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Préparons les combats de l’automne prochain sur la loi bioéthique

Préparons les combats de l’automne prochain sur la loi bioéthique

Ça y est donc : la bataille pour la révision des lois de bioéthique a commencé. Le Premier ministre, talentueux humoriste involontaire, a affirmé son souhait d’un « débat apaisé ». Ce qui, en français plus habituel, signifie que l’opposition est invitée à « la fermer », puisque, du côté de la majorité, le débat sera tout sauf apaisé et les provocations succèdent aux provocations. Entre ceux qui font mine de se demander si la GPA n’aurait pas aussi sa place dans cette loi (c’est vrai, quoi, pourquoi perdre du temps pour ruiner définitivement tout ce qui reste d’humanité dans cette dissociété en voie de décomposition avancée ?), ceux qui proposent d’en profiter pour supprimer la clause de conscience pour les médecins qui refusent de pratiquer des avortements, ceux qui annoncent des amendements sur l’euthanasie, ou ceux qui, tout en se drapant dans les atours de la liberté d’expression, virent Agnès Thill de la secte LREM pour délit d’opinion, on n’a que l’embarras du choix. Oui, certes, Monsieur le Premier ministre, votre débat s’annonce particulièrement « apaisé » !

Rappelons, martelons quelques éléments basiques, pour que le débat soit le moins « apaisé » possible – c’est-à-dire que les défenseurs de la vie et de la famille naturelle soient le plus audibles possible.

Tout d’abord, il est faux que la prétendue « PMA pour toutes » figure parmi les promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Ce dernier a simplement répondu au lobby LGBT (car oui, n’en déplaise aux détracteurs d’Agnès Thill, ce lobby existe bel et bien : nous avons payé assez cher au Salon beige pour avoir le droit de le dire !) qu’il était « à titre personnel » favorable à cette mesure anti-sociale, s’il existait un consensus pour cela. Tout le monde sait qu’il n’existe aucun consensus pour cela. Même « Le Monde » ou « Libération », que personne, j’imagine, ne taxera de « conservatisme » primaire, l’avaient écrit noir sur blanc après les états généraux de la bioéthique.

Ce n’est donc pas en conformité avec la promesse du candidat Macron, mais en opposition à elle, que cette loi s’annonce. Et, si le sieur Macron prend le risque de remettre le feu aux poudres dans une société déjà passablement explosive, en contradiction évidente avec ce qu’il avait dit, c’est de toute évidence que le lobby exerce sur lui une pression intense. Ce qui, pour le garant de l’indépendance de la France, fait un tantinet désordre, mais nous n’en sommes pas à ça près !

Par ailleurs, rappelons aussi que la loi de bioéthique va être bien pire que la simple « PMA pour toutes ». Le traficotage sur les embryons va encore s’aggraver. Selon toute vraisemblance, le sympathique docteur Touraine va faire « progresser » par voie d’amendement la cause de l’euthanasie (pardon du « droit de mourir dans la dignité », expression orwellienne qui, en Belgique et ailleurs, désigne la pratique d’assassiner, de piquer comme des chiens enragés, des vieillards, des handicapés ou toutes sortes d’ « improductifs », éventuellement contre leur volonté et celle de leurs familles). Et j’entends d’ici Mme Buzyn opiner doctement du bonnet en s’en remettant, selon l’expression consacrée (et, elle aussi, orwellienne), « à la sagesse du parlement ». A la culture de mort en costard, si caractéristique du macronisme, on ajoutera ainsi une répugnante hypocrisie !

J’ajoute que je ne serais pas surpris si tel ou tel énergumène tentait de légaliser aussi les provocations dont je parlais plus haut (des mères porteuses à la suppression de la clause de conscience des médecins en matière d’avortement) par voie d’amendement.

La seule « PMA pour toutes » exigerait notre mobilisation sans faille. Mais les très sérieuses aggravations de la culture de mort, dont quelques-unes sont déjà certaines, et plusieurs sont plus que probables, exigent davantage encore. Au soir du Jugement, aucun d’entre nous ne voudra paraître devant le Souverain Juge et s’entendre demander pourquoi il n’a rien fait pour les plus petits.

J’entends bien quelques hésitations ici ou là, parmi nos amis. Des « à quoi bon ? ». Des « c’est déjà perdu ». Au plan législatif, c’est clair. C’est « perdu ». Mais, dans le plan de Dieu, comme disait Charrette, « rien ne se perd jamais » : de la défaite des armées vendéennes et du martyre de nos pères dans la foi est née une admirable Eglise missionnaire au XXe siècle et une moisson de saints français partout sur la planète. Faire notre devoir n’est jamais une perte de temps !

