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L'Eglise : L'Eglise en France / Médias : Désinformation

Prescription ou non prescription ?

De Dominique Daguet (par courriel) :

"La charia existe-t-elle déjà en notre législation ? Le Premier ministre de la France, anciennement quoique encore davantage chrétienne que de tout autre conception spirituelle ou intellectuelle, s'est mal conduit envers l'un de nos Princes de l'Église. Affaire d'État ?

À Lourdes, le Cardinal Barbarin a été superbement explicite : son discours devant ses frères les évêques élève enfin le débat, fixe des orientations pour l’avenir, démontre sans même penser le faire combien notre société médiatique, qui s’arroge sans vergogne le droit de juger et de condamner, est devenue redoutable aussi bien pour les coupables que pour les innocents.

Pour les coupables, car la justice n’a pas à sévir sur les places publiques, dans le charivari de ceux qui, ne disposant pas des divers éclairages nécessaires, poussent plus au crime qu’à l’apaisement, plus vers le mensonge ou l’invention que vers la vérité ; pour les innocents, qui deviennent ipso facto les victimes d’un aveuglement général. Tant d’exemples possibles, vécus tout au long des années passées, seraient à ressortir des archives les plus anciennes comme des plus récentes… et qui dévoileraient les inconsciences et les abus de paroles notamment chez nos élus comme chez nos éminences les ministres et les présidents.

Prenons l’exemple presqu’au plus haut de notre sphère politique : le Premier ministre, Manuel Valls, avant même qu’une quelconque juridiction se soit exprimée en connaissance de cause, tance le cardinal pour l’inciter, clairement et en toute fermeté l’approuvent ses courtisans, eux-mêmes débordant avec lui sur le droit sans tenir compte qu’ils ne sont pas la Justice, « à prendre ses responsabilités », ce qui est l’indice fort de sa méconnaissance de ce qu’il aurait dû d’abord chercher à connaître, les faits. Il n’a parlé que pour son clan, n’a pas respecté l’Église, les chrétiens, les prêtres, tous frappés dans leur cœur, leur âme, par le fait d’abominations commises par des hommes qui sont en outre des prêtres.

Les mauvaises prises de parti, les opinions hâtives qui deviennent sur le champ des jugements faisant quasiment loi, deviennent de jour en jour plus abusives, insupportables : verdicts populaciers, rumeurs infondées qui remontent comme des restes rancis de vieux péchés…

Le cardinal devrait donc, « subito presto », puisque même l’État s’en mêle si aveuglément, prendre sa part de « responsabilité » dans une affaire qui, pourtant, avait été traitée par son prédécesseur, le cardinal Decourtray ? Je ne prends que cet exemple qui nous assure qu’existe une sorte de précipitation aussi bien du côté des médias que du côté des pouvoirs pour juger les prêtres, tous désormais supposés, sans que cela soit dit, hypocritement donc, de verser dans ces horreurs, juger la hiérarchie catholique, supposée être complice d’autant plus que même certains évêques en son venus à l’aveu suppliciant.

Je n’ai pas constaté le même engouement justicier envers divers criminels ayant sévis dans les hautes instances de nos administrations et/ou de nos syndicats… De plus, je me pose des questions sur la clarté des accusations portées trente ans après les événements, qui peuvent aussi bien être exacts que de simples légendes chaque nuit devenues de plus en plus des certitudes ; à moins encore qu'il ne s'agisse que d'une effrayante vengeance… Voilà bien des sujets d'enquêtes et de vérifications : qui n'ont pas toujours été pleinement évaluées.

Le cardinal Barbarin a présenté avec clarté et pertinence l’ensemble des dispositions que doit désormais adopter l’Église, notamment en supprimant pour ces crimes ce que depuis toujours ou presque notre justice reconnaissait, la prescription. Après une durée pouvant varier selon la gravité des faits, un acte plus ou moins répréhensible ne pouvait plus être jugé : les législateurs avaient, dans leur sagesse, considéré qu’au bout de vingt ans, par exemple, un homme pouvait n’être plus celui qu’il avait été. Que sa réinsertion dans le droit chemin s’était opérée naturellement. Peut-être ou non ? L’examen des vies menées par de tels anciens criminels démontre que la grande majorité d’entre eux pouvait en effet être considérée comme tels. Etc..

Il est vrai pourtant que la prescription est souvent utilisée par les brigands pour, le temps ayant passé, échapper à la condamnation. De plus, un être humain a, me semble-t-il, le droit à être jugé, quelle que soit la date de ses actes passés : un jugement, qu’il soit de justice d’État ou d’Église, peut libérer l’être, ouvrir en lui un espace de lumière. Non un effacement de l’ancienne culpabilité mais une sorte de prise nouvelle de conscience, une libération de l’esprit et peut-être aussi la prise en compte d’une conduite qui aura pu être depuis irréprochable.

Nos médias ont en somme, tout comme le Premier ministre, sans avoir pris la mesure disqualifiante de leurs interventions, de leurs « jugements » à priori, de leur parti-pris si clairement hostile à celui qui appartient à l’Église catholique, commis des actes contraire à la Justice, « violée » par eux d’autant plus gravement qu’ils ont usé d’un pouvoir qui les rend particulièrement efficaces en leur absolutisme."

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