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France : Société

Projet de loi sur la rétention de sûreté

On apprend qu’un projet de loi sur la "rétention de sûreté" est sur le point de sortir des cartons gouvernementaux. Si cette mesure est votée, les délinquants les plus dangereux pourront êtres maintenus en détention à la fin de leur peine privative de liberté si leur dangerosité est encore présente.

On ne peut que s’interroger sur une telle mesure. N’est-ce pas là une nouvelle hypocrisie voire une nouvelle incurie de notre système pénal ? Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une nouvelle mesure visant à traiter la récidive et ensuite parce qu’il serait sans doute bien plus simple de rétablir une perpétuité effective pour les infractions les plus graves.

Sans doute est-il nécessaire de sortir de l’hypocrisie consistant à croire que la prison a pour seule vocation de guérir le délinquant pour revenir à une logique plus pragmatique consistant à dire qu’elle a avant tout pour but de protéger la société de ses éléments les plus dangereux.

Jacques

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5 commentaires

  1. Jacques a parfaitement raison.
    Pensons d’abord à appliquer strictement nos textes pénaux. Ainsi notre société sera mieux protégée et cela permettra d’éviter la multiplication des textes pénaux et de mécanismes plus complexes les uns que les autres.

  2. De fait, il est contre les principes minimaux d’un état de droit de vouloir modifier des peines prononcées après qu’elles étaient prononcées, en les prolongean administrativement : c’est l’ouverture à n’importe quoi et c’est gravissime.
    Il suffit de faire appliquer sans remise (là aussi administrative) l’intégralité des peines prononcées en particulier la perpétuité : c’est plus efficace et ne remet pas en cause les fondements même de l’état de droit.
    Il est ahurissant que des ‘responsables’ au gouvernement soit si imbu de positivisme qu’ils ne voient pas qu’à force de foncer dans la dictature administrative meme sous de bonnes raisons, on engendre en meme temps la future révolte de la base contre les institutions publiques.
    Et dire que des ‘cathos’ trouvent que ces nabots qui sont censés gouverner sont ‘moins pire’ …

  3. Hier M. Badinter, socialiste, qui est contre ce projet de loi, a donné un bon argument pour expliquer sa position, au journal de 20 heures de France2, je résume: la justice s’est prononcée sur un acte et une peine, et alors que la peine est achevée, ce ne sont plus des juges mais des psychiatres qui vont prononcer un verdict de nouvelle incarcération, ce qui est anormal, on ne juge plus un acte, mais l’éventualité d’actes futurs, ce qui n’est plus de la justice.

  4. Je crois que ce qui a amené à cette loi, c’est le problème des pervers sexuels. Leur perversion est-elle guérissable ? Si il est possible de les guérir un jour, cela semble inhumain de les garder en prison à vie. D’autant que si on les guérit, cela accréditerait l’hypothèse comme quoi ils sont sujets à des pulsions qu’ils ne maîtrisent pas, donc qu’ils ne sont pas pleinement responsables de leurs actes.
    Autrefois, la question ne se serait pas posée, ils auraient fait partie des multiples internés des asiles psychiatriques. On n’interne plus maintenant. Officiellement pour de très nobles raisons. Officieusement parce que cela coûte très cher à la collectivité.

  5. Chers amis, ne paniquez pas. Il ne s’agit là que d’un effet d’annonce. Une telle loi si contraire à tout notre droit est inconstitutionnelle, et la France serait bien vite condamnée, à raison cette fois, par la CEDH.

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