Par ailleurs, le plan législatif n’est pas le tout de notre existence. Et d’abord, même au plan législatif, si nous ne nous bougeons pas sérieusement, nous sommes assurés d’avoir l’euthanasie en prime. Mais, surtout, au plan plus simplement politique, il est des victoires législatives qui sont des défaites culturelles, qui annoncent des défaites électorales et législatives.

Bien sûr que notre premier objectif est d’empêcher le vote de la prétendue « PMA pour toutes ». Mais notre véritable objectif, ultérieur si l’on veut, mais plus décisif pour l’avenir, c’est surtout de réussir des convergences de luttes capables d’abattre ce monstre inhumain qu’est le pseudo « progressisme ».

On me dit aussi d’être « réaliste » et de regarder les scores électoraux à Versailles pour me convaincre que la « France catholique conservatrice » ne pèse plus rien. Mais c’est un calcul absurde. Certes, il est possible que certains de nos compagnons de combat de 2013 soient passés au macronisme – croyant peut-être sauver ainsi leurs intérêts économiques alors qu’il est clair que l’actuelle oligarchie, dont Emmanuel Macron est le fondé de pouvoir, est une kleptocratie qui ne s’arrêtera pas à la ruine des classes moyennes, mais ruinera inéluctablement les classes supérieures.

Mais ce n’est pas parce que certains militants LMPT ont voté Macron qu’ils ne s’engageront pas contre cette nouvelle attaque contre la vie et la famille. D’ailleurs, toutes les injonctions, que dis-je toutes les sommations en faveur d’un débat « apaisé », montrent assez la terreur du gouvernement devant notre mobilisation. D’autant que les attaques maçonnico-gouvernementales contre la restauration de Notre-Dame de Paris ont exaspéré bien des catholiques pourtant macron-compatibles. Personnellement, ce qui me revient aux oreilles, ce n’est pas du tout que notre mobilisation serait vouée à l’échec, mais au contraire que nos amis sont dans les starting-blocks et attendent avec impatience de se remobiliser pour le bien commun.

Et, surtout, qui ne voit que de nouvelles troupes sont prêtes à nous rejoindre ? Il n’est pas bien difficile de comprendre comment les gilets jaunes et la manif pour tous pourraient se rejoindre. Il est évident, en particulier, que, d’un point de vue financier, il y a un parallèle choquant entre les sommes colossales que va coûter le remboursement de la PMA sans père et le déremboursement de soins ou de médicaments de première nécessité. Autrement dit, c’est la France périphérique qui va payer pour les délires des bobos ! D’autres convergences se devinent tout aussi aisément entre les partisans du respect de la Création – et les paysans qui fournissaient une bonne partie des bataillons des GJ au début du mouvement en sont au premier chef, bien que l’on impose la vision contraire dans les médias dominants – et contre l’écologisme hors-sol, aux lubies coûteuses, absurdes et souvent même contradictoires (comment, en particulier, être à la fois écologiste et partisan de l’immigration de masse ou à la fois écologiste et favorable au tripatouillage de l’embryon humain ?).

Et il ne s’agit pas seulement de rapprochements conjoncturels. C’est un mouvement très profond qui touche à l’âme de la France. A l’encontre de beaucoup d’autres nations, la France a été bâtie par le roi et l’Eglise et le roi s’est appuyé sur le peuple et les élites enracinées (la petite noblesse) pour maîtriser les oligarques (les grands du royaume). Fondamentalement, la Révolution, c’est le triomphe des oligarques sur l’Eglise et l’ordre social chrétien. Emmanuel Macron, en assumant publiquement d’être le fondé de pouvoir de l’oligarchie, boucle la boucle. D’un côté, il aggrave encore la Révolution et la destruction de l’ordre naturel et chrétien. Mais, de l’autre, il permet enfin des rapprochements que les dirigeants révolutionnaires avaient rendu impensables pendant près de deux siècles.

Macron, en mettant dans la rue à la fois les GJ et LMPT, prépare des convergences décisives pour l’avenir.

A nous de savoir saisir notre chance.

Et, pour cela, je suggère deux choses. Tout d’abord, il serait hautement souhaitable que la (les ?) grande manifestation que les défenseurs de la famille naturelle organiseront multiplie les clins d’œil aux GJ : nous pourrions y venir en arborant, nous aussi, des gilets jaunes. Nous pourrions manifester le samedi, plutôt que le dimanche. D’autres, plus savants que moi en ces matières, pourront trouver encore bien d’autres idées. Il est impératif, en tout cas, que notre combat soit un combat global, un combat pour le respect de la dignité humaine, aussi bien dans l’ordre bioéthique que dans l’ordre du droit du travail. Emmanuel Macron et les siens ont un plan global de destruction de la société et de marchandisation de l’être humain ; nous devons avoir un plan global de restauration de la société chrétienne et de respect de la personne humaine. Ce plan, nous n’avons pas à l’inventer : c’est la morale sociale et politique de l’Eglise – qui se heurte, en particulier, frontalement au démocratisme qui nous est imposé de force depuis 1789.

