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Pays : International

Que fait-on après avoir bombardé la Syrie ?

Le 13 avril, soit avant le bombardement de la Syrie, Marc Fromager, directeur de l'Aide à l'Église en Détresse (AED), répondait à L'Homme Nouveau :

Unknown-17Vous avez publié un texte hier suite aux récentes accusations contre le régime syrien, vous dénoncez le recours à des mensonges grotesques sur les armes chimiques. Comment être si sûr qu’il s’agit de mensonges ? 

Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’attaques chimiques, j’alerte simplement sur le fait que ces dernières années, l’argument de l’utilisation d’armes chimiques ou de destruction massive, que ce soit, en Irak ou en Syrie, a été tellement employé pour des situations qui se sont avérées être des mensonges grossiers, ou des situations pour lesquelles les preuves n’ont toujours pas été fournies, qu’une certaine suspicion a fini par apparaître.

Ensuite on ne voit pas très bien pourquoi le régime syrien aurait utilisé des armes chimiques précisément à ce moment, alors que la bataille de la Goutha était en passe d’être gagnée. L’enclave est libérée aujourd’hui, ça n’a pas de sens. 

La question habituelle qu’il faut se poser est la suivante : à qui profite le crime ?

On s’aperçoit qu’à chaque fois que l’État syrien a retrouvé un peu de souveraineté sur son territoire, il y a eu systématiquement ce genre d’accusations. C’est surprenant. Maintenant, s’il est avéré qu’il y a eu utilisation d’armes chimiques, encore faudrait-il déterminer qui les a utilisés. Parce qu’on sait très bien que les rebelles ont dans le passé eu recours à des armes chimiques, dans le but de faire accuser l’État syrien. Peut-être sommes-nous à nouveau dans ce genre de scénario.

Admettons même que ce soit l’État syrien, par l’armée syrienne, qui les ait utilisés, ce serait criminel, mais l’ensemble de cette guerre est criminel.

Une question demeure : Si on bombarde, pourquoi pas ?, mais que fait-on après ? Qu’est-ce que les bombardements de la Syrie changeraient ? Seraient-ils une aide pour la population ? Accéléreraient-ils la fin de la guerre ? Diminueraient-ils les souffrances des Syriens ? On ne voit pas exactement comment… […]"

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