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Culture

Quand la guerre couvre d’autres coups…

Quand la guerre couvre d’autres coups…

De Jean Chaunu, historien, pour le Salon beige:

Toute ressemblance étant fortuite et involontaire comme dans les films d’horreur, on devrait s’étonner qu’une guerre rende à nouveau possible, aujourd’hui comme hier, et comme par hasard sur les mêmes victimes, l’élimination des innocents.  La guerre d’Ukraine permet de relancer l’euthanasie en France, pardon, « la mort dans la dignité », et « en même temps » d’organiser un troisième massacre d’Arméniens par les alliés des Turcs (« gaz contre Arméniens »), dans une sorte d’anesthésie générale de la conscience civile.

Mais quel rapport, me direz-vous ? Apparemment aucun, si ce n’est que la deuxième guerre mondiale avait commencé, elle aussi, par les plus vulnérables, malades, handicapés, avant l’extermination des Juifs et comme un galop d’essai (« opération T4 »)[1]. Hitler autorisait en 1939 par son médecin personnel et un service médical aux ordres, d’accorder « une mort miséricordieuse aux malades qui auront été jugés incurables selon une appréciation aussi rigoureuse que possible. » [2]Qui douterait de leur rigueur ?

Bon, et les Arméniens ? Dans ses propos tenus à l’Obersalzberg le 22 août 1939, la veille de l’Alliance soviéto-nazie (pardon, du pacte de non-agression), Hitler annonçait à ses généraux la destruction imminente de la Pologne et l’envoi programmé de « mes unités à tête de mort (qui ont) reçu l’ordre de mettre à mort sans merci et sans pitié beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants d’ascendance et de langue polonaise ». Et Hitler de conclure « Qui parle encore, aujourd’hui, de l’anéantissement des Arméniens ? » [3]  Alors que les tribunaux de Weimar avaient acquitté les Arméniens auteurs d’attentats contre leurs génocideurs

Toute ressemblance avec l’actualité  est donc un délit d’anachronisme déplacé. Heureusement que plus personne ne sait ce qu’est un anachronisme. Il suffit de ne plus apprendre les leçons de l’Histoire.

[1] Götz Aly, Les anormaux, Flammarion 2014

[2] Cité dans Thierry Knecht, Mgr von Galen, l’évêque qui a défié Hitler, Parole et silence 2007, p. 59.

[3] Cité dans Edouard Husson, Heydrich et la solution finale, Perrin 2008, p.61.

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4 commentaires

  1. Excellent.Merci à Jean Chaunu digne fils de son père historien .

  2. Lorsque les catholique ont manifestés contre l’opération T4, le régime National Socialiste Allemand a arrêté ces mises à mort.
    Lorsque les catholiques manifestent contre la mise à mort des enfants à naitre, contre l’euthanasie , la République Démocratique n’en tient pas compte et détruit socialement les opposants (prof viré…).

    La République Démocratique n’est pas le camp du bien, mais celui de la tyrannie du Deep State au profit d’une minorité qui organise des guerres dans le monde entier.

    Allez demander le droit du peuple français à disposer d’un foyer national en France, vous verrez la réponse.
    Droit des peuples à disposer d’eux-même, c’est une farce en Démocratie.

    • @Thomas78
      C’est surtout le combat inlassable de du Bienheureux Clemens August, Comte (Graf) von Galen, Évêque de Münster de 1933 à sa mort en 1946, qui fit abolir le programme T4.
      Ce même programme T4, modernisé et optimisé, qui a été remis en œuvre dans plusieurs pays, Belgique en tête, et que le pâle toqué élyséen veut imposer à la France avec les mêmes discours et les mêmes arguments qui ont mis en place la loi Veil il y a près d’un demi-siècle :
      – inspiré par les FM ;
      – strictement encadré pour éviter tout abus ;
      – réservé à des situations extrêmes ;
      – contrôlé par des médecins ;
      – délai de réflexion…
      Et c’est ainsi que l’IVG est devenu “un droit constitutionnel” que l’ONU voudrait imposer à la planète entière…

  3. nous sommes en dictature combien de fois faudra-t-il le répéter, la ripoublik est une dictature qui ne dit pas son nom

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