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L'Eglise : JMJ

Quand la presse espagnole loue les JMJ

Lu ici :

"LatinReporters traduit ci-dessous l'éditorial publié le 22 août par El Mundo. L'éditorial est d'autant plus significatif que ce quotidien, le plus influent d'Espagne après El Pais, défend un libéralisme de centre droit souvent éloigné des positions de l'Église, notamment en matière d'avortement et de mariage entre homosexuels, deux dossiers qui ne cessent d'opposer l'Espagne socialiste au Vatican.

"Un grand succès pour l'Église et pour l'Espagne"

(El Mundo, éditorial du 22 août 2011; traduction : LatinReporters)

Un succès complet. Ainsi faut-il qualifier ces Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) clôturées hier [dimanche 21 août] à Madrid. Le monde a vu avec étonnement la vitalité de l'Église catholique, capable de réunir un million et demi de jeunes de toutes les nationalités. Ceux qui espéraient qu'à la mort de Jean-Paul II se dissolve une ferveur qualifiée de culte de la personnalité se sont trompés et, ainsi, un vieux prêtre [Benoît XVI] sans le charisme de son prédécesseur a surpassé tous les records antérieurs. Un succès que personnifie le cardinal Rouco Varela [archevêque de Madrid et président de la Conférence épiscopale espagnole], promoteur de la venue des Journées dans la capitale et tête de l'organisation en tant que responsable du diocèse dans lequel elles ont été célébrées.

En outre Madrid – la marque Espagne – sort renforcée de ces journées. C'était une tâche titanesque de procurer logement, nourriture et transport aux centaines de milliers de pèlerins qui se sont rassemblés dans la capitale et l'effort s'est soldé par un résultat brillant grâce à l'impeccable collaboration civile et ecclésiastique. 

Les faits ont démontré l'absurdité de l'opposition au financement avec les deniers publics des infrastructures ou de la sécurité et la stupidité des critiques aux remises octroyées aux pèlerins dans les transports publics. En paraphrasant l'Évangile, si on nous le permet, l'Espagne a reçu le "cent pour un" de son investissement. Personne ne doute, par exemple, que les belles images de la tombée du jour sur le boulevard de la Castellana orné de pasos emblématiques de la Semaine sainte supposent une grande publicité touristique aux yeux des amants de l'art. 

Il y aura, pour l'Église espagnole, un avant et un après des JMJ. Les jeunes catholiques qui ont acclamé Benoît XVI l'ont entendu parler d'un engagement de vie, de fidélité au couple, d'embrasser la souffrance. L'homélie d'hier a résumé ses messages : la fête, c'est très bien, a-t-il dit, mais maintenant le "fondamental" est d'aller à la messe le dimanche, de se confesser et de communier. Un défi qu'il a posé avec une exigence sans palliatifs à la jeunesse croyante, dont une partie seulement en tiendra compte. Mais le pape a aussi parlé de tolérance, d'éducation ou de recherche de la vérité et de la paix, valeurs qui doivent être acceptées par tout citoyen, croyant ou non, et qui contribuent à améliorer la société. 

Il faut aussi souligner le bon ton qui a prévalu entre le gouvernement et l'Église. Ne s'agissant pas d'une visite d'État, mais d'un événement pastoral de caractère global, Benoît XVI a été doublement prudent dans le traitement des sujets les plus épineux et, pour sa part, l'exécutif s'est comporté de manière exquise, tant dans l'organisation que dans les détails protocolaires. 

Le fil des jours a dilué l'atmosphère de confrontation que certains milieux du militantisme laïque avaient stimulée artificiellement. Durant ces journées, les confessionnaux ont rempli le parc du Retiro, des centaines de messes ont été célébrées dans des centres sportifs municipaux et des milliers de crucifix et de chapelets ont empli les collèges publics. Mais l'Espagne n'en est pas moins laïque qu'il y a une semaine. Cette expérience nous porte à une réflexion : l'État est aconfessionnel et le gouvernement ne doit pas légiférer en suivant une quelconque morale religieuse, mais il doit aussi être conscient qu'on ne peut pas mépriser les sentiments d'une partie importante de la population. C'est un enseignement que laissent ces Journées : la collaboration loyale entre l'Église catholique et l'État – qui représente une société aux racines chrétiennes – doit être la règle et non une exception provoquée par un événement de cette grandeur.

Et c'est une ironie que le président du gouvernement [José Luis Rodriguez Zapatero]qui a le plus légiféré contre la morale catholique et qui semblait résolu à éradiquer les signes religieux de la société clôturera sa carrière politique peu après la plus grande manifestation du catholicisme que l'Espagne ait vécu".

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