Principes non-négociables : l'inversion commise par le député Pinte

Extraits d'un article de Jeanne Smits dans Présent :

E"A la conférence de presse que tenaient lundi au Palais Bourbon, Etienne Pinte, député UMP et ancien maire de Versailles (il vota la loi Veil en 1975), et Jacques Turck, nommé prélat d’honneur de Sa Sainteté en juillet dernier, j’ai compté six journalistes – moi comprise. Le député et le prêtre présentaient leur livre Extrême droite : Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire. Dans l’enceinte très laïque de l’Assemblée nationale, cette intrusion du religieux dans le politique pouvait surprendre. Mais c’était pour la bonne cause : pour affirmer de nouveaux « points non négociables à la française », si je devais résumer la teneur du discours en quelques mots… Ces points n’ont en fait pas changé depuis belle lurette : accueil de l’étranger, dénonciation systématique de la préférence nationale, dialogue avec l’autre et spécialement « avec les musulmans et l’islam », toutes ces bonnes choses ayant pour contraire le « nationalisme » quel qu’il soit.

Nous reviendrons assurément sur le livre et sur cette démarche qui visent seulement un parti et une seule candidate à la présidentielle dont « la menace attaque le fondement de notre société » comme l’affirme la quatrième de couverture de cet ouvrage édité par les Editions de l’Atelier, anciennes Editions ouvrières. Pourquoi ne pas avoir dénoncé l’extrême gauche, ni évoqué la question de l’avortement ? demandait un journaliste. « C’était une commande », ont répondu les co-auteurs. Ils s’en sont tenus à leur sujet, le livre constituant pour sa part le deuxième titre d’une série dont le premier s’appelle Immigration : Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire. Des points non négociables, je vous dis ! […]

Le livre d’Etienne Pinte et de Jacques Turck veut voir la mondialisation comme une chance, le «monoculturalisme» comme une tentation extrême, le «métissage des cultures» comme un bienfait, le «nationalisme d’exclusion et de retranchement» de Marine Le Le Pen comme une négation de l’Evangile. Jean-Paul II, rappelai-je, avait rappelé à l’UNESCO, que la souveraineté fondamentale devait être défendue « comme la prunelle de nos yeux », et son combat pour la culture, sa culture polonaise est le testament qu’il nous a laissé dans Mémoire et identité. […]"