elle ne peut donc se comprendre que sous le regard de la foi. Même le pape ou un concile œcuménique n’aurait pas le pouvoir de changer une telle loi divine, c’est pourquoi il est quand même affligeant que ce soit un périodique qui se dit « catholique » qui relance ainsi un faux débat – clos depuis le Christ –, en sachant pertinemment que cela ne pourra que semer trouble et désillusion auprès de ceux qui, sincèrement mais trompés par de faux messies, croient qu’une évolution est possible. Cette tentation de tous les temps d’épouser les désirs du monde, comme si ses exigences devaient s’imposer inéluctablement, n’épargne pas les chrétiens. Mais le rôle de l’Église et de ses pasteurs – et aussi de ceux qui, comme la presse catholique, ont une responsabilité dans la diffusion des idées – est de toujours tenir le cap de l’Évangile, à temps et à contre temps, d’éclairer les fidèles et les hommes de bonne volonté des contraintes qu’un tel message exige, sans rien céder à une démagogie ambiante qui se moque totalement du bien des âmes dont l’Église a la charge (…)

Il faut le dire et c’est notamment aux catholiques de témoigner de cette vérité. Sinon, qui le fera ?"

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9 commentaires

  1. Le père Alain Bandelier a écrit un article sur le même sujet dans le dernier exemplaire de Famille Chrétienne, où la même enquête du Pélerin est dénoncée, avec d’autres exemples antérieurs (un article de Panorama notamment).
    La conclusion ne peut être qu’identique : comment l’Eglise Catholique pourrait-elle renier l’enseignement du Christ lui-même ?

  2. Pas plus tard qu’hier soir nous avons eu une discution sur l’indissolubilité du mariage et je peux vous assurer que les Chrétiens (ce sont des personnes qui s’occupent de la paroisse)N’ont aucune idée des paroles de l’évangile,ni du reste de l’enseignement de l’église et des papes sur le mariage .Cela occasionne toujours des échanges assez houleux.mais tenons bon!

  3. Pour prendre un argument humain qui rejoint l’enseignement évangélique, le divorce est un injustice indépassable faite aux enfants.
    Des couples “divorcés” avec des enfants de plusieurs lits sont dans une situation inextricable et nécessairement injuste pour la personne abandonnée et les enfants.

  4. Comment peut-on ralentir cette “déferlante” de divorces et de remariages quand, même dans des familles catholiques pratiquantes régulières, les divorcés remariés sont hébergés ? Bien sûr il faut la charité, mais il faut aussi l’exemplarité et nos enfants doivent savoir que le divorce et a fortiori le remariage sont de graves offenses faites à Dieu et que l’on ne peut cautionner. Mais, en tenant ce discours, les divorcés-remariés deviennent des victimes et nous des faiseurs de divisions, de nos jours les rôles sont renversés…

  5. Je suis très méfiant à l’égard des arguments modernistes des prétendus catholiques partisans du divorce. L’Eglise n’est pas une démocratie et tout cela ne se règle pas par des sondages.
    Néanmoins en tant que baptisé dans l’Eglise romaine en voie de conversion à l’Eglise orthodoxe (juridiction de Constantinople), je ne partage pas du tout l’idée que le droit divin interdirait un remariage par application du principe ecclésiastique d’Economie. Certes, seul le premier mariage est pleinement sacramentel, image de l’union du Christ avec son Eglise, mais la Tradition a toujours permis qu’un fidèle séparé de son conjoint, ayant fait pénitence, obtienne l’autorisation de l’Evêque de partager sa vie avec une autre personne à la suite d’une bénédiction mineure. Cette pratique est immémoriale en Orient et existait avant le Schisme.
    Chacun sait qu’un élément de la Tradition ne peut être en opposition avec les Ecritures. Ou alors on professe le protestantisme.
    [Oui mais il me semble qu’ils doivent vivre alors comme frère et soeur….
    PC]