Cela implique qu’au moins certains d’entre nous – et vous pouvez compter pour cela sur votre blogue préféré ! – aillent jusqu’au bout de la logique : notre combat inclut nécessairement la Royauté sociale du Christ. Pour que l’ouvrier, le paysan, l’embryon, l’enfant, et tous les hommes soient respectés, il faut que le Christ règne sur la France, dans nos mœurs, dans nos lois, comme dans nos cœurs et dans nos familles. Je rappelle au passage que l’adoration du Dieu unique fait partie de la loi naturelle, avant même d’appartenir au donné révélé. Notre combat contre le pseudo progressisme déshumanisant est, du même mouvement, aussi un combat contre le laïcisme. Mais fermons là cette parenthèse.

La deuxième chose qui me semble décisive – peut-être déjà pour emporter cette bataille, mais certainement pour préparer les suivantes –, c’est de ne pas penser notre action politique seulement, ni même d’abord, au plan national. J’évoquais à l’instant la doctrine sociale de l’Eglise. L’un de ses principes phares est ce que l’on appelle le principe de subsidiarité : prendre les décisions au plus près de ceux qu’elles concernent. Ce qui exige que notre action soit beaucoup plus locale que nationale. Que nos grandes manifestations nationales ne soient que la floraison d’un travail de fourmi au plan local.

Sur ce point, vous aurez sans doute remarqué comme moi, chers lecteurs, que le gouvernement nous offre un merveilleux cadeau avec le calendrier annoncé de sa discussion bioéthique. Nous devrions en « débattre » à l’automne… et, juste après, nous aurons les municipales au printemps – suivies, l’année suivante, d’autres élections locales.

Tous les braves élus de centre-droit qui quémandent l’étiquette LREM pour espérer être réélus doivent savoir, dès maintenant, que nous ferons tout pour les faire battre, puisqu’ils seront, au moins indirectement, responsables du vote de cette loi inique – quand bien même ils ne siégeraient pas au parlement : leur ralliement à la secte LREM les rend complices et nous devrons les traiter comme tels.

En attendant, il faut remettre en place le système qui nous avait permis en 2013 et 2014 de pourrir la vie des ministres de François Hollande en les « accueillant » partout où ils venaient. Il faut multiplier les micro-actions locales – idéalement en lien avec d’autres, comme les gilets jaunes. Il faut faire pression sur les élus locaux pour qu’eux-mêmes fassent remonter aux parlementaires l’exaspération du « pays réel ». J’ai travaillé assez longtemps au parlement pour garantir l’efficacité de cette pression !

J’ajoute que tous les échos que nous avons du groupe LREM de l’Assemblée montrent que bien des députés se posent des questions sur le fanatisme du lobby et se demandent s’il est bien prudent de réveiller le mouvement social le plus puissant de l’après-guerre. Plus nous serons forts, plus la majorité sera divisée.

Je reviendrai dans les prochaines semaines sur cette stratégie d’action locale. Mais je vous propose d’ores et déjà, chers amis, de préparer le basculement du Salon beige en mode « campagne locale » à l’automne prochain, en remplissant le formulaire ci-dessous. L’idée, c’est de permettre à chaque militant de publier – et surtout d’envoyer rapidement aux sympathisants autour de lui – des appels à action (et aussi des photos des actions qui, comme en 2013-2014, pourraient donner des idées à d’autres et susciter une saine émulation). Ces actions peuvent être aussi bien des “accueils” de personnalités politiques, que des protestations auprès de la presse locale ou l’organisation de conférences sur la bioéthique – ou n’importe quoi d’autre, l’essentiel est de labourer le terrain local et de montrer qu’aussi dérisoire que soit notre poids électoral dans les élections nationales, nous avons beaucoup plus de militants que n’importe quel parti.

ON NE LACHE RIEN, JAMAIS!

Guillaume de Thieulloy

Directeur du Salon beige

Organisons-nous localement pour les combats bioéthiques

Le Salon Beige est visité chaque jour par plusieurs dizaines de milliers personnes qui veulent participer au combat contre la culture de mort et pour la dignité de l’homme.

Je ne souhaite pas que le Salon Beige devienne une galerie commerciale avec des publicités voyantes, mais au contraire qu’il reste un outil de combat culturel.

Le Salon Beige est un lieu où chacun trouve les informations et les argumentaires dont il a besoin pour sa réflexion personnelle. C’est un lieu gratuit et une bibliothèque de référence vivante.

Si chaque personne lisant ce message donnait, notre levée de fonds serait achevée en une heure.

Aujourd’hui, je vous remercie de faire un don de 5€, 20€, 50€ ou de tout autre montant à votre portée, afin que le Salon Beige puisse poursuivre son combat.

Merci,

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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