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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Prudence à l’approche du Synode sur la famille

Avant même son ouverture, prévue le 5 octobre, le Synode des évêques sur la famille suscite chez certains les espoirs les plus fous, notamment en ce qui concerne l'accès des divorcés-remariés à la communion. La tentation sera sans doute forte, chez certains médias, d'une part de présenter, au fil des débats, uniquement ce qui ira dans le sens d'une révision du Magistère, et d'autre part de faire monter les enchères jusqu'à la clôture de l'Assemblée le 19 octobre.

Le fonctionnement même du synode invite au contraire à la plus grande prudence. Pour au moins deux raisons, comme l'explique sur son blog l'Abbé Cédric Burgun, enseignant en droit canonique à l'ICP :

  • Un Synode n'est ni un gouvernement, ni une assemblée de députés

"Ce n’est pas un parlement qui peut légiférer (le canon 343 est très clair à ce sujet : il n’appartient pas au synode « de trancher ces questions ni de porter des décrets, à moins que, dans des cas précis, il n’ait reçu pouvoir délibératif du Pontife Romain à qui il revient alors de ratifier les décisions du synode »), mais une assemblée de coopérateurs à l’autorité suprême qu’est le pape. (…) Son pouvoir est seulement consultatif, ce qui signifie discuter des questions à traiter et émettre des souhaits. Autrement dit, les avis du synode des évêques ne sont pas contraignants pour le Pape. (…) Il est bien connu que certaines encycliques ou lettres apostoliques parmi les plus importantes de ces derniers temps ont leur origine dans ces documents ; il est moins connu que quelques synodes ne donnèrent que de pauvres résultats, obligeant le Pape à tout reprendre de manière personnelle."

  • Les fruits du Synode ne seront pas connus cette année

Le Saint-Siège a prévenu que "cette réflexion synodale se ferait en deux étapes, ce que beaucoup, journalistes ou non, me semble-t-il, n’ont pas voulu entendre (…) : l’Assemblée générale extraordinaire de 2014 et l’Assemblée générale ordinaire de 2015, après laquelle sera publié le document synodal dans lequel le Pape prendra sans doute des décisions pastorales. Faut-il donc attendre je ne sais quelle réforme cette année ? Sans doute, non. Et faisons attention de ne pas surenchérir les attentes afin d’éviter de trop grandes désillusions."

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