  6. Bonsoir,
    Un argument classique du modernisme pour réfuter une pratique, ou même des sacrements, est de dire, comme les protestant ou les mormons : “c’est pas dans la Bible”.
    Souvent d’ailleurs à propos de l’Eglise même et l’on accuse le pauvre saint Paul : or on pourrait citer des dizaines de passages des Evangiles, des paroles du Christ, qui fondent l’Eglise et l’infaillibilité.
    Et il en est de même pour l’indissolubilité du mariage : même pas un développement organique du dogme, c’est noir sur blanc un commandement de Notre Seigneur, et il s’en trouve encore pour contester. Que leur faut-il donc ?
    In Christo rege,

  7. à PC : Non, les époux remariés dans l’Eglise orthodoxe peuvent avoir des relations intimes. C’est un point de discorde important avec Rome. L’orthodoxie insiste sur la nécessité d’accepter une situation imparfaite pour le bien spirituel des fidèles, notamment pour leur permettre d’approcher du Corps du Seigneur. En droit canon romain cela s’apparenterait à une forme de dispense mais la comparaison est difficile.
    Le nouveau “conjoint” est en quelque sorte un compagnon agréé par l’Eglise pour permettre au divorcé de ne pas finir sa vie sans le secours physique et spirituel d’un être aimé et tout en participant à la vie eucharistique de l’Eglise
    La question qu’on peut se poser est celle de savoir si le Christ a considéré le mariage comme “indissoluble”. Sur ce point, il faut être très clair, car lorsqu’il enseigne que le mariage ne peut pas être dissous (donc ce n’est pas permis), cela ne veut pas dire que cela ne peut pas arriver (ce n’est donc pas exclu). La plénitude de la communauté conjugale peut être atteinte par le comportement erroné de l’être humain. En d’autres termes, c’est la transgression qui rompt le lien. Le divorce n’est que le résultat d’une rupture. Tel est aussi l’enseignement des Pères de l’Eglise d’Orient. Qu’il suffise à ce propos de mentionner un témoignage, celui de Cyrille d’Alexandrie: “Ce ne sont pas les lettres de séparation qui dissolvent le mariage par rapport à Dieu, mais bien un mauvais comportement”
    Saint Basile disait à propos de l’homme trompé par sa femme que cet homme est “pardonnable” (à excuser) s’il se remarie.
    Le principe d’Economie se décrit de la manière suivante : il est “la suspension d’une application absolue et stricte des directives canoniques et ecclésiastiques dans la direction et dans la vie de l’Eglise, sans que soient compromises pour autant les limites imposées par le droit. La mise en oeuvre de l’économie n’est réalisée que par l’autorité ecclésiastique compétente et ne vaut que pour des cas concrets” Le but de l’économie est très précisément d’empêcher qu’une personne fragile soit définitivement exclue de la communion ecclésiale, à l’exemple du Christ, toujours prompt à sauver celui qui est perdu.

  8. Permettez-moi simplement de répondre à Marc en lui demandant la place des enfants dans tout cela ? Avez-vous déjà vu des enfants heureux de la séparation de leurs parents et de voir leur père ou leur mère “remplacé” par un ou une autre ? Il faut peut-être pour nos enfants faire taire nos égoïsmes et leur assurer une vie équilibrée. C’est simplement donner sa vie pour ceux que l’on aime. L’Eglise qui est notre Mère prend simplement soin de ses petits, les plus faibles.

  9. Il est évident que le divorce reste un comportement à éviter, néfaste pour la société et pour les enfants. Voilà pourquoi, bien que partageant la foi grecque-orthodoxe, je comprends que l’Eglise romaine ne puisse guère évoluer sur ce sujet dans sa pratique disciplinaire, au risque de donner l’impression d’encourager le divorce et de céder au démocratisme.
    Néanmoins, la position d’origine de l’Orient me paraît plus sage, réaliste et miséricordieuse.

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