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L'Eglise : L'Eglise en France

Prêtre auprès des prostituées

JLe père Jean-Philippe Chauveau, membre (l'un des premiers) de la communauté St Jean, vient de publier un livre racontant son histoire et ses divers apostolats : « Que celui qui n’a jamais péché ».

Enfant battu par des parents alcooliques, abusé
sexuellement à l'âge de 12 ans, le père Jean-Philippe a connu une adolescence troublée, de la
délinquance en pension puis
en maison de correction. Embauché
chez Peugeot, il y rencontre un chrétien qui lui donnera des conseils et une affection qui lui a tant fait défaut. Devenu chrétien, il fréquentera les foyers de charité et l'oeuvre de Jean Vanier, avant de découvrir sa vocation. Il est ordonné prêtre à 32 ans. Sa vie l'a semble-t-il un peu préparé à faire de l'apostolat pour les paumés. Sa première mission est de s’occuper de
toxicomanes. Puis, après un bref séjour en Afrique, il arpente en habit le bois de Boulogne à la rencontre des prostituées. Aujourd'hui, l’association Magdalena souhaite accueillir et accompagner celles qui veulent s'en sortir.

"Dans certains Etats des Etats-Unis, la prostitution est interdite. Les clients qui se font arrêter avec une fille ont le choix : ou ils ont un procès qui sera annoncé dans la presse, avec une lourde amende ; ou ils participent à un stage de rééducation durant lequel témoignent une ancienne prostituée, un juge, un policier et un avocat. Tout est tourné de manière positive : "Vous avez des problèmes de sexualité, on peut vous aider sans vous juger. Si vous acceptez, on va faire un parcours ensemble." Ils obtiennent 85% de réussite – c'est-à-dire de non-récidive. Voilà une formule intelligente que je rêve de voir appliquer dans notre pays. En Allemagne, lorsque ont éclaté de nombreuses révélations de pédophilie au sein même des familles, des cellules d'écoutes anonymes ont été ouvertes pour les personnes qui se sentaient attirées par les enfants et tentées de passer à l'acte. Avec succès. Il y a donc un réel besoin, mais quels moyens, chez nous, sont mis en oeuvre pour la prévention comme pour la rééducation ? […]

 Refuser d'avoir des relations sexuelles, ce n'est pas se condamner à être malheureux. Si la sexualité assurait seule le bonheur, cela se saurait. Combien de couples la pratiquent en tout sens, en tout genres, et finissent par divorcer ! L'ennemi, selon moi, c'est l'idéologie : une idée – qui peut être juste, d'ailleurs – érigée en principe totalitaire. Il y a une idéologie de l'homosexualité, de la chasteté, de la capote, etc. Ce sont d'invisibles prisons. La vraie question, c'est : "Qu'est-ce que le bonheur ?" C'est la question prioritaires aux jeunes qu'on enferme dans des discours sanitaires, avec un seul mot d'ordre : "Fric, sexe, capote." A nous de leur dire que le bonheur se construit, et que les exigences et les difficultés n'empêchent pas d'être heureux, bien au contraire."

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