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Contre la honte des prisons françaises, un numerus clausus ?

"La France n’a pas à rougir de ses prisons et doit le dire publiquement" – dixit le Garde des Sceaux Pascal Clément. C’est faux, bien sûr : depuis des années, Présent mène campagne contre ce qu’il appelle "la grande honte des prisons françaises". Et Christine Boutin, répliquant à Clément, reprend le terme :

Après toutes ces années, je commence à me forger l’intime conviction que la société utilise la prison comme un véritable dépotoir ; il s’agit pourtant d’hommes et de femmes.

Aujourd’hui, j’ai honte…

Là où on pourra ne pas suivre Mme Boutin, c’est quand elle réclame un "numerus clausus" dans les prisons françaises – quand il n’y a plus de place, on n’enferme plus.

Prison Ce serait remplacer une injustice envers les incarcérés par une injustice envers la société – car la prison, ça semble fort marcher, comme l’indique la courbe à gauche sur l’effet d’une politique répressive en Angleterre ces dernières années.

Le problème vient bien d’un nombre insuffisant de places de prison, pas d’un nombre excessif de condamnés à de la prison (les prévenus, c’est une autre affaire – et c’est eux qui souffrent le plus de la surpopulation).

Prenons une comparaison simple : le taux de criminalité français (rapporté à la population, donc) est environ un quart plus bas que l’américain. Mais le taux d’incarcération français est de moins de 1 pour mille, contre 7 pour mille aux Etats-Unis. Le ratio d’incarcéré par crime est donc environ 5 fois plus faible en France qu’aux Etats-Unis.

Henri Védas

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5 commentaires

  1. Sans vouloir être cynique, la peine de mort solutionnerait sans doute une grosse partie du problème.
    Gouverner, c’est prévoir !
    A l’abolition de la peine de mort, il était nécessaire de construire des prisons supplémentaires.
    Simple logique.
    Quand l’immigration s’est intensifier, même chose.
    Nos braves politiques pourtant sortis de l’ENA, ne sont malgré tout, pas capable d’anticiper, de prévoir, de sentir les choses
    Et s’il est vrai que les prisons sont misérables, j’ai malgré tout plus pitié pour les victimes que pour les coupables !
    Et pour éviter les prévenus en prisons, qu’on les juge en temps et en heure.
    Une justice rendue très/trop tard, c’est un déni de justice.
    Déplorable habitude française.

  2. Beaucoup de jugements condamnant à la prison ne sont pas exécutés, sciemment par les autorités chargées de l’exécution des peines (procureur), sans doute faute de place.
    Les prisons françaises sont une honte puisque les viols, les ventes et consomations de stupéfiants sont très fréquents, voire habituels.
    Le personnel des prisons est héroïque car il est tous les jours menacé et vit dans la terreur.
    Alors, cherchez l’erreur : la France n’a pas de chance, à moins qu’elle en trop.
    Mais finalement, à mon avis, il ne s’agit pas de la loi des grands nombres.

  3. “le taux de criminalité français (rapporté à la population, donc) est environ un quart plus bas que l’américain. Mais le taux d’incarcération français est de moins de 1 pour mille, contre 7 pour mille aux Etats-Unis. Le ratio d’incarcéré par crime est donc environ 5 fois plus faible en France qu’aux Etats-Unis.”
    Excusez-moi mais je n’ai pas compris cette démonstration finale, même si je suis d’accord avec vous sur ce qui précède. Les chiffres que vous citez semblent démontrer qu’avec un ratio d’incarcération 5 fois plus faible on arrive à un taux de criminalité “meilleur” que celui des Etats-Unis. Ce qui ne plaide pas pour l’incarcération, et contredit la courbe que vous reproduisez plus haut.
    [Réponse de HV : oui, désolé, à force de vouloir faire bref, je frôle peut-être l’ellipse. Ce ratio veut répondre à la question : condamne-t-on trop, en France, à de la prison, par rapport au nombre de crimes commis ? Apparemment, non, si l’on est dans un rapport de 1 à 5 par rapport aux USA]

  4. Il existe aussi le scandale des personnes incarcérées mais non encore jugées (et parfois même finalement acquittées, comme à Outreau, pour l’exemple le plus médiatisé de ces dernières années), qui représentent une part non négligeable de la population carcérale.

  5. L’angélisme de gauche est contre la construction de prisons (voir le Blog sur les prisons du Nouvel Obs) : or ce n’est qu’en construisant de nouvelles prisons, avec des normes de densité , de sécurité et d’hygiène modernes (à l’américaine, ne craignons pas de le dire)et en offrant une activité aux détenus dans l’enceinte de la prison qu’on résoudrait à la fois le problème de l’incarcération nécessaire de ceux que l’on ne peut laisser dans la société et de l’humanité avec laquelle l’on se doit de traiter les détenus.
    Il faudrait aussi plus d’asiles psys, car 60% des détenus seraient à des degrés divers aliénés mentaux!
    Mais pour celà , il faudrait des moyens budgétaires, et il y a plus urgent comme dépenses, on le sait bien, pour nos décideurs…

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